Le Bonobo est un animal que peu de monde connaît et qui en république démocratique du Congo, dont il est originaire, est consommé comme une bonne viande. Nous avons choisi de vous parler de cet animal proche de l’homme qui est une richesse pour notre pays.
L’habitat du Bonobo est confiné dans 200.000 km² de foret primaire, sur la rive gauche du fleuve Congo, dans un seul pays : la république démocratique du Congo. C’est tardivement, 1928, qu’un scientifique américain, Hal Coolidge, découvrit au Musée de Tervuren (Belgique) deux crânes de chimpanzés, considérés pour lui, à tort, comme ‘’juvéniles’’. Il décida alors, qu’il se trouvait face à une autre espèce.
Ce n’est que plus tard qu’un atomiste, Ernest Schwartz, lui donna son nom scientifique de Pan Paniscus, par comparaison avec le chimpanzé « « commun’’ appelé Pan troglodytes. Son nom actuel Bonobo signifierait ‘’ancêtre’’ en proto-bantou (langue aujourd’hui disparue).
Les Bonobos sont en voie d’extinction, mis gravement en danger par la déforestation, la guerre, et la promiscuité des humains. Les adultes sont chassés pour leur viande et les jeunes mis en vente comme ‘’jouet’’ pour les enfants.
Les tabous ancestraux de certaines populations de la foret du bassin du Congo interdisaient aux villageois de manger la viande du bonobo. Le danger est venu de la demande de viande de brousse pour les centres urbains, qui motive un commerce à plus grande échelle.
Les exploitations forestières qui oeuvrent dans l’habitat restreint du bonobo favorisent par l’ouverture des routes, la circulation des camions, l’arrivée de main d’œuvre étrangère, le commerce de viande de brousse. Les compagnies forestières tolèrent généralement la chasse pour compléter le revenu de leurs employés. Elles facilitent l’arrivée des cartouches et l’évacuation de la viande (et des bébés) jusqu’aux centres urbains. Elles emploient souvent de la main d’œuvre étrangère à la région, qui ne respecte pas les tabous.
Avec deux guerres au cours des cinq dernières années, les populations partageant le biotope des bonobos se sont considérablement appauvries. La zone, devenue ligne de front depuis plusieurs années, a connu d’importants déplacements de population dans les forets. Cette situation a amené une surexploitation de la faune et de la flore locales, seules sources de revenus de cette population, avec en particulier une recrudescence du trafic de viande de chasse et la fabrication anarchique de charbon de bois.
Fiche signalétique du Bonobo
– Nom scientifique Pan paniscus
– Taille Femelle 90cm à 1 mètre
Mâle 1 m à 1.20 m
– Poids Femelle 25 à 35 kg
Mâle 30 à 50 kg
– Longévité Environ 50 ans
– Lieu de naissance Uniquement en RDC
– Habitat Forêt primaire humide
Description physique du bonobo
Physiquement le bonobo diffère d’un chimpanzé, autant qu’un Concorde diffère d’un Boeing 747.
Le bonobo a :
– des jambes plus longues
– une petite tête noire sur des épaules étroites
– des lèvres rouges
– des petites oreilles noires
– une coiffure marquée d’une raie au milieu et agrémentée de favoris
– les phalanges des doigts de pied 2 et 3 sont soudés
– il vocalise à haute fréquence
– un gonflement vulvaire et anal très important à l’age adulte
– une poitrine bien apparente pendant la grossesse et l’allaitement
Ses proportions physiques lui permettent de se tenir fréquemment en position bipède. Par sa similitude morphologique et psychologique, ainsi que son comportement dans sa vie sociale, certains primatologues considèrent le bonobo comme le plus proche prototype vivant de l’ancêtre humain : l’australopithèque. Il a été établi à travers des recherches scientifiques que nous partageons avec le bonobo plus de 98 % de notre patrimoine génétique. Sa croissance morphologique est identique à celle de l’espèce humaine. Ainsi, par exemple, les jeunes bonobos perdent leurs dents de lait entre 5 et 7 ans, l’age de la puberté varie entre 9 et 11 ans et les femelles ont un cycle ovarien très similaire. Contrairement à la grande majorité des animaux, chez qui les femelles ne sont réceptives que durant la période fertile de leur cycle, le bonobo s’accouple à tout moment et pour le plaisir.
Organisation sociale
L’organisation sociale du bonobo est très différente de celle des trois autres grands singes (Chimpanzés, gorilles, Orangs-outangs). Elle est égalitaire, voire matriarcale. Les femelles contre-balancent la supériorité physique des males par un système d’alliances et de négociations sexuelles. Elles contrôlent la distribution de la nourriture dans le groupe. Le bonobo est parfois appelé ‘’le bon singe’’ car il n’a jamais été observé tuant un de ses congénères. L’amour maternel et le contact physique sont la base psychologique indispensable pour le développement et la survie du bonobo quel que soit le sexe. Les mâles ne quitteront jamais le groupe où ils sont nés et leur statut dépend de la place de leur mère dans la hiérarchie sociale. Au contraire, les jeunes femelles quittent leur groupe vers l’âge de la puberté. Les bonobos sont les plus pacifiques des grands singes. Ils gèrent les tensions et l’agressivité au sein du groupe en la substituant par une activité sexuelle importante. Des contacts sexuels de toute sorte sont pratiqués entre tous les membres du groupe quels que soient leur age et leur sexe. La devise des bonobo pourrait être : Faites l’amour, pas la guerre.
