La route à Kinshasa : un vrai mouroir. 675

Kinshasa la ville qui abrite les institutions de la république démocratique du Congo connaît un taux alarmant d’accident de la route mortel sans que cela suscite un quelconque intérêt de la part des autorités de la ville et encore moins du pays. Quels sont les causes de ce phénomène? Nous nous sommes interessé à la question afin de trouver des reponses à la disparition de tant de citoyen que nous enterrons quasi quotidiennement.

La première cause qui est visible c’est l’absence des feux de circulationsdans toute la ville. Les quelques feux de signalisations que comptaient la ville ne marchent plus et personne ne s’en soucie. Le dernier qui survivait encore jusqu’au début de cette année, situé au croisement de l’avenue de la libération (ex 24 novembre) et du boulevard du 30 juin a rendu l’âme dernièrement sans tambour ni trompette.
Pourtant ce dispositif banal est capital pour la fluidité de la circulation routière et empêché des accidents aux carrefours. En son absence, il faut mettre un agent de roulage à chaque carrefour important afin d’éviter les bagarres et refus de priorité. Mais de toute évidence les autorités urbaines ne partagent pas cette opinion.
Dire que l’absence de feux de circulations est la seule cause du taux élevé d’accident sur les routes de Kin, est reducteur et trop facile. Il faut aussi pointer du doigt le non respect du code de la route par la grande majorité des chauffeurs de la capitale. En effet très peu des conducteurs obtiennent leur permis après avoir suivi une formation et réussi un examen de conduite digne de ce nom. La plupart des chauffeurs « professionnel » n’ont suivi aucune formation officiel, ni aucune évaluation des autorité avant d’obtenir le permis de conduire. Le permis est acheté par des filières officieles ou maffieuses, quasi légale et contrôlé probablement par les responsables du ministère de transport.

Légalement le permis s’obtient après avoir prouvé ses capacités de conduite, et aussi une connaissance suffisante du code de la route. Le législateur a évidemment copié les législations d’application partout dans le monde. Mais comme d’habitude, personne n’a rien mis en place pour appliquer cette loi, et voici que les permis se vendent comme n’importe quel produit de consommation. Le Congo a même informatisé les permis de conduire. Alors que la Belgique en est encore aux vulgaire permis de conduire en papier, avec des vrais cachets appliqués par des vrais humains dans des vieux bureaux de communes, le Congo est passé fièrement au document électronique, plastifié, avec photo imprimé directement sur la carte au format des cartes de crédit.

Voilà malheureusement ce document aussi est vendu de la même façon que l’ancien car le pouvoir a oublié en lançant le projet d’informatisation de payer convenablement les agents préposés à la manipulation de ces belles machines ultra modernes. Eléphant blanc appelé à disparaître avec son créateur…
Une autre cause des accidents à Kinshasa réside dans les voitures utilisées à Kinshasa. Il n’est pas étonnant de trouver des voitures qui manquent de frein, de phares, de clignotants, de rétroviseurs et même de carrosserie. Aucun contrôle n’est exercé sur les voitures, et évidemment aucune réglementation n’est respectée par personne. Aucune autorité ne se soucie de la santé des citoyens. En fait à Kinshasa certaines voitures sont des véritables cercueils ambulants. Mais au nom de quoi l’autorité va sévir, puisqu’elle ne rénove pas les routes, elle n’offre aucune infrastructure, ne s’occupe pas des voiries et donc ne met pas en place les conditions nécessaires et suffisantes pour que les citoyens investissent dans autre chose que des épaves ambulantes, autre chose, le coup des frais de douanes…
La corruption élevée des agents de l’ordre rend de toute façon tout contrôle inutile et donc les mesures sont inapplicable car personne ne pense à l’agent chargé de faire appliquer la mesure. Aujourd’hui les mesures ne servent qu’à enrichir un peu plus les agents de la police routière. Moralité il faut enfin que les autorités jouent réellement leur rôle et commencent enfin à faire leur boulot de gestionnaire de l’état avec souci d’efficacité et de résultat. Dans un pays où on met des irresponsables aux postes de responsabilité, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Il est important que lors du prochain scrutin, comme pour une fois on nous donne la parole, que chacun donne choisisse les candidats qui font réellement preuve de responsabilité. Sinon nous déplorerons encore longtemps ce genre de situation. Le changement passe aussi par rendre nos routes sûres.

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