(RDC) – 9 mai 2005 – AFP:Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila séjourne depuis dimanche à Lubumbashi, capitale du Katanga (sud-est), où plusieurs dizaines de militaires ont été arrêtés au cours des derniers jours, a-t-on appris lundi de source officielle.
Au moins trente éléments du groupe de sécurité spéciale présidentielle (GSSP) ont été arrêtés la semaine dernière à Lubumbashi, selon la presse, qui évoque une « tentative d’insurrection avortée » au Katanga.
Des militaires, mais aussi des civils, ont été interpellés et interrogés par les agents des renseignements depuis dix jours, ont confirmé à l’AFP les autorités provinciales, sans préciser le motif des interpellations.
« Ces gens (interpellés) sont des nostalgiques », a simplement déclaré M. Tshikez, faisant référence à la sécession katangaise menée par Moïse Tshombé (1960-62), au lendemain de l’indépendance du Congo.
M. Tshikez a par ailleurs assuré que la situation était « parfaitement calme » à Lubumbashi.
Cette vague d’arrestation s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un important vol d’armes, en mars dans un camp militaire à Lubumbashi, a-t-on précisé de source proche de l’état-major général de l’armée.
Alors que la presse de Kinshasa évoque une « tentative de sécession », de « déstabilisation » ou une « insurrection », ni la présidence ni le gouvernement n’ont livré leur version des faits.
Pour les journaux, la tension actuelle dans la riche province minière du Katanga, serait l’oeuvre d’un riche homme d’affaires katangais, Katoto Katebe, lié au bâtonnier de Lubumbashi, Jean-Claude Muyambo.
Selon des sources sécuritaires congolaises et diplomatiques à Kinshasa, Me Muyambo aurait tenu à travers le Katanga une série de meeting hostiles au pouvoir, où il dénonçait notamment l’insuffisance des retombées économiques liées à l’exploitation minière au sud-Katanga. Son ONG, « Solidarité katangaise » est suspectée de servir de paravent à des activités politiques.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte ancien de rivalités entre les Balubakat (tribu majoritaire du nord du Katanga) et les Katangais du sud, regroupés dans différentes tribus.
Les sudistes reprochent aux nordistes de confisquer le pouvoir, alors même que les principales mines de cuivre du Katanga se trouvent au sud. En 1960, ce sont les sudistes qui avaient imposé la sécession du Katanga, contre l’avis d’une partie des Katangais du Nord.
