La Libre libérée ! 911

Dans l’opinion congolaise, la presse belge (La Libre Belgique, Le Soir, La Dernière Heure,…) a perdu toute sa crédibilité. Et pour cause, plutôt que de rapporter une information politique objective basée sur les faits tels qu’ils se déroulent par rapport au cheminement de la transition et du processus électoral, la presse belge s’est carrément transformée en caisse de résonance parfaite et fidèle des vues du très bouillant et remuant Louis Miche, commissaire européen au développement et à l’action humanitaire, qui entend organiser ses élections, à sa guise, dans le Congo de son arrière-grand-père Léopold II.

Dans la rue, à Kinshasa, lorsqu’il est posé aux congolais la question de savoir qui dirige le pays, univoque, la réponse tombe : ‘‘Louis Michel’’. Comment s’en étonner lorsque l’arrière petit-fils de Léopold II de très triste mémoire se prononce à chaque étape du processus et réussit toujours à faire prévaloir ses thèses ?

N’a-t-il pas eu le culot de dire que le Congo pouvait aller aux élections avec 15 millions d’électeurs et qu’il serait l’homme le plus heureux du monde ? N’a-t-il pas décidé que le référendum devrait être organisé coûte que coûte avant fin décembre 2005, excluant ainsi les congolais des contrées où la CEI n’avait pas encore déployé ses kits ? Alors que le CIAT, pas plus loin que mi-février de cette année, excluait toute possibilité de proroger la transition au-delà du 30 juin 2006, Michel n’a-t-il pas déclaré qu’une prolongation de quelques jours n’était pas si mauvaise que ça ? Quand la délégation du conseil de sécurité de l’ONU, le CIAT et la CEI lèvent l’option d’inclure l’UDPS du Docteur Tshisekedi par la réouverture des bureaux pour l’enregistrement des militants du parti de Limete, Michel ne tranche-t-il pas que c’est se moquer du monde ?

Et la presse belge s’est alignée fidèlement sur les prises de position de Michel en se livrant à une véritable campagne de diabolisation de Tshisekedi et de l’UDPS. Un jour ne se passe sans que le Sphinx de Limete soit présenté comme fini, dépassé, vieilli, intransigeant, tribaliste,… et seulement peu ou prou dit sur celui que Michel, porte sans s’en cacher à bout des bras, comme l’homme providentiel dont le Congo aurait besoin.

Ayant tous les moyens possibles et le bonheur d’évoluer dans un environnement démocratique propice à un exercice journalistique dans les règles de l’art, la presse belge, totalement prise en otage, de l’avis des Congolais, semble plutôt préférer se faire juste le relais de celui qui veut récupérer le comptoir colonial de son arrière-grand-père, en y plaçant un ‘‘kapita médaillé’’ plus accommodant.

Cette presse ne se demande même pas pourquoi celui qui, flambard à Kinshasa, Mbuji Mayi, Lubumbashi,…donne de la voix en politique, devient subitement aphone et invisible à Kamituga, Ankoro, Bunia, …. quand il s’agit de l’humanitaire. On croirait que l’homme fait écrire les journaux belges sous sa dictée.

Jeudi 18 mai 2006, à l’IFASIC (Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication), et durant tout son récent séjour à Kinshasa, la très controversée journaliste du Soir, Mme Colette Braeckman, venue entretenir les journalistes Congolais sur le traitement de l’information politique en période électorale, a plutôt préféré entretenir l’assistance sur l’histoire politique du Congo. Les questions sur le traitement de l’information proprement dite, de même que celle de savoir pourquoi ‘‘la spécialiste’’ du Congo se déplaçait sous bonne garde à bord d’un véhicule diplomatique de l’Ambassade de Belgique, n’ont reçu que des réponses des plus évasives.

Vendredi 19 mai 2006, dans son journal télévisé du soir, visiblement ulcérée par tant de ridicule, Nancy Odia, la très excellente directrice info de Congoweb TV, rapporte ‘‘que la presse congolaise s’est vue donner des leçons de journalisme par Mme Colette Braeckman qui serait avec ses collègues de la presse belge des modèles dans le traitement objectif de l’information’’.

Une information, souvent, ne vaut que ce que vaut la source. Et la presse belge ayant bu à la mauvaise source, une source affairiste, n’a pu que se discréditer aux yeux des observateurs congolais par la partialité du traitement de l’information sur le Congo. Il a juste fallu à La Libre de se défaire une fois de sa source et de boire à la bonne source du Mgr Monsengwo pour se libérer et produire un papier journalistique, même si la conclusion a tout l’air de sortir d’une officine PPRD.

Compréhensif comme personne, le congolais reconnaît à la Libre son droit à la perfectibilité et l’attend, par exemple, dans un travail d’investigation sur les allégations d’implication de Michel dans les affaires minières illicites au Kasaï et au Katanga. A coup sûr, ça lui ferait récupérer l’estime des congolais qui ne s’est fait que s’effriter chaque jour au point que beaucoup, surtout dans la diaspora, n’hésitent plus à la traiter de … chiffon.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top