Insurrection de la conscience 2136

Jour après jour, drame après drame, scandale après scandale, la conscience du congolais est agressée continuellement par ce que vit la RD Congo. D’aucun aurait depuis longtemps sombré dans la folie après tant de malheurs subi par un peuple qui n’aspire pourtant qu’à une vie simplement meilleur. D’aucun aurait tenté l’acte ultime du suicide afin de se libérer du joug de l’humiliation qui submerge ce peuple et le confine à vivre une vie de souffrance quasi perpétuelle.

L’un des derniers malheur qui vient de s’abattre sur notre nation est bien le crash de l’une des nombreuses machines infernales volantes, véritables bombes aéroportées, que sont ces Antonov, sur un quartier populeux de Kinshasa, à Kingasani ya Nsuka. Le nombre de mort est officiellement de 50 morts, mais, selon diverses sources, ce chiffre serait bien en-dessous de la réalité et l’on déplorerait plutôt une centaines de victimes. Le fait déjà que le nombre de passagers inscrits sur le manifeste de vol officiel ne corresponde généralement pas avec la vérité devrait amener à une révision à la hausse du chiffre annoncé officiellement.

Il est clair que je joints ma voix à toutes celles qui se sont déjà fait entendre pour rendre hommage aux victimes et pour présenter de sincères et très affectées condoléances aux familles de ceux qui ont périt dans cet accident. Cela m’a pris plus de dix jours pour le faire, mais ce temps est dû à un combat interne en mon âme pour surmonter la terrifiante onde de fureur qui s’était emparée de moi, de tout mon être, et qui m’empêchait de conduire une réflexion posée afin de voir la vérité cachée derrière ce malheur. Au fil des jours, et au fil des divers textes, articles et analyses que j’ai pu lire durant la semaine écoulée, cette fureur s’est canalisée et s’est ordonnée, sans pour autant s’amoindrir.

Alors qu’au plus fort de cette colère je me demandais bien ce que les congolais avaient plus commettre comme faute aux yeux de Dieu pour qu’ils soient ainsi punis, la lecture de la transcription de l’intervention au Parlement du député Kiakwama m’a interpellé. Et maintenant, nul ne peut ignorer la vérité au sujet de mon pays.

Et cette vérité est résumée dans ces mots de ce courageux député : « les gouvernants défendent les intérêts de tout le monde sauf ceux des Congolais » !

Et encore : « la vérité est que nous n’avons pas de gouvernement ni de premier ministre » !

Donc, depuis tout ce temps, nous qui dénoncions les graves manquements et terribles erreurs qui ont jalonnés les différentes étapes, préprogrammées par des éléments hexa-congolais s’appuyant sur des personnalités endo-congolaises corruptibles à souhait, de ce qui est qualifiés par certains de processus de démocratisation du Congo ex-Zaïre, depuis si longtemps, nous avions donc raison ! Oui, nous étions dans le vrai, pourtant ce constat ne nous permet pas de verser dans la réjouissance car il n’y’a rien de réjouissant que de voir la vision de la mort confortée par ceux la même qui participent à la victoire du Mal.

Lorsque le député Kiakwama assène que le Congo n’a pas de gouvernement ni de premier ministre, c’est en fait dire ce que nous disons depuis tant de temps à savoir que le Congo d’après la soi-disant libération du 17 mai 1997 n’est rien moins que le ratage le plus cauchemardesque de toute l’histoire de l’humanité. Et le cortège macabre des plus de 5 millions de morts n’est que la confirmation de cet état de fait. Oui, le Congo de Kabila (le père) et de celui qui lui à succédé, dans des conditions et des circonstances très peu claires jusqu’à ce jour, ce Congo là est bel et bien un État manqué.

Seule la lutte libère, dit l’adage ! Et moi je dis que pour se jeter dans la lutte, il est nécessaire que l’individu se mette en état mental de révolte. Et cela ne peut se faire que si sa conscience lui fait si mal que cela le pousse à cette révolte. La conscience se rebellant contre l’esprit d’accommodation qui régit la vie des congolais depuis belle lurette, cette insurrection de la conscience peut amener l’insurrection tout court, cette insurrection qui conduira le peuple dans la lutte et qui donc le libèrera.

Je saluerai votre conscience lorsqu’elle se révoltera.

PLL, MAC

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