De Gucht est pessimiste 164

Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht a réitéré ses doutes quant à la possibilité d’organiser des élections en République démocratique du Congo pour le 30 juin.

La volonté politique existe mais l’organisation pratique pose des problèmes gigantesques, a déclaré le ministre lors d’un exposé sur la situation en RDC après son récent voyage.

Devant les Commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Chambre et Sénat réunis, Karel De Gucht a abordé deux aspects spécifiques: la nécessité d’une armée intégrée et unifiée pour assurer la stabilité du pays et l’organisation d’élections.

Un problème de recrutement

A propos de l’armée, le ministre a souligné que la Belgique avait aidé à mettre sur pied une première brigade intégrée, c’est-à-dire comportant des éléments provenant des différentes composantes de la transition. La formule est bonne et fonctionne à la satisfaction de tous mais nous sommes maintenant confrontés à des problèmes de recrutement, a dit le ministre.

L’entraînement d’une 2e brigade a commencé à Kamina mais le brassage indispensable est difficile à réaliser. Il est très difficile de trouver des soldats venant des composantes de l’est du Congo. Celles-ci refusent de les libérer car elles veulent continuer à en disposer pour assurer leur influence, a dit le ministre. Karel De Gucht a aussi insisté sur le fait que, selon les estimations, il fallait 7 brigades intégrées pour assurer la pacification du pays (2 par provinces de l’est et 1 au Katanga).

Un problème d’enregistrement

En ce qui concerne l’organisation d’élections, le ministre Karel De Gucht a surtout mis l’accent sur les difficultés pratiques. La volonté politique d’organiser des élections a progressé. Le monde politique a accepté l’idée qu’il faut des élections. La population le veut et en attend beaucoup. Selon moi, elle en attend d’ailleurs beaucoup trop, a dit le ministre.

Il a rappelé qu’il fallait d’abord enregistrer les électeurs. Cela devrait se faire en 9.000 endroits différents dans tout le pays. L’enregistrement devrait se faire par ordinateur. Le ministre a fait état à ce propos des doutes des spécialistes sur la possibilité pratique de le réaliser. A Kinshasa, cela pourrait marcher mais dans la brousse et l’est du pays, le ministre a également des doutes.

Il a mis aussi l’accent sur le coût de l’opération, qui a été estimée à 280 millions d’euros. Mais ce chiffre ne tient pas compte de la logistique dont le coût est évalué à 135 millions d’euros. Les Nations-Unies froncent les sourcils devant ce montant, a dit le ministre. D’autant plus, a-t-il ajouté, que ce coût est à multiplier par le nombre de tour.

Tour de force

Il devrait y avoir au moins 2 tours: un premier sur la constitution, puis des élections présidentielles, législatives et locales combinées. Pour la présidence, il n’est pas exclu qu’il faudra un 3e tour car on ne peut imaginer un président qui ne serait élu qu’à la majorité relative, a commenté Karel De Gucht. Or, a encore dit le ministre, organiser un tour sera déjà… un tour de force.

Pourtant, il est convaincu qu’il faut des élections. La transition ne peut continuer comme cela. Mais l’organisation d’élections pose un problème gigantesque en raison de l’état du pays où l’équipement est déficient, où il n’y a plus de moyens de communications et où tous les transports doivent se faire par hélicoptère.

Pour lui, des élections en juin sont exclues. Si tout va bien et si les moyens financiers suivent, l’enregistrement des électeurs et l’organisation d’un tour pourrait se dérouler cette année. Une fois la saison des pluies commencée, plus rien ne sera possible. Il est important de le dire clairement à la population pour ne pas créer de déception, a ajouté le ministre. Il plaide pour l’élaboration d’un calendrier précis et définitif.

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