Soyons justes avec les ministres et diplomates impliqués dans la rencontre Congo/Angola, ils étaient bien forcés de dire quelque chose, qui soit rassurant, mais ne dise rien du véritable fond du problème, à savoir que la zone frontalière de Kahemba est une passoire pour tous les trafics, notamment de diamants…
(GDB/CF)
On a donc expliqué sans rire que les habitants du coin, membres de tribus partitionnées par les frontières coloniales, N’ont rien trouvé de mieux que de bâtir leurs maison sur les bornes, façon sans doute de dire qu’ils sontinuent à s’aimer comme des frères, malgré la frontière… Il y a 112 bornes pour un peu plus de 2500 km de frontière, soit en gros une borne tous les 22 ou 23 km. Cela ferait des maisons bien clairsemées… Mais passons !
Puis il a fallu couler tout cela dans un communiqué, et le résultat n’est pas triste ! Ce communiqué comporte 15 paragraphes, dont la moitié (1 à 5 et 14-15) ne signifient rien, car ils comportent uniquement des politesses, platitudes et louanges dithyrambiques aux Présidents respectifs des deux pays.
6. Le Ministre des Relations Extérieures d‘Angola a réfuté les accusations de l‘occupation du territoire congolais, les considérant sans fondement, et a réitéré que la police angolaise n‘a pas franchi la frontière congolaise. Il n’y avait donc rien à discuter ?
7. En abordant le fond de la question, les deux Délégations ont confronté les informations techniques recueillies sur le terrain, telles que reportées par les experts. A propos de quoi, puisqu’on vient de nier tout incident ?
8. A la lumière des faits recherchés in loco, (recherches qui consistaient donc à essayer de trouver le problème qui d’après le § 6 n’existe pas, mails dont on discute au § 7) les deux Délégations ont conclu qu’il n’y a pas eu une quelconque modification dans la frontière commune et ont réaffirmé leur engagement à l’intangibilidade (sic : en portugais !) des frontières héritées de la colonisation.
9. Dans cette conformité, les deux délégations ont insisté sur la nécessité de redynamiser le fonctionnement régulier des mécanismes de coopération bilatérale existante, en vue de prévenir les situations susceptibles de contrarier les excellentes relations existant entre les deux peuples frères et Gouvernements de deux pays. (Quelles situations, puisqu’il ne s’est rien passé ?)
10. La réunion a décidé de créer une équipe technique bilatérale, avec l’objectif d’identifier les 112 bornes de frontière qui délimite les deux pays dans l’extension de 2.511 km de frontière commune. (La frontière devant être identifiée, comment peut on être sûr au § 6 que nul ne l’a franchie et au § 8 qu’il n’y a pas eu de modification ?)
11. L’équipe technique créée devrait immédiatement entamer les travaux de localisation des bornes et ouvrir des sentiers qui faciliteront la patrouille conjointe le long de la frontière commune. (même remarque que ci-dessus)
12. Les deux délégations ont aussi décidé de réactiver le fonctionnement de la Commission Conjointe de Défense et Sécurité. (sans rapport réel avec le problème)
13. Vu le caractère urgent que revêt la question examinée, les deux Délégations ont accordé d‘envoyer, le plus bref possible, sur le terrain l’équipe de travail mixte. (Il y a donc une situation urgente, mais on ne nous dit pas laquelle, le long d’une frontière non identifiée, mais qu’on est certain d’avoir respectée, et cette urgence découle des incidents qui ne se sont pas produits …)
Ils essayeront de faire encore mieux la prochaine fois, mais ce sera dur !
© Guy De Boeck pour CongoForum, le mercredi 14 mars 2007
