Le régime de Faure Gnassingbé s’enfonce dans l’impasse 162

Le régime de Faure Gnassingbé, le président togolais investi par l’armée, s’enfonce dans l’impasse malgré le rétablissement lundi de l’ancienne Constitution, un geste resté sans efffet sur les condamnations et les pressions de la communauté internationale.

Alors qu’il a semblé lâcher du lest en restaurant la constitution d’avant le décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, Faure Gnassingbé n’a toujours pas répondu aux injonctions internationales demandant sa démission pour qu’un président intérimaire puisse effectivement organiser une élection présidentielle dans le délai constitutionnel de 60 jours.

En réformant la Constitution lundi et en rétablissant l’ancien texte, les députés n’ont fait qu’entériner la décision annoncée par M. Gnassingbé vendredi de rester au pouvoir et d’organiser des élections dans 60 jours. Un scrutin qu’il espère bien remporter, même s’il n’a pas encore annoncé sa candidature.

La Constitution prévoit que la vacance du pouvoir est assurée par le président de l’Assemblée nationale.

Mais le président de l’Assemblée avant le décès du président Eyadéma, Fambaré Natchaba Ouattara, a été démis et se trouve actuellement réfugié au Bénin.

La communauté internationale « ne reconnaîtra la validité d’aucune élection organisée sous l’autorité d’un président illégitime issu d’un coup d’Etat militaire », a estimé mardi un diplomate occidental à Lomé, convaincu que la communauté internationale restera « ferme ».

Les consultations se succèdent à Lomé II, le palais présidentiel, rapportent les milieux diplomatiques.

Les membres du gouvernement n’ont pas changé depuis le décès de M. Eyadéma, et quelques généraux sont omniprésents autour du jeune chef de l’Etat, selon ces sources.

« Faure Gnassingbé n’est pas l’otage de ces hommes, mais l’un des acteurs dans le fragile équilibre des forces au Togo: il est de notoriété publique qu’il gérait la fortune de son père. Donc, il contrôle les finances du régime » note un observateur étranger.

« Les généraux assurent le soutien de l’armée et quelques ministres puissants apportent leur expérience et leur réseau, notamment français, Faure c’est le nerf de la guerre », poursuit-il.

Mais la mobilisation unanime et ferme de la communauté internationale, Afrique en tête, met sérieusement en danger ce régime qui risque – maintenant que l’engrenage diplomatique des sanctions et des condamnations est lancé – de faire perdre définitivement le pouvoir à ce système, estime-t-on de sources diplomatiques à Lomé.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDAO) a suspendu samedi le Togo de ses activités et l’Union africaine examine son cas jeudi.

Un diplomate africain soulignait mardi que désormais, « il existe deux scénarios: le retour rapide à l’ordre constitutionnel et la démission de M. Gnassingbé, ou alors on entre dans une phase où il est forcé d’une manière ou d’une autre de partir et commencent le dialogue national avec un gouvernement d’unité et des changements de la Constitution ».
Cet engrenage pourrait « permettre notamment à Gilchrist Olympio (l’opposant de toujours, en exil en France) de se présenter », ce qui n’est pas le cas actuellement avec la Constitution pour des conditions de résidence, souligne ce diplomate.

« Il est bien évident que Faure Gnassingbé a intérêt à démissionner maintenant pour se présenter dans deux mois, alors que ses amis contrôlent encore toute la société et ont les moyens de gagner » les élections, ajoute ce diplomate, pour qui « c’est étrange qu’ils ne l’aient pas compris avant ».
De sources diplomatiques et togolaises, on indique que des tractations sont en cours avec des médiateurs de la CEDEAO qui rassureraient les tenants du pouvoir et autoriseraient M. Gnassingbé à quitter la présidence pendant les deux mois précédant l’élection présidentielle.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top