A l’occasion de leur congrès constitutif le 04 juin 2005 à Paris, les patriotes congolais, réunis au sein de l’Alliance des Patriotes pour le Refondation du Congo, avaient exhorté le peuple congolais à ne pas recourir à la violence, mais ils l’avaient soutenu dans sa démarche pour faire connaître pacifiquement sa volonté et son ras le bol face à l’échec des dirigeants actuels de la transition…
A l’occasion de leur congrès constitutif le 04 juin 2005 à Paris, les patriotes congolais, réunis au sein de l’Alliance des Patriotes pour le Refondation du Congo, avaient exhorté le peuple congolais à ne pas recourir à la violence, mais ils l’avaient soutenu dans sa démarche pour faire connaître pacifiquement sa volonté et son ras le bol face à l’échec des dirigeants actuels de la transition.
L’Apareco avait ensuite lancé un appel patriotique à tous les militaires congolais de toutes les composantes armées (FARDC, FAZ, TIGRES et MAI-MAI) à ne pas verser inutilement le sang déjà trop répandu du peuple congolais qu’ils sont appelés à défendre et à protéger. Cet appel a été largement entendu. Plusieurs militaires congolais y ont répondu positivement en désertant leurs camps à l’approche de la journée 30 juin, pour ne pas répondre aux ordres de la répression de la population.
L’Apareco avait lancé ensuite un appel particulier aux dirigeants actuels de la transition leur demandant de laisser le peuple souverain exprimer librement sa volonté et son jugement quant à l’opportunité de prolonger ou pas, cette transition à la fin de sa première échéance de 24 mois. Elle avait exhorté les dirigeants de la transition à prêter attention aux signaux forts déjà lancés par le souverain primaire le 10 juin 2004, le 10 janvier 2005 à Kinshasa, et le 16 mai 2005 à Mbuji Mayi. Elle avait enfin invité les dirigeants de la transition à prêter l’oreille aux avertissements des associations estudiantines, des syndicats et des Eglises, particulièrement aux cris d’alarme de l’Eglise catholique par la voix de la conférence épiscopale, et aux avertissements de la jeunesse désoeuvrée.
Mais en guise de réponse, le Gouvernement de la transition a choisi la voie de la violence pour bâillonner l’expression de la volonté du peuple congolais :
• Face au peuple sans armes, les dirigeants de la transition ont mobilisé l’armée, et non la police, pour procéder à des manœuvres d’intimidation pendant une semaine, en vue de terroriser le peuple et le dissuader à manifester publiquement sa volonté. Par sa lettre circulaire N°00/00460/EMG/Comdt/05 du 23 Mai 2005, dont nous publions la copie, le Chef d’état major général des Forces Armées a ordonné aux commandants des unités de la garnison de Kinshasa de procéder aux grandes démonstrations de forces en utilisant des avions des Forces aériennes et des embarcations des Forces navales. Qui pis est, il ordonne à toutes les unités de terminer ces manœuvres d’intimidation par « des séances de tir » ! Tout a donc été fait pour terroriser et bâillonner le peuple congolais et l’empêcher de s’exprimer pacifiquement et librement.
• Comme si ce dispositif de répression ne suffisait pas, et craignant la complicité des militaires congolais avec le peuple souverain, le Gouvernement a recouru, comme à ses habitudes, à une forte mobilisation des troupes étrangères qui ont littéralement investi la ville de Kinshasa comme si une guerre avait été déclarée au peuple congolais.
• A l’approche de la date du 30 juin, des centaines d’arrestations arbitraires ont été opérées pendant la nuit dans toute la ville de Kinshasa, dans le seul but de terroriser la population et de la dissuader à manifester sa volonté.
Bien que la population congolaise de Kinshasa se soit montrée digne en sortant pacifiquement dans les rues pour exprimer son ras le bol, les autorités de la transition ont quand même usé de la violence et ont fait usage de balles réelles face aux civils sans armes. Le bilan est lourd : 10 morts et plusieurs blessés !
Face à cette situation qui envenime le climat déjà pollué de la crise congolaise, le Comité national de l’Apareco :
• Déplore la mort brutale des 10 citoyens congolais, une mort qui alourdie la liste macabre de plus de 5 millions de morts que la RDC pleure aujourd’hui ;
• S’incline devant la mémoire de ces martyrs de notre pays, dont le nombre s’ajoute aux nombreux autres martyrs avant eux. Nous espérons du fond de cœur que leur sacrifice n’aura pas été vain.
• Prend à témoin la Communauté internationale au sujet des violations flagrantes par le Gouvernement de la transition, des droits élémentaires du peuple congolais à s’exprimer et à disposer de son destin.
• Se range résolument derrière le peuple souverain et l’assure de son soutien indéfectible jusqu’au bout, dans le combat de sa libération du joug des étrangers qui occupent aujourd’hui notre territoire national et nos institutions politiques et militaires.
• Tient seul le Gouvernement de la transition responsable des conséquences qui résulteront demain de sa politique de brutalité et de répression sauvage.
• Exhorte le peuple congolais à la persévérance et au courage dans la longue lutte pour sa liberté et sa dignité.
• Invite tous les patriotes congolais de la diaspora et de l’intérieur à ne pas relâcher la mobilisation de leur volonté et de leurs énergies pour poursuivre le combat patriotique et pacifique de la liberté.
Fait à Paris, le 4 juillet 2005.
APARECO
