Nous apprenons que Mme Eve Bazaïba secrétaire nationale de l’UDPS chargée des relations avec le CIAT et la MONUC et du suivi du processus de démocratisation, a déposé sa candidature à la députation nationale en tant qu’indépendante. Dans sa déclaration sur TopCongo.com, Mme Eve Bazaïba indique qu’elle en a discuté longuement avec la direction politique de son parti, et aussi qu’elle avait pris des engagements avec les femmes de la société civile dont elle fait partie. Elle aurait récolté des fonds des différents organismes internationaux dans ce but. Mr BOMANZA a déclaré qu’Eve BAZAIBA s’est marginalisée du parti en s’inscrivant a la CEI comme candidate alors que l’UDPS, en tant que parti, n’a pas encore leve l’option de sa participation aux elections. L’UDPS attend une solution politique a ses revendications legitimes.
Comment doit-on prendre ce geste ?
Il est vrai que, suite au mépris qui leur a été oppose par le CIAT, Mr Tshisekedi a déclaré devoir ignorer la communauté internationale et donc de ne pas participer au processus électoral en cours tant qu’on ne donnera pas satisfaction notamment à ses exigences de réouverture des bureaux de vote pour que ceux qui ne se sont pas enrôlés puissent le faire…
Il est vrai que face au mépris manifesté envers toutes les revendications des forces de changement, la bonne attitude à avoir est celle de ne pas participer à ces élections…
Il est vrai aussi que face à la volonté de la communauté internationale d’imposer ces élections, les moyens pacifique et non-violents dont usent l’UDPS et les forces de changement sont insuffisante pour contrer cette volonté…
L’UDPS en tant que parti politique porteur d’un projet de société, d’un idéal démocratique pour le Congo et enfin des espoirs de tout un peuple et d’une multitude de martyrs se trouve aujourd’hui face à un choix cornélien :
– suivre son président : ignorer le processus électoral en adoptant la politique de la chaise vide comme elle l’a fait durant la transition,
– jouer la real politics en envoyant des candidats à tous les niveaux des élections malgré la prise de position de Mr Tshisekedi, tout en continuant la mobilisation pour exiger l’acceptation des conditions données…
Pour s’en sortir l’UDPS a besoin d’avoir des cadres vertébrés, courageux et surtout indépendants, comme l’a été en son temps son actuel président Mr Tshisekedi. Si nous remontons dans l’histoire de l’UDPS, nous verrons que ce qui a fait que Tshisekedi devienne le leader incontesté, c’est autant la justesse de ses prises de positions que son courage à les défendre envers et contre tous. Il n’a pas hésité à se démarquer de l’option prise par ses compagnons devant le piège que leur avait tendu Mobutu avec les accords de Gbadolite. Cette prise de position lui vaudra l’emprisonnement et les pires tortures qu’il n’a jamais subit et pis est seul car ses pairs dans leur plus grande majorité, pour ne pas dire tous, n’approuvaient pas son choix. Sa résistance évitera l’absorption de l’UDPS par le MPR et amènera quelques années plus tard le discours du 24 avril 1990.
L’histoire nous fournit un autre parallélisme qui peut servir aux cadres et combattants de l’UDPS à mieux apprécier la situation actuelle. Le MAHATMA GANDHI était le symbole de la résistance à la colonisation anglaise en Inde. Et comme Tshisekedi il a résisté de manière non-violente à cette oppression, devenant pour l’humanité le symbole de cette forme de lutte. Malgré le fait que le parti du congrès a toujours considéré le Mahatma comme son guide spirituel et idéologique, ce parti décidera d’accepter la partition de l’Inde (contre l’avis de Gandhi). Au moment de l’indépendance quand les anglais décidèrent d’accorder aux musulmans un pays distincts de l’Inde à majorité Hindou. Arguant qu’ils n’a pas lutter pour la séparation du peuple indien, Gandhi refusera jusqu’au bout cette partition… Nehru fera tout pour lui faire changer d’avis car il rêvait du mahatma à la tête de l’Inde, celui-ci refusera catégoriquement fidèle à son idéal.
Face à cette détermination Nehru à son corps défendant acceptera la scission. Nous connaissons les conséquences : l’Inde deviendra une des rares démocraties du tiers monde alors que le Pakistan lui basculera dans la dictature. Sort qu’aurait à coup sur subit l’Inde si le parti du Congrès n’avait pas pris le pouvoir dès les premières élections…
La politique n’est pas un jeu, ni une religion. L’action de Madame Eve Bazaiba doit amener un débat profond plutôt que des exclusions soient-elle auto ou extra…
