Charles Mombaya est décédé ce 20 mai 2007 à 2:00 du mati en Afrique du Sud. Tous les chrétiens du Congo pleure un grand monsieur qui a dédié sa vie à la musique inspirée, veritablement chretienne. Mombaya fut le plus jeune chanteur du célèbre groupe vocal, chorale de gospel de la communauté baptiste du fleuve zaïre (CBFZ). Sa voix puissante et parfaite le rendra célèbre très vite dans toutes les paroisses où cette chorale se produira. A l’époque le star système ne s’était pas encore emparé des artistes chrétiens. Nous reproduisons ci-dessous l’interview de l’artistes au journal Visa. Paix à son âme…
Nososons espérer qu’une cérémonie sera organisé en sa mémoire ici en Belgique.
Visa : Bonjour, frère Mombaya. Peut-on connaître le vrai message que vous avez voulu transmettre dans la chanson « Allô téléphone »?
Charles Mombaya : Bonjour, Monsieur le journaliste. La chanson « Allo, téléphone » est une interpellation, un rappel à l’ordre contre le mauvais usage de l’appareil de communication. Il est vrai qu’à nos jours, la technologie a évolué et a mis à notre disposition des outils qui nous facilitent la vie. Mais, lorsque ces outils ne sont pas utilisés à bon escient, ils vont plutôt nous créer des problèmes dans la vie.
Il faut reconnaître que le téléphone contribue aussi à beaucoup d’anti-valeurs. C’est cela vous avez opté pour le folklore Ouest-africain, au lieu de mettre en valeur notre propre folklore en puisant par exemple chez les Mongo, Luba…
CM. : Vous savez, la musique est un langage universel. J’ai puise dans le patrimoine africain.
Visa : Certains estiment qu’ « Allô, Téléphone » n’est pas une oeuvre chrétienne.
C.M :: Le peu de gens qui ne se retrouvent pas dans cette chanson n’ont pas tort de n’y rien voir de biblique. Si en son temps, l’apôtre Paul n’avait pas parlé de téléphone, rassurezvous, c’est parce que ça n’existait pas à cette époque. Lorsque nous dénonçons le mensonge, la Bible le dénonce aussi. Les gens doivent vraiment suivre cette chanson pour qu’ils arrivent à comprendre qu’elle est chrétienne.
Visa : Qui vous a accompagné dans cet album?
C.M. : Moi, je travaille en professionnel, je n’ai pas d’orchestre. Quand j’ai un travail, je sélectionne les meilleurs, on s’entend et on passe à l’action. A la fin, on se sépare. J’embauche quand il y a un travail, après on se sépare. Je n’aime pas exploiter les gens.
Visa : Votre album compte combien de titres?
C.M. : L’album « Allô, téléphone » a, au total 8 titres. Ils ne sont pas tous chantés au même rythme. Vous y trouverez du folk, du populaire, du Funk, de l’adoration…
Visa : On a l’impression que vous ne produisez pas sur scène.
Cm : Je me produis sur scène, sauf que je ne le fais pas de manière désordonnée. Ce que je vise dans mes productions scéniques, ce n’est pas l’argent. Je prends toujours du temps pour préparer mes productions.
D’ailleurs, je projette une méga-production au mois de février prochain, dans le cadre de la promotion de mon album. Donc, je me produis quand c’est nécessaire.
Visa : Dans « Allo, téléphone », vous avez travaillé avec quel producteur et quel distributeur?
C.M.: L’album « Allo Téléphone » est une auto-production, c’est-à-dire que je l’ai produit moi-même. Mais quant à la distribution, c’est la Maison Baby Kwayo Production qui s’en occupe pour l’Europe. Sur place au pays, j’ai confié cette tâche aux Maisons Gospel Records, Kin Service Express et Edicom.
Visa : Vous l’avez sorti quand?
C.M. : L’album est sur le marché depuis pratiquement 3 semaines.
Visa : Vous avez 30 ans de carrière musicale. Pouvez-vous nous parler des vos débuts et de vos premières oeuvres ?
C.M. : J’ai commencé à chanter en 1974. Je venais de Jésus-Christ comme mon Seigneur et Sauveur. Directement, il a placé en mois un don. C’est alors que j’ai créé une chorale à l’Ecole du dimanche, là où je priais.
Au passage de Phil Pot et George Foreman à Kinshasa,
en 1978, j’ai été convie à diriger une chorale de 1.000 voix, donc de mille personnes.
Une année plus tard, j’ai dirigé une chorale de 5.000 personnes. En 1982, j’ai reçu une bourse pour faire la musique à l’Institut national des Arts. J’ai terminé en 1986. L’Eglise du Christ au Congo m’a embauché comme chargé de musique et réalisateur des émissions radiotélévisées. En 1993, j’ai obtenu une autre bourse pour parachever la formation de musique à Paris. Là, j’ai fait la musicologie pendant 10 ans.
Visa : Quelles sont vos relations avec d’autres musiciens chrétiens?
CM. : Mes relations avec d’autres musiciens sont très bonnes. D’ailleurs, cela ne pouvait pas être autrement d’autant plus que je suis le président de l’Association des musiciens chrétiens du Congo.
Visa: Parlez-nous un peu de votre Maison Assifiwe
C.M. : Assifiwe est une oeuvre qui nous a été inspirée par le Seigneur en 1999 pour aider à la promotion de la musique chrétienne. Il faut reconnaître que depuis cette création, la musique chrétienne a beaucoup progressé. D’ailleurs, la plupart de grandes chansons ont été enregistrées au studio « Assifiwe ».
Visa: L’actualité musicale gravite autour de l’affaire Papa Wemba. Avez-vous un commentaire là dessus?
CM. : C’est plutôt un conseil que je veux donner à tous les musiciens. La musique en général, vers les années 70, était un domaine réservé aux ratés, aux bandits et aux délinquants.
Aujourd’hui, les choses ont changé, les musiciens sont respectés. Que les musiciens ne donnent pas l’impression d’être des voyous. Je demande aux musiciens chrétiens d’attendre toujours le temps de Dieu. On ne veut coûte que coûte avoir beaucoup d’argent, on risque de tomber dans des mauvaises situations.
Nous musiciens, nous devons faire la musique et non le trafic. Quant à Papa Wemba, ma prière est que Dieu l’aide à s’en sortir. Comme il a déclaré lui-même qu’il est déjà en Christ, que Dieu l’aide également pour qu’il change réellement. Papa Wemba est un patrimoine national. J’ai eu à le réaliser au Japon et en Europe. Nous devons prier pour lui.
Visa : Votre dernier mot pour clore cet entretien
C.M. : Je demande aux lecteurs du journal Visa de nous soutenir, de prier pour nous et d’acheter l’album « Allô, Téléphone ». Dans cette oeuvre, il n’y a pas que la chanson « Allo, Téléphone », il y a aussi d’autres merveilles.
La musique n’est pas seulement pour divertir, mais aussi pour conduire à l’adoration. Je remercie toute l’équipe rédactionnelle du journal Visa ainsi que l’honorable Pdg Michel-Ladi Luya. Que Dieu bénisse tout le monde.
Tiré du Journal VISA Kinshasa , 30.10.2004 | Music
