Le retard technologique de l’Afrique gêne sa croissance 107

JOHANNESBOURG (Reuters) – L’Afrique doit mettre fin aux monopoles des télécommunications et changer d’approche sur les nouvelles technologies si elle veut attirer les investisseurs vers le continent le plus pauvre du monde, ont déclaré jeudi des experts réunis à un congrès africain des télécommunications en Afrique du Sud.

Les télécommunications africaines se caractérisent trop souvent par des prix extrêmement élevés, un réseau trop épars et un manque de fiabilité, ont estimé les observateurs.

A l’heure actuelle, seuls 6% des Africains possèdent un téléphone mobile, 3% disposent d’une ligne fixe et encore moins bénéficient d’un accès internet domestique.

Naviguer ne semble pas forcément une priorité majeure sur un continent où des millions de personnes meurent de faim, mais les experts réunis à Johannesbourg ont estimé que le manque d’infrastructures et de main-d’oeuvre qualifiée gênent la croissance économique.

« Comment obtenir de la nourriture sans technologie ? Comment devenir compétitif à l’âge de l’information sans communications ? », a demandé Philippe Mawoko, responsable de la stratégie au sein du programme africain de développement économique Nepad. « Nous serons laissés en arrière si nous ne faisons pas plus ».

Nketsi Makhera, directeur des télécommunications pour le petit Etat du Lesotho, a estimé que les pays africains avaient adopté une approche mal organisée des technologies et devaient mieux réfléchir à leurs actions.

« Les gouvernements ont essayé de libéraliser, mais ont été prudents », a-t-il déclaré. « Je pense maintenant que le rythme va s’accélérer et que la libéralisation apportera vraiment beaucoup de croissance ».

Les Etats africains devraient commencer par accélérer les réformes et privatiser les opérateurs de télécommunications publics, dont les monopoles brident la croissance, l’innovation et la concurrence, ont préconisé les experts.

L’Afrique du Sud et le Kenya sont actuellement en train de libéraliser leur secteur des télécoms.

La privatisation graduelle à travers le continent pourrait aider à nouer des alliances. L’opérateur sud-africain Telkom et sa filiale mobile Vodacom pourraient ainsi prendre des participations dans des opérateurs nigérians et angolais.

 » mesure que les entreprises sont privatisées, elles chercheront autour d’elles des opportunités de croissance. Il existe plusieurs moyens pour travailler ensemble, éviter de réinventer la roue et réduire les coûts », a estimé Vincent Seretse, directeur de l’opérateur public des télécommunications du Botswana.

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