14 juin 1989-14 juin 2006
Il y a 17 ans mourait le cardinal Malula 986

14 juin 1989 – 14 juin 2006: il y a exactement 17 ans, jour pour jour, que le cardinal Joseph-Albert Malula, ancien archevêque de Kinshasa rendait l’âme aux cliniques universitaires de Louvain en Belgique. L’Eglise catholique de Kinshasa commémore cet anniversaire dans un esprit d’actions de grâce.

Tous les chrétiens catholiques de Kinshasa et les hommes de bonne volonté se souviennent et gardent une mémoire pieuse à l’égard du cardinal Joseph-Albert Malula que la destinée avait tôt arraché de l’affection de ses ouailles.

Le cardinal Malula est mort le mercredi 14 juin 1989 à la Clinique Saint Raphaël à Louvain en Belgique alors qu’il était déjà convalescent. Durant toute sa vie pastorale, il a lutté pour la démocratie, la conscientisation du peuple contre les anti-valeurs, le travail, l’éducation, la justice et l’excellence.

Né à Kinshasa, le 17 décembre 1917, en pleine époque coloniale, Joseph-Albert Malula, premier abbé noir à devenir curé à Léopoldville dans la paroisse Christ-Roi et premier cardinal de la république démocratique du Congo, est incontestablement une des personnalités marquantes de l’Eglise catholique romaine du XXème siècle en Afrique pour ses remarquables réalisations, tant sur le plan religieux que sur le plan socio-politique, résultats de l’accomplissement de son idéal basé sur la double passion : « la passion pour l’Eglise, la passion pour mon pays ».

Pour Mgr Daniel Nlandu, vicaire général de l’archidiocèse de Kinshasa, le Cardinal Malula savait prendre les initiatives audacieuses pour innover réellement et il était mû par la volonté d’un changement radical. Il a, en outre, présenté le cardinal Malula comme un visionnaire. « L’avenir l’intéressait plus particulièrement que tout autre chose ». Son charisme prophétique lui avait permis de voir et de se prononcer ouvertement et assez tôt sur le danger de la montée d’une élite politique et intellectuelle en contraste avec la volonté du peuple.

VISIONNAIRE ET HOMME DE COMBAT

Sur le plan religieux, il a également œuvré pour l’africanisation de l’Eglise notamment avec le « rite zaïrois de la messe » reconnu par le Vatican. Le cardinal Malula fut le pionnier de l’édification du christianisme authentiquement africain, c’est-à-dire un christianisme incarné et enraciné dans les réalités sociales et culturelles du monde noir. On lui doit également la création du Ministère laïc qui confère la direction de certaines paroisses à des chrétiens laïcs (Bakambi). Malula a beaucoup milité pour la promotion des religieuses autochtones. Pour être concret, il inaugure, en juillet 1964 à Limete, la maison Sainte Thérèse où s’inscrivent onze postulantes.

Très tôt il vit la nécessité de modernisation des structures de l’Eglise et l’inculturation de la « vie religieuse ». Ces idées seront consacrées quelques années plus tard par une des plus importantes assises de l’histoire de l’Eglise catholique romaine, à savoir le Concile Vatican II, auquel il a participé avec distinction.

Engagé politiquement, il participera en 1956 à la conception, et la rédaction du « Manifeste de conscience africaine » qui est considéré comme le premier document intellectuel qui a vraiment ébranlé le colonialisme belge. Après l’indépendance, ce prélat continua à lutter avec acharnement pour le droit à des conditions plus humaines d’un peuple paupérisé et réduit au silence par le pouvoir dictatorial de Mobutu. Il dénonçait les injustices sociales, l’égoïsme des gouvernants, la conduite peu recommandable de certains d’entre eux et la remise en question de certains aspects de la politique de l’authenticité prônée par le pouvoir. Ce bras de fer avec le pouvoir lui a même valu un exil à Rome, au Saint siège, en 1972, en plein cœur de la politique de « zaïrianisation » prêchée par le président Mobutu.

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