Le ministre belge des Affaires Etrangères, Karel De Gucht, a lancé hier un appel au calme en direction de la population congolaise. Il demande aux Congolais d’accepter le report des élections. Ces derniers étaient prévus pour la fin du mois de juin prochain.
Karel De Gucht recevait à cette occasion son homologue congolais Ramazani Baya. « Je voudrai appeler au calme », a affirmé le chef de la diplomatie belge. Ce dernier se base sur l’adoption du projet de constitution le 13 mai dernier. Il pense que c’est un signe majeur qui affirme la volonté des politiques congolais à évoluer dans le processus électoral.Il a assuré que la Communauté internationale veillera à ce que les différents scrutins prévus aient bien lieu.
Le voyage du Ministre congolais des Affaires Etrangères suscite plusieurs interrogations. D’aucuns n’ignore que Karel de Gucht est considéré comme celui qui a discrédité la classe politique congolaise. Selon une certaine analyse, ledit dénigrement lui aurait donné une place de choix dans l’opinion congolaise. Pour être plus précis, De Gucht aurait trouvé des sympathisants parmi les opposants au régime en place à Kinshasa. Qui d’autre, à part lui, pourrait calmer ceux qui veulent descendre dans la rue le 30 juin ?
Bruxelles étant la capitale de l’Europe, le Ministre De Gucht tombe à point nommé, pour parler au nomp de la Communauté internationale. Ce qui justifie, tant fort que peu, la visite de Ramazani Baya.
Nous voyons en cette visite aussi une crainte. Il faut vite calmer les dissidents qui cherchent à « destabiliser » les acteurs de la transition. La démonstration de force qui a eu lieu à Mbuji Mayi, les déclarations des partis politiques, ainsi que des associations et regroupements des Congolais sont des signes avant courreurs de la situation au 30 juin.
Le gouvernement aurait-il opté pour la dissuasion non-violente ? Empêcher à tout prix les gens à descendre dans la rue le jour de l’Indépendance évitera une unième coulée de sang. Car nul ne doute du caractère représsif dont à fait montre le gouvernement, notamment le 10 janvier dernier.
Par ailleurs, notons la conviction avec laquelle le ministre des Affaires Etrangères congolais, Ramazani Baya a réaffirmé à la Communauté internationale, par le biais de son homologue belge, la détermination du gouvernement congolais à organiser les élections. Une promesse de plus : croira qui le veut !
