REPORTAGE : La Coopération au Développement face aux crises de demain

Ce mercredi 13 mai 2026, l’hémicycle du Parlement Bruxellois a accueilli une conférence-débat de haute volée sous l’égide de son président, Bertin Mampaka. Intitulée « La coopération au développement à l’épreuve des crises : quel avenir ? », cette rencontre a permis de confronter les visions d’experts et de figures politiques majeures sur la nécessaire mutation de l’aide internationale belge.

Une expertise belge à réinventer

Jean Van Wetter, Directeur général d’Enabel, a ouvert le débat en appelant à une rupture avec les modèles du passé. Selon lui, la Belgique doit cesser de se disperser pour se concentrer sur ses domaines d’excellence unique : l’industrie pharmaceutique et la gestion logistique portuaire. L’objectif est clair : passer d’une logique de distribution à une logique de transmission de savoir-faire pour permettre, par exemple, la production locale de vaccins sur le continent africain.

Du « paternalisme » au partenariat stratégique

Cette volonté de changement a été largement soutenue par Georges Dallemagne. L’ancien directeur de MSF a dressé un constat sans concession : le monde a changé et l’Europe ne représente plus que 10% du PIB mondial. Pour lui, la coopération doit sortir d’un certain « paternalisme » pour devenir un instrument de politique étrangère stratégique et transactionnel. « La Belgique a besoin du Congo autant que le Congo a besoin de la Belgique », a-t-il martelé, plaidant pour des accords pragmatiques sur les ressources minières et la sécurité.

L’humain et la paix au cœur du projet

À l’opposé d’une vision purement sécuritaire ou commerciale, André Flahaut, ancien Ministre de la Défense, a plaidé pour le maintien d’une approche centrée sur l’humain. Il a insisté sur le remplacement du terme « coopération » par celui de « partenariat », afin de gommer toute connotation néocoloniale. M. Flahaut a également exprimé ses réserves quant à un rapprochement entre Enabel et l’OTAN, rappelant que la priorité doit rester la rencontre des besoins exprimés par les populations locales en matière de santé, d’éducation et de souveraineté.

La diaspora : le levier oublié

Le débat avec la salle a mis en lumière un acteur clé de cet avenir : la diaspora africaine en Belgique. Interpellé sur l’accompagnement des entrepreneurs belges d’origine étrangère, Jean Van Wetter a confirmé que l’implication de la diaspora est « l’avenir de la coopération ». Enabel développe déjà des programmes pilotes permettant à des entrepreneurs d’ici et de là-bas de monter des projets communs, créant de la valeur et de l’emploi dans les deux sens.

Conclusion : Un instrument de souveraineté

En clôture, les intervenants se sont accordés sur un point : la coopération ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire mais un investissement stratégique pour la Belgique. Face à la montée en puissance de nouveaux acteurs mondiaux, l’avenir de la relation belgo-africaine dépendra de notre capacité à construire des ponts fondés sur le respect mutuel et des intérêts partagés.

Fiche technique de l’événement :
  • Organisateur : Bertin Mampaka, Président du Parlement Bruxellois.
  • Lieu : Hémicycle du Parlement Bruxellois, 69 rue du Lombard.
  • Date : 13 mai 2026.
  • Intervenants : Jean Van Wetter (Enabel), André Flahaut (Ancien Ministre), Georges Dallemagne (Député/Sénateur hon.), Bernard Quintin (Ministre de l’Intérieur).
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