Evénements du campus de Lubumbashi: un autre regard 1836

(Forum des As – Kin)Il y a dix sept ans, jour pour jour où le campus de l’université de Lubumbashi avait basculé dans l’horreur. Le 12 mai 1990 était un samedi, exactement comme c’est le cas pour cette année. Ce jour là, quelque chose s’était bien déroulée sur le campus de Lubumbashi. Certains avaient parlé de «massacre». pour d’autres c’était une «rixe» entre étudiants. Dix sept ans après, il faut jeter sur ces événements un regard dénué de passions et se livrer à un exercice de vérité. Il faut absolument revisiter cette «sale histoire» et dépoussiérer ce dossier douloureux qui avait marqué un faux départ du processus démocratique. Le pays en était sorti désarticulé, tuméfié et pétrifié.

Après le 24 avril
A peine Mobutu venait-il de parler le mardi 24 avril 1990 à la cité de N’sele , que le processus dégageait déjà la fumée noire du chaos. Les douleurs d’enfantement de la transition ainsi enclenchée vont se manifester dans un environnement socio-politique délétère,, kafkaëin. L’effervescence du «printemps démocratique zaïrois» noyée par une hystérie collective délirante découlant des événements du campus de Lubumbashi va faire des vagues et hypothéquer durablement toute la suite de la démocratisation. Le pays sera mis sous embargo, la coopération structurelle mise au frigo par l’Occident. Le Congo-Zaïre sera privé de présence dans tout le circuit monétaire international.

Les faits
Dès janvier 1990, Mobutu initie les consultations populaires. Les étudiants de l‘université de Lubumbashi (UNILU), à l’instar d’autres couches de la population, préparent aussi un mémorandum assez critique pour le régime. Mais ils apprennent que les autorités académiques ont préparé un autre texte très condescendant. Finalement, c’est le document percutant, conçu par les étudiants qui sera lu par le dirigeant de la JMPR estudiantine : l’étudiant Mupapa. Les autorités régionales (provinciales) et les étudiants d’origine Ngandi (ethnie de Mobutu) ne sont pas contents.
A la veille du 24 avril 1990, Mupapa est écarté de la délégation devant se rendre à Kinshasa pour assister au grand événement : les étudiants en sont énervés. Alors, les mutuelles régionales des étudiants se réunissent à la paroisse universitaire, chez l’étudiant frère joséphite Digekisa Piluka qui était président de la mutuelle des étudiants du Bandundu. Il en sortira la décision de créer le Syndicat national de solidarité (SNS) ayant la prétention de se substituer à la défunte JMPR estudiantine. Les mutuelles des étudiants de toutes les provinces du Zaïre, même celle des étudiants de l’Equateur y participent. Sauf les étudiants Ngbandi.
Le discours du 24 avril 1990 va susciter une immense joie auprès des étudiants de l’UNILU, qui effectueront une grande marche à travers la ville de Lubumbashi, séparée du campus par près de 5 km. Mais le discours de Mobutu au Parlement le 3 mai 1990, où il restreignait le contenu de la démocratisation va jeter une douche froide sur cette communauté estudiantine et même sur le pays entier. A l’autre bout du pays, les étudiants de l’université de Kinshasa (UNIKIN) vont molester sur le site même du campus, trois parlementaires fautifs d’avoir applaudi frénétiquement à l’hémicycle le discours vomi du 3 mai. Ce groupe d’étudiants est arrêté, exclu de l’UNIKIN et traduit en justice.
Alors, les étudiants de l’UNIKIN se révoltent le 9 mai, ils écrivent à leurs collègues de Lubumbashi, les «Kassapards» pour solliciter leur soutien dans ce bras de fer avec le pouvoir. Ce mercredi 9 mai, les étudiants de Lubumbashi décident de donner une suite favorable aux «camarades D» de l’UNIKIN: ils vont projeter une marche sur Lubumbashi, exigent la libération immédiate des étudiants arrêtés à Kinshasa, la démission du gouvernement Lunda Bululu et la dissolution du Parlement.
Pendant qu’ils sont réunis sur le campus à la «Place Perestroïka» pour mettre au point les modalités de cette marche de solidarité avec les étudiants de l’UNIKIN va surgir une voiture Peugeot 504 de la société BIA, conduite par Ya Franck qui transporte sa copine Rose Baramoto. C’est la fille du général Baramoto, le tout-puissant patron de la redoutable «Garde civile». La Peugeot viole le code routier imposé par les étudiants. Interpellée par les étudiants, leur collègue Rose Baramoto déverse sur eux des injures et insanités. Quand elle les qualifie des «fils des pauvres», elle est alors immédiatement arrêtée, molestée rageusement, soumise à des traitements inhumains et dégradants par cette foute en furie. Son copain Ya Franck s’échappe. Il va alerter le camp de la Garde civile, qui borde le campus. Un peloton des «gardes civiles» escorte l’amant de Rose Baramoto et tire des balles en l’air à la place Perestroïka pour se frayer un chemin. Vers la paroisse universitaire, ils prennent en otage trois étudiants pour les échanger avec Rose Baramoto qui, dans l’entre-temps était déjà libérée par les étudiants. Cette prise d’otage fait monter la tension. Les étudiants vont se retrouver à la place Perestroïka autour du feu, car il fait déjà nuit. Une seule question est au coeur des cogitations: comment faire pour libérer les trois étudiants pris en otage?
C’est dans cette foule agitée que Mange étudiant en Polytechnique disparaît pendant un long temps. A son retour, il tranquillise tout le monde: «les otages seront libérés demain». Son absence prolongée et l’assurance qu’il met dans son propos, vont susciter la curiosité des autres étudiants. Molesté, Mange avoue qu’il était parti communiquer avec les services de sécurité par talkie-walkie dans la chambre de Yokoto étudiant de première licence en Sciences politiques et administratives. Torturé davantage, Mange cite Nzongbia, étudiant en 3ème graduat médecine. Ce dernier passera aux aveux en citant d’autres mouchards parmi les professeurs et chefs de travaux: Mombo, Essiso, Mondunga et Olofio. Nzongbia avoue avoir en plus égorgé en personne l’étudiant Asha trois mois auparavant, sur ordre des services spéciaux et que leur bande des mouchards avait éliminé au cours de trois dernières années 23 étudiants. La fouille de sa chambre dévoile des jumelles, une baïonnette, des cordelettes commandos avec mousquetons.
Décision est prise de les brûler vifs à l’aube du jeudi 10 mai 1990. Mange, Yokoto et Nzongbia sont battus à mort et jetés dans un trou de 5 mètres de profondeur. Le feu y est mis, mais ne prend pas pour cause de rosée matinale. Ils seront libérés vers 8 h par la Garde civile. Les étudiants originaires de l’Equateur sont alors pris pour cibles, pourchassés, tabassés. Leurs chambres sont pillées : syllabus brûlés. Ce jeudi matin, le gouverneur du Shaba (Katanga) Koyagialo, frère de tribu de Mobutu, exprimé le désir de venir parler aux étudiants sur le campus. Ces derniers vont exiger qu’il s’amène sans gardes du corps, sans abacost et sans insigne du MPR. Le rendez-vous est pris pour le samedi 12 mai. Dans l’entre-temps, le campus est bloqué par la gendarmerie du camp Mutombo en bordure du campus. Les affrontements entre étudiants et militaires vont durer trois heures, jusqu’à 14 heures sans faire des victimes.

Le drame
Le vendredi 11 mai 1990, plusieurs étudiants Ngbandi (ethnie de Mobutu et de Koyagiolo) se réunissent au guest-house, sous la direction du Pr Olofio. Vu le drame enduré par les trois étudiants mouchards et la destruction de tous leurs biens, ils se décident d’agir. Ils vont passer à l’attaque. Vers 19 heures le courant est coupé sur le campus. Koyagialo avouera plustard lors de son procès que c’était sur son ordre, afin de pousser les étudiants à fléchir pour négocier. Et que plus d’une fois dans le passé, cette astuce avait marché lors d’autres tensions sur le campus.
Avec cette obscurité, la panique s’installe: les étudiants se décident de rester ensemble car la rumeur se répand que les étudiants Ngbandi, réputés pour leur atrocité vont frapper. Les étudiants se regroupent au croisement des «boulevards» Nelson Mandela et Che Guevara sur le campus. D’autres vont s’abriter vers le bloc «taille basse» où il y avait encore de la lumière. D’autres encore se dirigent vers les grands blocs.
La plupart d’étudiants Ngbandi ayant fui l’atmosphère très hostile sur le campus, se sont réfugiés à la cité auprès des parents dont la majorité sont des autorités de la province. Lors de leur réunion du guest-house, ils établissent la liste de tous les étudiants meneurs des tensions. Les étudiants les plus visés sont originaires du Kivu, du Bandundu, de deux Kasaï et du Shaba : à côté de chaque nom figure le numéro de chambre des cibles à abattre absolument. La réunion avait décidé que ceux qui allaient agir devaient être masqués pour ne pas se faire reconnaître. En outre le mot de passe retenu est «lititi» tout celui qui répondrait «mboka» prouverait qu’il est de l’Equateur et serait épargné.
Vers 22 heures, le groupe d’action Ngbandi progresse par le bâtiment des Sciences et la brousse pour déboucher à la faculté des Lettres. Ils prennent la route vers «Six maisons» passent par le «lac bourgeois», ils arrivent au Bloc K, où d’autres étudiants de l’Equateur les attendent. L’objectif est de tuer tous les dirigeants de l’ex-JMPR (tel Mupapa) et tous les meneurs. Digekisa, Mwela… Ils sont munis de plusieurs variétés d’armes blanches.
Ce commando de la mort va agir de 23h à 4h du matin, ce samedi 12 mai 1990. C’est l’horreur à l’état pure, une véritable chape de plomb démentielle. Ils frappent, blessent tous ceux qui tombent sous leurs mains. Les meneurs et dirigeants ayant fui le campus, c’est leurs chambres qui sont littéralement pillées, brûlées. Pendant ce temps d’enfer aucune intervention ne vient, ni des gendarmes, ni des gardes civiles qui pourtant bouclent le campus depuis deux jours.

Colette Brackman amplifie
L’affaire dite «massacre de Lubumbashi» va naître dans la presse internationale le 22 mai 1990. Sous la signature de Collette Braeckman, le journal belge Le soir de ce jour-là révèle que «plusieurs dizaines d’étudiants auraient été égorgés, tués à l’arme blanche par les troupes d’élite du régime zaïrois…Certains étudiants affirment que le Président Mobutu a assisté personnellement à l’opération depuis un hélicoptère descendu près du campus. Mais nulle confirmation n’a pu être donnée à ces témoignages…».
Toute la presse internationale se saisit du dossier «massacre des étudiants de Lubumbashi», l’exacerbe et lui donne une dimension hystérique. Presque délirante. Dans l’édition du 15 juin 1990 du soir, Collette Braeckman enfonce le clou : «à propos du sort réservé aux corps des victimes, les rumeurs continuent à se croiser, sinon à se contredire. Les unes évoquent le fait que les cadavres auraient été jetés dans des puits des mines désaffectées. D’autres disent qu’ils ont été acheminés dans la nuit même à la Gécamines et introduits dans le haut fourneau de traitement du cuivre, les chauffeurs ayant effectué ce macabre transport étant, depuis lors introuvables… Des gens prétendent que certains corps ont été jetés depuis un avion en vol, et certains affirment que des corps auraient été découverts dans le parc de l’Upemba au Shaba». Malgré l’utilisation du conditionnel dans cet article, les faits ici présentés passeront dans l’opinion publique pour des faits avérés et vrais.

Duel Mobutu – Belgique
L’extraordinaire dramatisation internationale de ce dossier, ayant abouti à l’impitoyable diabolisation de Mobutu et à sa marginalisation, s’inscrivait dans la droite ligne de la gestion du bras de fer récurrent entre Mobutu et la Belgique.
¨Pour mieux comprendre l’épisode de ce bras de fer de 1990, il faut remonter à novembre 1988. Wilfried Martens, Premier ministre belge fait alors une visite officielle très réussie au Zaïre. Sans une concertation préalable avec sa coalition gouvernementale, il offre d’effacer toute la dette zaïroise. Cérise sur le gâteau, il se laissera emporter par une effusion poignante d’administration: «j’aime le Zaïre, j’aime son peuple, j’aime ses dirigeants : la Belgique est scandalisée. L’on fustige le règne dictatorial de Mobutu qui n’est pas digne de cette consécration. Piqué au vif, réagit vigoureusement. Il décrète une série des sanctions économiques très dures contre la Belgique: dénonciation des relations privilégiées entre les deux pays, reconduction du fameux contentieux belgo-zaïrois, transfert dans une ville européenne autre que belge des bureaux des entreprises publiques zaïroises, réduction du nombre des vols de la SABENA vers Kinshasa, rapatriement de l’argent zaïrois logé dans les banques belges, menace de rupture du contrat de raffinage du cuivre zaïrois à Hoboken, départ de la Belgique des étudiants zaïrois.
Mobutu est vraiment très fâché, il envoie en décembre 1988 en Belgique Me Nimy, Kamanda et le Pr Mpinga Kassenda dans une mission de clarification à la télévision publique belge. Peu après, le comité central du MPR invite les médias zaïrois à ne pas rater une occasion pour éclabousser les membres de la famille royale belge, comme le fait aussi la presse belge à l’égard du Chef de l’Etat zaïrois : la Belgique est alors atteinte là où ça fait très mal. Mobutu est allé très loin.
Martens cherchera à parler avec Mobutu pour négocier en 1989: à Paris lors du bicentenaire de la Révolution française à Dakar lors du sommet de la francophonie à Cannes. Mobutu évite tout contact. Alors, de guerre lasse, la Belgique sollicite la médiation du roi Hassan II du Maroc, grand ami de Mobutu. Il en sortira les «Accords de Rabat» du 26 juillet 1989 : la Belgique efface toute la dette du Zaïre, près de 5 milliards des Fb.
Les 2/3 restant sont échelonnés sur 25 ans, avec une période de grâce de 14 ans. Pour signer cet accord, deux ministres belges viennent au Zaïre, accompagnés d’une meute des journalistes belges. Il s’agit de Mark Eyskens des Affaires étrangères et d’André Geens. Au lieu de les recevoir à Kinshasa, Mobutu les attend à Mbuji-Mayi, fief de l’opposition clandestine de l’UDPS, qui a pignon sur rue en Belgique.
Durant toute cette crise, la Belgique se sent humiliée. Mobutu devra le payer cher un jour. Ainsi, les événements de l’UNILU après la chute du mur de Berlin va leur offrir l’occasion rêvée. Le gouvernement Martens décide le 25 mai de suspendre immédiatement la préparation de la commission mixte belgo-zaïroise, de geler l’octroi du prêt d’Etat à Etat pour 1989, de ne prendre aucun engagement pour 1990, d’exiger une commission internationale d’enquête. Le FMI suspend un crédit de 54 millions de dollars.
Le vieux Léopard qui clames son innocence dans ce dossier menace : «je sais qu’on cherche ma tête dans ce dossier, mais je vais la rendre très cher».

Nguz s’implique
A la formation du gouvernement Lunda Bululu après le 24 avril 1990, Mobutu fait une promesse ferme à Nguz a Karl I Bond, d’être reconduit à son poste de prédilection: les Affaires étrangères. Malheureusement, Mobutu ne tient pas parole. Il y nomme Mushobekwa. Nguz est très déçu. Il va le faire payer cher à Mobutu. Il crée son propre parti le PRI, qui rapidement va fusionner avec le parti de Kyungu pour former l’UFERI. Il annonce sa candidature à la présidence de la République, pour y affronter Mobutu. Il se jette à corps perdu dans la dramatisation du dossier de Lubumbashi. Il informe «son ami» Mark Eyskens, sur le chiffre de plus de 100 morts. Il multiplie les interviews dans la presse belge. Au drapeau rouge de Bruxelles, il a affirmé «ce qui s’est passé du 11 au 12 mai, il s’agit bien d’un massacre». A la Gazet Van Antwerpen il dit : «je sais que ce massacre a eu lieu, j’en ai d’ailleurs les preuves …».
En visite aux Etats-Unis, il annonce connaître là où se trouve «le charnier» où ont été jetés les corps des étudiants massacrés. Mais, devenu Premier ministre en décembre 1991 après les Accords du Palais de marbre, Nguz va se dédire complètement sur le charnier. Il va nier et rejeter tous ses propos antérieurs : «ce que j’avais dit à l’époque, c’était en tant qu’homme politique. Aujourd’hui, je suis un homme d’Etat».

Questions troublantes
En cette nuit là y avait-il eu intervention de la DSP sur le campus de l’UNILU? Y-a-t-il eu massacre d’étudiants? Pour le gouvernement, il n’y a pas eu une intervention des forces spéciales, mais une bagarre à caractère ethnique entre étudiants avec pour bilan 14 blessés et un mort : l’étudiant Ilombe Ilombe de 1er graduat en langues et littérature africaines. Il était originaire d’Ilebo au Kasaï Occidental.
La commission des assassinats de la Conférence nationale avait publié en 1992, une liste de 36 étudiants «morts». Mais, tous étaient vivants et avaient repris les études sur le même campus après les événements. Le président de cette commission, Kasusula Djuma déclare le 26 août 1993 sur Télé-Zaïre , que rien n’était venu prouver qu’il y avait eu plus d’un mort, malgré plusieurs appels qu’ils avaient lancé à la population.
Le successeur de Koyagialo, Konde Vila Kikanda lancera une invitation à tous les parents éplorés des suites de ces événements : personne ne se présentera.
La même invitation sera aussi lancée par la commission d’enquête du Parlement. Un parent se présentera : le père de l’étudiant Mudisi Munasi de 1er doctorat médecine humaine, décédé le 24 mai 1990 aux cliniques Ngaliema de Kinshasa. Après une enquête auprès du Dr Katalayi de Ngaliema et du Dr Mbuyambo de Lubumbashi, il sera établie que le décès était dû à des insuffisances rénales. Il ne présentait aucun traumatisme : donc n’était pas une victime des «lititiseurs».
A Mbuji-Mayi, qui comptait énormément d’étudiants à l’UNILU, sur instruction de Mgr Joseph Nkongolo, toutes les paroisses catholiques invitent les parents qui seraient éprouvés des suites de ces événements à se présenter, même en catimini: personne.
Pour expliquer ce silence curieux des parents, le frère Digekisa expliquera au journal «Temps nouveaux» du 11 juillet 1991: «le pouvoir de Mobutu a corrompu les parents pour qu’ils ne déclarent pas de perte dans leurs familles».
Question : y-a-t-il eu massacre sur le campus de Lubumbashi dans la nuit du 11 au 12 mai 1990? Rien n’est venu le prouver dix sept ans après.

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