Ce samedi 12 mai 2007, l’artiste congolais Werrason prévoit de donner un grand concert à Bruxelles. La publicité autour de l’événement est assez forte, et peu de congolais de Bruxelles peuvent affirmer ne pas être au courant.
En effet, depuis quelques mois, l’artiste congolais Werrason tente de revenir sur scène avec toute l’aura qu’il avait à l’époque, cela est laborieux. La raison ? L »implication de certains musiciens dans la campagne électorale congolaise. Et pour cela, le public boude .
Ils ont du talent, nos musiciens, ils ont fait rayonner notre culture dans le monde entier, et souvent sans l’aide de l’Etat. La plupart se sont fait de noms.
Maintenant qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas d’autre métier que la musique, ne doivent-ils pas avoir le courage de reconnaître publiquement qu’ils avaient commis une grave faute en se laissant embarquer en politique alors que leur rôle est de rester au milieu du village ?
Ceux qui ont profité de la naïveté des musiciens pour se maintenir au pouvoir, ne doivent-ils pas à leur tour s’excuser auprès des musiciens pour les avoir détournés de leur mission ?
Pour nous qui avions combattu ce processus électoral biaisé, y a-t-il des actions à entreprendre pour, en un premier temps, permettre aux musiciens de se libérer, et en un deuxième moment, de les pousser à jouer rien que leur rôle dans la société ? Pourquoi pas, les amener dans le camp du changement ? Finalement, c’est cela le rôle de l’artiste dans la société artisan du changement : interpeller, dénoncer, guider, prévenir.
Pour que cela change ; ne revient-il pas aux musiciens eux-mêmes non seulement de faire le premier pas vers le public, mais surtout de proposer une piste de sortie ? Autrement dit : comment réparer ? Ensuite, quelle assurance donner pour un comportement plus responsable dans le futur?
Werrason a-t-il un message dans ce sens ? Il s’est excusé sur certains médias bruxellois. Cela a-t-il convaincu les franges les plus radicales de la communauté congolaise de Belgique ? Sinon, doit-il se décourager ?
Dans nos traditions, quand l’enfant brulait la case de son père, le père brulait-il l’enfant ?
Avec le temps, les musiciens congolais se sont rendus compte qu’ils n’avaient pas fait preuve de beaucoup d’anticipation. Eux qui sont sensés éclairer la population.
Quand on a pratiqué un métier depuis son enfance, ce n’est pas à 40 ans qu’on peut se convertir dans une autre activité. Nos musiciens sont donc dans l’obligation de trouver une voie de sortie pour leur métier.
Werrason le pourra-t-il ce samedi à Bruxelles ? Il est à la croisée des chemins.
visitez le site officielle de werrason : www.werrason.eu
