Depuis le 30 juillet, chaque jour qui passe est en train d’apporter la preuve de l’échec historique de l’engagement de la communauté internationale dans notre pays. D’abord par ses divisions internes, lesquelles ne font plus aucun doute depuis que certains pays ont entrepris d’écrire à leur manière le scénario des élections en RD Congo, jusqu’à en proposer un dénouement conforme à leurs intérêts.
Ensuite, par la multiplication des révélations sur ce que devait être la démarche globale de la communauté internationale, dans le cadre de l’organisation des élections voulues libres, démocratiques et transparentes.
On apprend ainsi que le crime, qui se voulait parfait, a commencé à virer au cauchemar à partir du moment où Etienne Tshisekedi et l’Udps ont boudé un processus électoral à leurs yeux vicié. Une position qui a eu pour effet de porter un coup dur aux élections ainsi contestées dès le départ par des larges pans de la population congolaise. Mais aussi et surtout de fissurer l’alliance que les belligérants et principaux ténors du régime 1+4 se préparaient à afficher, en bloc, face à l’Udps alors présentée comme l’ennemi commun.
En fin des comptes, rien n’a marché, obligeant du coup les anciens belligérants à se lancer férocement dans la campagne électorale, et chacun pour son compte, se donnant des coups, ne s’épargnant ni accusations ni insultes. Evidemment, la conséquence, c’est la profonde division qui s’est invitée au sein de la communauté internationale. Grosso modo, on retrouve plusieurs types de clivages : les partisans des élections saines, libres et transparentes, nombreux parmi les pays scandinaves, face aux ténors d’une Afrique coloniale, à la base du tangage actuel du processus électoral. Ces derniers se recrutent particulièrement parmi les anciennes puissances coloniales, les membres du Conseil de sécurité et certains pays africains pour lesquels la RDC n’est qu’un vaste marché et un réservoir de matières premières bon marché.
Plus concrètement, alors qu’Américains, Allemands, Belges et
Français sont main dans la main pour imposer le schéma occidental à la RDC, les Italiens paraissent plus réservés et moins enthousiastes. S’agissant plus particulièrement des Belges, on les dit tellement engagés que certains de leurs diplomates n’hésitent pas à déclarer que si les Congolais ont besoin de transparence, ils n’ont qu’à attendre dans … dix ans. Une façon élégante de confirmer que les élections n’ont été organisées que pour rire.
Des sources dignes de foi mettent, pour leur part, en exergue la position de l’Union Africaine qui ne jure que par le respect du résultat des urnes. Selon les mêmes sources, ces clivages ont été accentués par la rumeur sur l’existence d’un rapport interne à la Monuc sur le déroulement des dernières élections. Un rapport qui relèverait les véritables tendances et mettrait, en même temps, en garde contre la tentation de manipulation des résultats.
Dans le même ordre d’idées, on fait état depuis quelques jours de la circulation à Kinshasa des rapports confidentiels de certaines missions d’observation dont on retient, pour l’essentiel, qu’ils prennent généralement le contre-pied des déclarations publiques en relevant de monstrueuses irrégularités et des fraudes massives. Il en est de même de la course aux PV des bureaux de dépouillement, que plusieurs états-majors politiques sont en train de ramasser, en même temps qu’aux agents électoraux de plus en plus décidés à faire des révélations sur l’organisation des élections.
