Quand nous disons qu’il n’y a pas d’état en RDC, d’aucuns pensent que nous divaguons ou que nous n’aimons pas notre pays, pire que nous exagérons sciemment pour servir des intérêts partisanes. Ce rapport qui date de Juillet 2004 par des experts du conseil de sécurité de l’ONU va même plus loin. Ils montrent que la situation est pareille au Rwanda et en Ouganda.
Quand l’on veut nous faire croire que le Rwanda est assez puissant pour déstabiliser le Congo, c’est n’importe quoi ! Ce qui déstabilise le Congo c’est l’absence de l’état, l’absence d’une administration organisée et motivé, bref l’absence d’un état de droit. 9000 km de frontière avec 9 pays d’afrique centrale et australe, c’est dans l’intérêt de toute l’Afrique que le Congo soit stable et puissant.
Le 30 Juin 2005, les congolais doivent se battre pour mettre en place un état de droit au Congo. Nous auront les soutiens dont nous n’osons même pas rêver aujourd’hui. Le peuple congolais doit s’exprimer le 30 juin 2005 et de manière non ambigu et comme un seul homme. La communauté internationale n’attend que ça.
Nous vous livrons un large extrait de ce rapport.
IV. Porosité des frontières et trafic d’armes
A. Généralités
26. La République démocratique du Congo est un pays quasi enclave qui partage
9 000 kilomètres de frontière avec neuf pays voisins. A I’est, ses frontières
s’étendent de I’Ouganda a la Zambie sur quelque 2 500 kilomètres, dont une part
importante est littorale. Elle partage le lac Albert et le lac Edward avec I’Ouganda,
le lac Kivu et le fleuve Ruzizi avec le Rwanda, et le lac Tanganyika avec le Burundi
et la République -Unie de Tanzanie. En outre, la République démocratique du Congo
a un vaste espace aérien non réglemente couvrant la plus grande partie de I’Afrique
centrale. Comme indique dans une section distincte, le pays compte plus de pistes
d’atterrissage que de routes praticables, ce qui rend possibles des vols internes et
internationaux largement non contrôles. En raison de sa superficie et de ses
caractéristiques géographiques, la République démocratique du Congo se prête au
trafic et a la contrebande.
27. Le Gouvernement de transition exerce peu ou pas d’autorité sur de vastes
étendues de sa frontière orientale. En Ituri par exemple, le commerce transfrontière
est contrôlé par les groupes armés qui en retirent des bénéfices substantiels tant du
point de vue des impôts prélevés que de la facilite d’accès aux produits, licites et
illicites, provenant de l’étranger. Tenir les frontières revêt également une grande
importance stratégique car cela permet de battre rapidement en retraite dans les pays
voisins en cas de besoin. Le Groupe d’experts est parvenu a la conclusion que la
plupart des groupes armés en Ituri et des forces dissidentes opérant dans I’est de la
République démocratique du Congo éprouverait d’énormes difficultés financières,
logistiques et militaires s’ils ne recevaient pas un appui direct et indirect de
fonctionnaires et de partenaires commerciaux opérant aux abords immédiats des
zones frontalières et d’une liberté de mouvement au-delà des frontières.
28. La porosité, la perméabilité et la permissivité des frontières orientales de la
République démocratique du Congo constituent le principal facteur qui empêche le
Gouvernement de transition de Kinshasa et la communauté internationale de
surveiller les mouvements d’armes et d’autres produits illicites dans le pays, que les
fournisseurs soient des marchands d’armes ou des gouvernements étrangers.
B. Insuffisances de l’Etat et des institutions
29. Conformément a son mandat, le Groupe d’experts a examiné l’efficacité des
systèmes de contrôle des frontières, de I’immigration et de l’espace aérien dans la
région en vue de déceler des mouvements transfrontières d’armes et de matériels
connexes en violation des sanctions imposées par le Conseil de sécurité. II est
essentiel d’assurer une surveillance efficace des points de passage par terre et par
mer ainsi que de l’espace aérien pour détecter des trafics illicites. Le Groupe
d’experts a constate que les capacités locales, régionales et internationales de
contrôle et de surveillance sont insuffisantes ou totalement inadaptées pour détecter
les trafiquants d’armes ou les dissuader d’approvisionner les entités sous embargo
en République démocratique du Congo.
30. Etat aux institutions faibles, la République démocratique du Congo n’exerce
guère de contrôle sur les services de douane et d’immigration a ses 83 postes
frontières officiels, dont 27 en lturi et au Kivu Dans certains cas, I’administration et
l’autorité de l’Etat font totalement défaut. Le Directeur général de I’immigration a
informé le Groupe d’experts qu’il n’avait aucune autorité sur les postes frontières en
Ituri ou au Nord et au Sud-Kivu. Lorsque l’Etat exerce une autorité, il ne le fait que
partiellement. Le Groupe a interroge de nombreux fonctionnaires des douanes a l’est
du pays qui n’ont pratiquement aucun pouvoir ou autorité pour exercer leurs
fonctions. En outre, même les fonctionnaires qui n’exercent que des fonctions de
pure forme sont autorisés a prendre congé vers 18 heures. Le Groupe a observé des
mouvements suspects de camions et de personnes aux postes frontières après les
heures d’ouverture normales, lorsque la surveillance des frontières relèvent
exclusivement de l’armée.
31. Le Groupe d’experts a constate des problèmes identiques en Ouganda et au
Rwanda. Dans la ville frontalière ougandaise de Paidha. Les douaniers locaux ont
déclaré craindre pour leur sécurité la nuit et n’avoir aucun moyen d’arrêter les
mouvements nocturnes réguliers de camions qui entraient en République
démocratique du Congo en violation flagrante des procédures normales de douane,
d’immigration et de police. Des fonctionnaires ont fait état d’incidents identiques
non seulement aux postes frontières recules mais aussi aux principaux points de
passage des marchandises. La connivence de la police et des militaires facilite les
mouvements illicites de marchandise. Selon certains douaniers, cette complicité
était la principale raison pour laquelle ils ne pouvaient ni intervenir ni interdire le
passage de cargaisons suspectes. Dans d’autres cas, les postes frontières étaient
situés dans des zones où régnait une telle insécurité que les douaniers ont fuit et choisi de se réinstallér plus loin dans l’arrière-pays pour leur propre protection.
C. Porosité
1. Les routes
32. Il est très facile d’introduire des armes en République démocratique du Congo
par camion ou a l’aide d’autres véhicules ou encore en assurant leur transport par
des particuliers et des soldats, d’autant que la plupart des mouvements
transfrontières s’inscrivent dans le cadre du commerce informel entre des
populations qui, de part et d’autre, partagent la même origine ethnique, des liens
familiaux ou des programmes politiques. Le Groupe d’experts a constaté que le
commerce transfrontière aux postes de passage isolés n’est pas réglementé et que les
taxes sont rarement prélevées. Les marchés frontaliers, en particulier dans les zones
reculées accessibles aux groupes armés, contribuent également, pour une large part,
à la prolifération des armes. De petites quantités d’armes sont achetées au marché
noir, ou l’on trouve aussi des munitions.
33. Le Groupe d’experts a reçu et analysé de nombreuses informations selon
lesquelles des camions transporteraient des armes et du matériel logistique en
République démocratique du Congo en passant par les postes frontières ougandais
de Arua, Paidha et Mpondwe et les postes frontières rwandais de Gisenyi et
Cyangugu.Il a pu obtenir auprès de nombreux témoins oculaires crédibles et
indépendants des renseignements détailles concernant les camions qui auraient été
utilisés pour transporter des armes et du matériel connexe ainsi que les dates et les
itinéraires empruntés. Toutefois, il a été difficile de confirmer ces informations,
d’autant que les utilisateurs finals sont généralement des groupes armes qui exercent
un contrôle rigoureux sur les populations. Qui plus est, le Groupe d’experts n’a pas
pu se rendre dans certaines de ces zones.
2. Les lacs
34. L‘utilisation des lacs inter états aux fins du trafic d’armes et d’autres produits
illicites constitue également une source de préoccupation. Le Groupe d’experts a
découvert, après évaluation de plusieurs ports du lac Albert par exemple, que les
autorités locales du côté ougandais, notamment a Ntoroko, Butiaba et Wanseka,
n’ont pas les moyens de base pour surveiller convenablement les activités
commerciales ou ont forgé des alliances avec des dirigeants de groupes armés de
I’Ituri, des transporteurs congolais et des commerçants en vue de créer des réseaux
illicites de contrebande de biens réguliers et irréguliers. Ces réseaux reposent sur la
connivence de nombreuses autorités locales en Ouganda, notamment dans I’armée,
la police et les douanes, l’essentiel du commerce dans ces ports étant le fait de
Congolais.
35. Il y a peu ou pas de patrouilles maritimes pour lutter contre le commerce
illicite des armes ou surveiller les mouvements de troupes, en particulier la nuit. Le
groupe d’experts a constate dans plusieurs ports lacustres que les vedettes de
patrouille étaient immobilisées ou ne disposaient pas de suffisamment de carburant
pour effectuer des patrouilles significatives.
