Catherine Mbombo Mbangu, candidate députée de l’UDR/CODECO pour le district de la Lukunga n’est pas au bout de ses peines. Alors qu’à 5 jours du scrutin, elle a reçu un appel téléphonique de la Commission Electorale Indépendante l’informant de la modification de son numéro d’ordre, qui passait de 88 à 125, elle a été surprise hier de trouver, au numéro 125, la photo d’un homme, prétendant comme elle à la députation nationale. Ce sont ses électeurs qui l’ont alertée matinalement pour lui faire part de ce qu’ils venaient de constater dans le « syllabus » de la CEI contenant la liste des candidats à la députation nationale, avec leurs photos, numéros d’ordre et positionnement selon les pages.
A cause de ce nouveau coup fourré de la CEI, elle a vu ainsi s’ évaporer toutes ses chances de se faire élire. Le mal étant consommé, elle en veut à mort à cette institution d’appui à la démocratie qu’elle est décidée à traîner en justice. La Cour Suprême de Justice devrait déjà se préparer à traiter le dossier.
Saint Raphael : site mal occupé
A Saint Raphaël, un centre doté de 37 bureaux de vote dont 33 dans des salles de classe et 4 en plein air, tout s’est déroulé normalement. Ce site n’a pas connu de problème, selon le recteur du collège Saint Raphaël, l’abbé Epicure Bohi. Mais, il a déploré l’improvisation dont la Cei a fait montre en matière d’occupation de l’espace.
En effet, les agents de la Cei commis à cette opération devraient normalement passer au moins une semaine avant le vote pour des modalités pratiques liées à l’installation des bureaux de vote. Hélas, c’est la veille, vers 22 heures, qu’ils se pointeront sans informer au préalable le président du centre du nombre de locaux qu’ils voulaient occuper. C’est pourquoi certains bureaux ont fonctionné sous le soleil avec le risque qu’on peut imaginer.
Parmi les cas compliqués enregistrés à Saint Raphaël, le recteur a cité le fait qu’un électeur ne savait où aller voter, sa carte étant consumée du côté de la partie contenant le numéro.
Si à Saint Raphaël, les opérations ont démarré à 6heures comme prévu, cela n’a pas été le cas pour le centre 1321-cv2 situé sur la 8ème rue/Limete. Ici, on a démarré avec retard de 70 minutes. C’est vers 7h10 que les bureaux de vote ont été ouverts.
Ce retard était dû au fait qu’on attendait les tentes, a dit le chef du centre, Mme Veddy Okito. Les autorités attendues à l’ouverture ne sont pas présentées.
Les prisonniers de Makala aux urnes
Une ronde effectuée au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa( CPRK), ex prison de Makala, a permis de constater que les opérations de vote se passaient correctement dans cet établissement de détention. Conformément à la loi, les prévenus déjà en détention ont accompli avec satisfaction leur devoir civique. Outre cette catégorie de personnes, les condamnés préposés à la libération conditionnelle mais attendant encore l’application effective de cette décision ont aussi voté aux bureaux de vote pénitentiaires numéros 1987 A et B du Centre 0400.
Par ailleurs, le président du Bureau 1987 B, Jean Paul Kitungwa, a renseigné que les agents du service pénitentiaire, les agents électoraux, les témoins et les observateurs ont aussi voté sur place par dérogation, ainsi que les personnes autrefois emprisonnées à Makala mais aujourd’hui totalement libres de leur mouvement. Le cas cette dernière catégorie de personne s’explique par le fait que la prison centrale a été autrefois leur lieu d’enrôlement.
Cependant, à la suite du président du centre, nous relevons le fait qu’aucun condamné incarcéré n’a pu voter, en violation de la loi électorale. A ce jour, le CPRK contient un effectif général de 3629 détenus dont 2106 civils et 1523 militaires.
Nuit blanche des électeurs pour le duplicata
Des nombreux électeurs de Lemba n’ont pas accompli leur devoir civique hier dimanche tout simplement parce que le duplicata de la carte d’électeur tant attendu n’a pas été finalement délivré même jusqu’au jour du scrutin. La veille, donc le samedi 29 juillet, des centaines de personnes se sont résolu de passer la nuit à la belle étoile, au bureau de liaison de la CEI de la maison communale de Lemba, afin d’être parmi les premiers à bénéficier de leurs nouvelles cartes d’électeur. Ceux-ci n’ont pas pu contenir leur colère vers 23 heures et ont commencé à lancer des projectiles l’édifice public, avant d’être dispersé par la police dépêchée pour rétablir l’ordre.
La majorité des demandeurs de duplicata déclare avoir payé entre 1000 et 2500 FC afin d’entrer dans leur droit avant la date du scrutin. Pour toute réponse, le samedi dernier, les agents de la CEI expliquent que la machine pouvant reproduire ces pièces d’identité est défectueuse et que tout sera réglé dès le matin du dimanche 30 juillet, jour du scrutin. Cependant, cette promesse s’est avérée creuse car la porte du bureau de liaison est restée hermétiquement fermée jusqu’à l’arrivée des éléments de l’Unité de Police Intégrée.
Ainsi, des nombreux électeurs de la Commune de Lemba ont raté l’unique occasion d’exprimer leur choix en ce jour important de l’histoire du pays.
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