A l’arrivé d’un taxi à un arrêt de transport suscite une course chez les clients qui courent pour être le premier à monter dans un véhicule qui ne prend que 5 personnes. Tout congolais avec ou sans costume court sans honte vers un taxi pour arriver de bonne heure au travail. Alors que le pays n’arrive pas à envoyer aux différentes compétitions d’athlétisme des bons compétiteurs, la population de Kinshasa fait tous les jours de sprint.
Les 100 mètres sont devenus courants à travers la ville. Devant la portière du taxi, un autre sport vient intervenir pour pouvoir entrer dans le véhicule, c’est la boxe. Des coups sont donnés par les plus forts pour être le premier à prendre place dans le taxi.
Gizenga le premier ministre qui vient de rendre public son gouvernement a du pain sur la planche. Il est triste de voir comment les kinois sont amassés sur les routes attendant un véhicule, courir vers celui-ci, et se donner des coups avant d’entrer. Le congolais n’a plus besoin de pratiquer un sport pour se maintenir en forme, la bataille qu’il livre chaque jour pour attraper un taxi est suffisante pour combler le besoin de sport de son corps. Comme tout le monde veut arriver à temps à son lieu de travail, plus personne n’a un cœur. Les jeunes bousculent les femmes sans force, les piétinent, donnent des coups ; la galanterie n’existe plus.
Il est rare de voir un homme aujourd’hui à Kinshasa céder sa place dans le bus à une femme debout portant un enfant. Il est vrai que la pauvreté peut rendre un homme dur de cœur, dans les années 70, personne ne courait après un bus pour monter. Tout le monde attendait sagement et personne ne se pressait à entrer. Le premier venu montait jusqu’à ce que le bus n’ait plus de place et les autres attendaient le suivant. Autre temps autre mœurs, les kinois ont vu leur comportement changé par le manque de bus, par l’état des routes.
Ce nouveau sport ne tient pas compte de l’age, du sexe, tout le monde s’y donne de peur de ne jamais se rendre à son lieu de service. Les écoliers sont aussi victimes de ce sport car ne pouvant pas courir plus vite que les adultes arrivent toujours en retard à l’école. Il faut qu’un homme de bonne volonté arrête sa voiture pour ne prendre que les écoliers, sinon il passe plus d’une heure à l’arrêt de bus.
Le peuple kinois ne mérite pas cette inattention de la part des autorités du pays et de la ville en particulier. Ils devraient au lieu de se lancer dans des débats sans fin, trouver des solutions aux problèmes de la population qui a depuis l’indépendance souffert à cause des intérêts des hommes. Beaucoup des malades rendent l’âme avant même d’atteindre le centre médical le plus proche de leur domicile par manque de transport. Alors que nous sommes au 21ème siècle, le Congo vit comme si, nous étions encore au temps de Jésus où tout le monde se déplaçait à pieds ou sur le dos d’une bête. Les nouvelles technologies ne servent qu’une classe des gens alors qu’elle devrait servir toute la population qui se meurt parfois parce que pas de route pour acheminer vite un malade à l’hôpital.
