Formation du gouvernement : des grains de sable 1505

Pas d’audience hier lundi à la Primature. Et pourtant, le Premier ministre n’a pas encore achevé ses consultations. Pourquoi ce week-end élastique alors que le temps presse. Pour cette année 2007, le mois de janvier ne compte plus alors que le peuple congolais attend « son » gouvernement. Que se passe-t-il ?

Selon les dernières informations, cette semaine devrait être décisive pour la publication du premier gouvernement de la IIIème République. Avec l’annonce de la taille du gouvernement, quoique cet aspect du problème suscite de nombreux commentaires, les choses semblaient être très avancées. Les derniers pronostics annonçaient ce gouvernement pour le 10 janvier 2007.
Malheureusement, hier lundi, en se rendant à la primature, l’on est de plus en plus convaincu que les choses se compliquent. Il est de plus en plus évident que le Premier ministre rencontre des difficultés et qu’il a du mal à concilier les diverses prétentions de multiples groupements.
Difficultés de conciliation d’abord au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP. A ce niveau, le PPRD est de plus en plus exigeant. Les propos de son Secrétaire général, président de l’Assemblée nationale, sont sujets à plusieurs interprétations lorsqu’il affirme que le « l’époque de partage de gâteau est révolue ». Raison pour laquelle, il se serait rendu en personne auprès du Premier ministre pour que la liste du PPRD soit retenue comme telle. S’agirait-il de récompenser ceux qui ont fourni un effort pour faire élire Kabila président de la République ? La question est ouverte quand bien même les exigences des portefeuilles confirmeraient bien cette thèse. Effectivement; les discussions tournent autour des « postes strétégiques». Il s’agit des Finances, des Mines, de la Défense, des Trqnsports et Communications, Plan et Budget. Des postes juteux, comme l’on a l’ habitude de le dire. Ainsi, les partis politiques et regroupements « se battent» pour occuper ces postes, mettant ainsi le Premier ministre dans l’embarras.
Thèse qui se conforte lorsque l’on apprend qu’il est désormais question de faire le comptage des députés à tous les niveaux pour décider de la répartition des postes ministériels au prorata des députés obtenus. Les choses se compliquent à ce niveau dans la mesure où certains alliés relèvent que cet effort ne peut s’arrêter au niveau des députés, mais également de tous les efforts consentis par différents responsables des regroupements politiques affiliés à l’ AMP. Des sources crédibles, les choses se corsent à ce niveau.
LE SON DE CLOCHE DE L’UDEMO
C’est dans ces entrefaites que l’on vient d’enregistrer le son de cloche de l’Udemo. Sans démentir les rumeurs au sujet de la non participation du président national de l’Udemo au gouvernement, Nzanga Mobutu contacté par Le Potentiel s’est montré avare des déclarations. « Il y a encore certaines choses à régler et ce n’est pas le moment de faire des déclarations ». Déclaration sibylline qui pousse à croire qu’entre le PPRD, le Palu et l’Udemo, les termes des accords ne sont pas correctement respectés. C’est ainsi que l’on laisse entendre que Nzanga Mobutu ne serait pas content du poste que l’on voudrait lui attribuer. Dans l’entourage proche du PPRD, on laisse entendre qu’au deuxième tour, il n’y a pas eu report massif des voix des sympathisants de l’Udemo au bénéfice de Joseph Kabila.
Ces propos n’ont pas été appréciés dans les rangs de l’Udemo qui répliquent en affirmant que pendant la période de la campagne électorale, leur président national a failli laisser sa peau en invitant les populations de certaines zones de l’Equateur de voter pour Kabila. Il ne peut être payé en monnaie de singe. A l’Udemo on commence à croire au non respect des accords conclus. L’on affirme même que des contacts directs auraient lieu maintenant au plus haut niveau pour parvenir à un compromis.
LES EXIGENCES DU PREMIER MINISTRE
Des difficultés surgissent également face aux exigences du Premier ministre. En effet, Antoine Gizenga n’a pas mâché ses mots en soulignant qu’il ne prendrait pas dans son équipe des personnes qui auraient trempé dans le pillage des richesses naturelles. Des personnalités qui ont été citées dans les différents rapports, notamment ceux de la Commission Lutundula et des experts des Nations unies. D’où cette incise selon laquelle les ministres seront retenus à titre individuel et ne représenteront pas leurs formations politiques. En d’autres termes, une fois retenu, le Premier ministre peut proposer le départ du ministre sans se référer à son parti et que le remplacement de celui-ci ne serait conditionné par l’accord de son parti politique.
Or, rétorquent les autres, il ne revient pas au Premier ministre de contester les noms des personnes qui lui sont proposés tant qu’elles continuent à bénéficier de la présomption d’innocence, en plus de ce fait qu’aucun procès, à part celui de Thomas Lubanga, n’a été entamé en bonne et due forme.
D’autre part, pour rendre son gouvernement efficace, le Premier ministre envisagerait d’inclure des personnalités indépendantes et celles de la Société civile. Les violons ne s’accordent pas à ce niveau et les discussions achopperaient sur le mot « coalition ». Un gouvernement de coalition de la majorité présidentielle. Partant, il ne doit être constitué que des alliés ayant pesé lourd dans l’élection du président Kabila. Question d’assumer leur échec ou leur succès au terme de leur mandat.
Entre-temps, le temps s’écoule. A l’allure où vont les choses, il n’est plus possible de disposer d’un gouvernement avant le 15 janvier. Et si par calcul politique, il faudrait tergiverser pour attendre la mise en place des assemblées régionales, l’élection des sénateurs et des gouverneurs de province, l’on est parti jusqu’au mois de février. Autant de grains de sable qui retardent la sortie officielle du prochain gouvernement.
Cette situation commence à inquiéter les partenaires extérieurs qui sont disposés à épauler le gouvernement pour faire face aux défis du développement et de la reconstruction. Aujourd’hui, la République démocratique du Congo est sans gouvernement, et celui qui assure les affaires courantes fonctionne avec des crédits provisoires. D’où toutes ces déclarations surprenantes de certains ministres qui ignorent effectivement la mission d’un gouvernement démissionnaire.

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