Sauf s’il existe une autre définition que celle connue de tous : La dictature est le contrôle du pouvoir par une personne, une assemblée, un parti. C’est effectivement ce qui se passe en République Démocratique du Congo où une personne, un parti contrôle l’assemblée et fait subir à l’opposition et le reste de la population le poids de son pouvoir. On peut choisir de faire de l’amalgame et de la diversion en citant pour preuve de l’émergence d’un Etat des droits les élections récemment organisées, il reste que le droit de vivre de l’opposition et de la population est assujetti aux humeurs et au bon vouloir de ceux qui sont au pouvoir. A ce sujet, il sied de citer à titre illustratif les massacres de la population civile au Bas-Congo et à Kinshasa, et l’arrestation des leaders de l’opposition et des journalistes. Bref, une manœuvre qui a pour seul objectif le musèlement de l’opposition et l’intimidation de tous ceux qui envisageraient de contester le pouvoir.
Pendant ce temps, le quotidien de la population congolaise, du moins dans son volet social (éducation, santé, transport et nutrition), est assuré par la diaspora qui passe pour le grand bailleur des fonds, et cela à juste titre, plus que ceux qui se targuent d’avoir investit plus ou moins 450 millions de dollars pour trois ans et qui se permettent d’imposer les règles du jeu. Or nous savons que cette diaspora congolaise, dans sa grande majorité, munie d’éléments de comparaison et riche dans sa diversité et connaissance, par souci du devenir de son pays et du bien-être des siens, a choisi de porter son dévolu sur autre chose que le choix de la communauté internationale avec la Belgique en tête, et qui aujourd’hui se trouve être dans l’opposition.
Aujourd’hui donc, il s’avère que le choix de la communauté internationale est entrain de sombrer dans une dictature légitimée par un semblant de démocratie. Se servant du quitus de ses maîtres, le pouvoir en place à Kinshasa, n’hésite devant rien pour se faire aimer par une population, soit dit en passant, l’avait porté « majoritairement » au pouvoir. Après les massacres de la population du Bas-Congo et de Kinshasa ; Après le bradage de la constitution et de la nationalité congolaise par le parlement ; Après la cession d’une partie du territoire congolais aux étrangers ; Après la récompense faite aux violeurs, tueurs et pilleurs de la population civile congolaise à l’Est, la soi-disant démocratie congolaise s’attèle maintenant à intimider et pourchasser les membres de l’opposition et leurs sympathisants. La dernière à date, en plus de cette démarche qui vise à décapiter l’opposition de son chef de file choisi, sans nul doute, par la population, il ya cette chasse à l’homme sous des faux prétextes comme d’habitude contre les membres de l’opposition ainsi que les enfants de la rue dits Shégués qui ont pour seuls crimes, avoir collaboré avec l’opposition.
C’est face à cette dérive que l’interpellation est faite à la diaspora congolaise, celle qui subit et subira donc les effets de cette mascarade politique schématisée et supportée par les soi-disant altruistes belges, à travers eux, ceux de la communauté internationale.
Jusqu’à quand cette diaspora, va-t-elle accepter de rester passive ? Pourquoi n’envisage-t-elle pas de poser une certaine conditionnalité à l’opposition, puisqu’elle y a accès et en fait partie, à savoir : Une fermeté ; Des résultats concrets ; Et une organisation efficace ? Faute de quoi, elle (la diaspora) lui retire son appui et les privilèges qu’elle (l’opposition) bénéficie à travers la diaspora.
A titre d’exemple, la diaspora peut demander à ceux qui sont dans l’opposition politique d’avoir une structure organisationnelle dans laquelle, chacun aura un rôle à jouer et un dossier à traiter. En quelque sorte, un gouvernement parallèle.
Aussi, de ne pas se laisser corrompre, distraire, intimider sur des sujets tels que la nationalité, les commissions d’enquêtes qui ne révèlent jamais leurs résultats ou le retrait de l’immunité parlementaire. Allusion faite ici à la manœuvre du pouvoir en place de faire porter les crimes du 22 et 23 mars passés sur le chef de l’opposition. Si ceci peut-être tentant pour certains, assoiffés de pouvoir, de faire leurs numéros, il faut savoir qu’une fois attrapé, cent fois c’est peu. Ce qui veut dire, que ce pouvoir, avec tout ce qu’il a déjà commis comme forfait, il ne peut plus reculer. Son seul souci maintenant est de rester seul maître à bord là où personne, alors personne, ne pourra contester ses actes, fussent-ils suicidaires pour toute la nation. Dans les arguments pour soutenir ses bonnes intentions, le pouvoir de Kinshasa ne manquera de demander du temps ou de citer l’exemple du Katanga. Cependant, nous savons tous que, dans toutes les dictatures du monde, il ne manque pas de revenu mais c’est plutôt son administration qui fait défaut et ne profite qu’à un groupe des gens, tant le souci premier est de faire de la répression donc investir dans les armes, la corruption ou l’achat de conscience et la délation.
Enfin, elle peut suggérer à l’opposition, celle qui est présente dans les institutions de la « troisième république », de les quitter si jamais le pouvoir s’entêtait à vouloir la décapiter, la museler et l’intimider.
Alors, que dit la diaspora congolaise, celle qui se soucie du devenir de son pays et de son peuple ?
