6 juin 1921 : Troubles à N’Kamba et début de la clandestinité du Très Vénérable Seigneur, Mfumu KIMB 1867

Dans son livre, Le Kimbanguisme, M. Alphonse BANZUZI écrit : Ce matin du lundi 6 juin 1921, comme d’habitude, il y eut un culte matinal. Prévenu par le Seigneur de l’arrivée imminente d’une force militaire à Nkamba, Papa S. KIMBANGU mit en garde l’assemblée et dit : « Je vois que l’ennemi approche ; c’est pour cela que je demande à toute personne que ne se sent pas en mesure de se maîtriser et à celle qui a peur, de quitter ces lieux dès cet instant car je vous le répète, l’ennemi approche. Et si celui-ci use de sa force envers moi, que personne n’intervienne car la violence doit être bannie de vos rangs. »

Obéissant à ces recommandations, beaucoup de personnes se retirèrent, mais ceux qui décidèrent de rester furent cependant plusnombreux.

Conscient qu’à partir de cet instant, plusieurs pèlerins et malades en route pour Nkamba ne le verraient plus, il pria : « Seigneur, en dépit des personnes que Tu m’as données pour m’aider à accomplir Ton oeuvre, il y a toujours des milliers de gensque nous ne pourrons plus toucher aujourd’hui. Ils savent que ce n’est pas parce que nous les touchons qu’ils guérissent, mais seulement à cause de Ton Amour, de Ta Miséricorde et aussi grâce à la foi de chacun d’eux. Nous Te prions de les guérir Toi-Même à partir de ce symbole sacré que Tu m’as donné. »

A l’issue de sa prière, il monta sur l’arbre au pied duquel il travaillait, éleva son bâton sacré et le pointa à tour de rôle sur l’assemblée présente dans Nkamba, puis dans toutes les directions, vers l’est, l’ouest, le sud et le nord, et vers tous les chemins qui conduisaient à Nkamba afin de bénir à distance tous ceux qui étaient entrain de venir sur les routes et tous ceux qui, dans Nkamba, n’auraient plus le temps d’être reçus. (…)

C’est ainsi que les malades présents à Nkamba se retrouvèrent à l’instant guéris. Ceux qui étaient sur les routes retrouvèrent santé et réconfort à tel point qu’ils rebroussèrent chemin pour rentrer chez eux, comme le prouve ce témoignage relevé plus tard par l’écrivain Paul Raymaekers sur les manuscrits des sécrétaires D.S. Mfinangani et P. Nzungu, qui rapportèrent cette anecdote : Un jour, on lui apporta un homme venu de Luozi. Ils lui dirent que cet homme était mort dans son village il y avait deux jours passés. Ayant entendu qu’il y avait à Nkamba un homme qui pouvait ressusciter les morts par la puissance de Dieu, nous nous levâmes au village pour apporter cet homme mort. Quand nous étions proches du village de Nkamba, il ressuscita.

Pour assurer ses arrières, l’Administrateur Léon Georges Morel laissa quatre soldats au village Yanda situé à cinq kilomètres de Nkamba et entra dans Nkamba à la tête de vingt soldats. Il ordonna aussitôt l’arrestation de Papa S. KIMBANGU. Les soldats se ruèrent brutalement sur ce dernier et se mirent à le frapper avec la crosse de leurs fusils devant tous ses fidèles…

Aussitôt plusieurs personnes dont Papa Daniel Mbandila, le dirigeant des chants, se détachèrent de la foule en dépit des appels au clame que leur lançait la victime elle-même, et tentèrent de l’arracher des mains des soldats.

Il y eut un tumulte indescriptible durant lequel les soldats se mirent à frapper tous ceux qui s’opposaient à eux, sous les pleurs et les cris des femmes et des enfants.
(…)
Lorsque le calme revint, le village de Nkamba, déserté par ses habitants, ressembla à un vaste champ de bataille rempli de pierres et de briques cassées sur lequel les combattants avaient abandonné des sacs, des effets personnels, des vêtements et même des produits alimentaires. Papa S. KIMBANGU et sa suite quittèrent la colline de Muanzi’a Kienga pour aller passer la nuit à Kimambu, mais dans la nuit, il se ravisa et partit dormir à Lukengo… » (A. Banzuzi, Le Kimbanguisme, pages 78-79)

Dans son livre intitulé « L’Histoire du Kimbanguisme », Son Eminence Diangienda Kuntima, Chef Spirituel de l’Eglise Kimbaguiste, écrit : Le lundi 6 juin 1921, Morel (Administrateur Territorial de Thysville, Mbanza-Ngungu), arrive à Nkamba peu après midi afin de procéder à l’arrestation de Simon KIMBANGU. (…) Au cours de cette mission qui est un demi-échec, sont arrêtés Mbaki, Ndangi et Mbonga, tous collaborateurs sacerdotaux de Kimbangu. Quant à Kimbangu lui-même, il parvient à s’enfuir, de même que MANDOMBE. »

Un témoin occulaire de l’événement raconte :

« Lorsque nous reçumes la nouvelle de l’arrivée prochaine de l’Administrateur blanc à Nkamba, Simon KIMBANGU dit à la foule : « Que tous ceux qui ont peur s’en aillent et que fassent de même ceux qui ne peuvent rester sans répondre par la violence à la violence. N’usez pas de la force, même lorsque je serai brutalisé. »

De nombreuses personnes se retirèrent, mais ceux qui décidèrent de rster sur place furent plus nombreux que ceux qui s’en allèrent. Lorsque Morel arrive à Nkamba, avec une vingtaine de soldats, il ordonne immédiatement l’arrestation de Simon KIMBANGU. Les soldats s’emparèrent de ce dernier et se mirent à le battre sauvagement en utilisant la crosse de leurs fusils. Aussitôt, de la foule se dégagèrent plusieurs personnes qui tentèrent d’arracher Simon KIMBANGU des mains des soldats au milieu des cris et des pleurs.

En dépit des appels au calme que lance Simon KIMBANGU, il en est qui réagissent violemment en bombardant les soldats de projectiles de toutes sortes. Un soldat fut atteint à la tête et se mit à saigner. C’est alors que des détonations se firent entendre. On vit nettement au cours de l’échauffourée des soldats poursuivre des femmes et des hommes, même lorsque ceux-ci s’en allèrent se mettre à l’abri dans les hautes herbes de la brousse qui entourait le village.

« Peu après l’éclatement de cette violence, on vit qu’un soldat, Mapunga, fut grièvement blessé du fait d’avoir reçu trois coups de couteau. De même on s’aperçut tôt que la femme Niongua, originaire de Kilua, avait été atteinte par une balle tirée par un soldat alors qu’elle s’était enfuie en brousse. Son enfant, Kitangulu, avait été tué à bout portant par un autre soldat.

« L’interprète Lundoloka et Mayila, messager du Chef médaillé de Nzundu, prirent le parti de Morel et de ses soldats en priant les éléments excités de la foule de cesser de lancer des projectiles. Un certain nombre d’Africains originaires du Congo français parvinrent à s’emparer du fusil du soldat Mapunga. Cette arme sera ensuite reprise par un natif du Congo belge peu après que Morel eut quitté Nkamba. »

Son Eminence Diangienda Kuntima poursuit le récit :

« Simon KIMBANGU rapporta lui-même les circonstances qui lui permirent d’échapper à la capture :

« Au moment où les soldats de Morel qui s’emparèrent de moi m’enfermèrent dans une maison devant laquelle ils montaient la garde, l’Esprit m’ordonna de fuir. J’ouvris la porte et m’an allai parmi les hommes de la garde.

Mais un soldat m’aperçut alors que je m’éloignais de la maison. Il mit la main sur moi et un de ses camarades vint lui prêter main forte. Ils me tinrent couché par terre tandis que l’un ordonna à l’autre de me poignarder. Mais voici qu’apparut un homme que je ne connaissais pas et qui se mit à frapper les soldats du plat de la main et les fit tomber à terre. Je me relevai instantanément, pris la fuite et me cachai dans les hautes herbes, tenant à la main le livre des « Psaumes de David ». En courant, je tombai dans un étang marécageux mais lorsque j’en sortis, je m’aperçus que le livre était parfaitement sec. »
(L’Histoire du kimbanguisme, page 72 – 75)

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