INTERVIEW DE CANDIDE OKEKE:Conseillère Principale chargée des Relations Publiques, de la Mobilisation et de la Planification au sein du cabinet du Président National de l’APARECO Monsieur HONORE NGBANDA
En dépit de son substantif « Alliance », L’ Apareco semble prendre la couleur d’un parti politique qui veut faire cavalier seul dans le combat contre le régime de Kinshasa. Et le départ d’une des grosses pointures de l’Apareco telles que Paul Kapita ou Ngongo Luwowo qui se trouve pour l’instant au sénat justifiera-t-il cette attitude politique fragile? Autrement dit, est-ce que l’Apareco collabore formellement avec d’autres leaders et partis politiques de l’opposition pour une vraie conjugaison des synergies afin de lutter ensemble pour la libération du pays?
Candide OKEKE : Nous sommes une plate forme politique certes, mais face au régime d’occupation qui a été instauré en RDC avec Joseph Kabila comme pièce maîtresse l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO en sigle) mène avant tout un combat pour la libération de notre pays. Il est impossible de fonctionner comme un parti politique normal sous un régime dans lequel les congolais n’ont plus la maîtrise de leurs institutions, du fait d’une tutelle étrangère, et qui privilégie la répression comme mode de fonctionnement. Il va de soi que nous ne pouvons que collaborer avec tous les congolais qui s’inscrivent dans cette vision de la situation politique de notre pays. Et c’est ce que nous avons essayé de faire depuis la création de notre alliance. Nous avons préservé autant que possible nos contacts avec différents compatriotes qu’ils soient leaders ou simple membres de partis politiques ou autres mouvements dit de l’opposition. Aussi bien au niveau de nos bases qu’au sommet nous sommes toujours restés ouverts à tous ces compatriotes. Et nous travaillons encore avec ceux qui veulent travailler avec nous avec toute la fermeté que caractérise notre position.
Monsieur Kapita a le droit comme chacun d’entre nous d’évoluer dans un cadre qui lui convienne mieux. Si je ne m’abuse, c’est lui-même qui avait fait la démarche pour se joindre à l’APARECO, personnellement on ne peut pas lui en vouloir s’il estime aujourd’hui nécessaire d’évoluer autrement. Ce qui importe, c’est l’objectif commun de libérer la RDC. Quelque soit le front sur lequel nous nous trouvons, l’essentiel c’est de continuer le combat contre notre ennemi commun.
Si vous avez l’impression que nous faisons cavalier seul c’est peut être parce que, au moment où les autres partis politiques ainsi que certaines personnalités politiques de l’opposition font des va-et-vient, l’APARECO et son Président national sont restés fermes dans leur position qui consistait à rester en dehors de tout système ou toute procédure issu des fameux accords de Sun City. Parce que tout ce qui en a découlé n’a visé qu’à asseoir le processus d’occupation enclenché contre notre pays. Ainsi, il n’a jamais été question que l’APARECO intègre d’une quelconque façon de telles institutions ni qu’elle participe aux élections programmées d’avance pour légitimer l’imposture au sommet de l’état congolais.
Par contre, la démarche de Monsieur Ngongo Luwowo auquel vous faîtes également allusion a été purement personnelle et ne nous engageait évidemment pas. Je sais qu’à sa demande personnelle, le comité national lui a donné sa liberté de s’engager dans le processus électoral à titre strictement personnel. Et il l’a d’ailleurs fait au nom de sa formation politique de base qu’est le MPR. Lui-même avait d’ailleurs clairement fait cette déclaration lors de son arrivée à Kinshasa par le Beach Ngobila en provenance de Brazzaville.
L’APARECO a gardé contre vents et marées une attitude ferme face au régime de Joseph Kabila, il n’y aura jamais ni coopération, ni collaboration entre nous et ce gouvernement d’occupation. Cela n’a pas été le cas hier, il n’en est pas question aujourd’hui, et il n’en sera pas question demain non plus. Et toutes les tentatives de rapprochement avec le Président national de l’APARECO, initiées par eux ou leurs alliés, évidemment avec leurs arguments habituels de corruption, ont été toutes soldées par un échec.
Vous voulez dire que l’APARECO ou son leader ont déjà été approchés par le régime actuel ?
Candide OKEKE : Cela vous surprend, n’est ce pas ? Pendant que certains congolais s’évertuent à dénigrer l’APARECO ou son leader, croyant plaire ainsi à Monsieur Kabila ou être rétribué par lui pour leurs actes de « bravoure », lui, multipliait plutôt les tentatives tantôt de rapprochement tantôt de neutralisation de l’APARECO. C’est vous dire le ridicule de ce régime ainsi que des marionnettes congolais naïfs qui continuent à se laisser manipuler. La seule chose qu’on nous reproche en fin de compte c’est le fait que nous refusions de « collaborer » avec eux et que nous participions un peu trop activement et surtout efficacement au travail d’éveil des congolais, et même de la Communauté Internationale. On nous reproche de dénoncer trop fort l’imposture et le danger que constitue la présence de Joseph Kabila à la tête de la RDC !
Aujourd’hui l’argument utilisé souvent contre le leader de l’APARECO, selon lequel ce qui rappelle le régime de Mobutu devait en quelque sorte être banni n’a plus son sens, parce qu’aujourd’hui, ceux qui condamnaient «le mobutisme», un concept flou d’ailleurs, se retrouvent selon les critères fixés par eux-mêmes, plus «Mobutistes» que Mobutu lui-même.
Notre peuple a été dupé et il s’en rend bien compte aujourd’hui. Pour les membres de l’APARECO qui n’ont pas fait parti du régime de Mobutu , et qui constituent d’ailleurs la majorité d’entre nous, c’est Kabila et ceux qui l’entourent qui nous rappellent plus ce qui a pu constituer les aspects négatifs de la deuxième République. Et dans ce domaine ils ne se sont pas contentés de faire la même chose, ils ont largement réussi à faire pire en reprenant même ceux de cet ancien régime qui n’ont pas changé et qui sont revenus faire aujourd’hui ce qu’ils avaient entamé hier pour précipiter la chute de Mobutu. Rien d’étonnant donc à ce que Kabila ne prenne bientôt le même chemin. Celui de la chute, son imposture ajouté à sa médiocrité et celle de son gouvernement l’y conduiront aussi sûrement que le soleil se couche chaque soir.
Vous condamnez donc sans appel tous les congolais qui collaborent avec l’ennemi au pays ?
Candide OKEKE : Nous considérons que sous un régime d’occupation il faut résister par tous les moyens et avec tous les nôtres qui le veulent bien, et ne pas coopérer avec l’ennemi. Il y a évidemment une différence avec certains de nos compatriotes qui ont infiltré sciemment ce système pour rendre la résistance plus efficace .Ceux-là qui travaillent avec nous , le moment venu nous les ferons connaître pour éclairer le peuple congolais. Quant aux autres congolais qui continuent à travailler avec Joseph Kabila, ses alliés rwando-ougandais et les lobbies occidentaux qui ne jurent que par la balkanisation et le pillage de la RDC, il leur appartient de définir ce qu’ils font aux côtés de nos ennemis et quelle efficacité aura été une telle présence dans le combat de libération de notre pays et dans l’amélioration du quotidien du peuple congolais. Je les invite à y réfléchir sérieusement dès maintenant car demain le peuple congolais, première victime de cette abominable tragédie leur demandera des comptes.
« Au signal, levons-nous », « signes de temps » et tant bien d’autres slogans de l’Apareco sont-ils des mots creux pour créer théoriquement de l’espoir dans les têtes du peuple congolais (qui, d’ailleurs, en a déjà marre de « révélations » et des discours politiques) ou bien cet un ensemble des stratégies pour tenter de créer une psychose dans le camp du pouvoir?
Candide OKEKE: L’élite congolaise sera toujours aussi surprenante ! Comment voulez-vous qu’un leader qui mène un grand combat de libération comme le nôtre dévoile sur la place publique toute sa stratégie contre l’ennemi en vous livrant les méthodes et les dates des actions qu’il entend mener ? Le prendriez-vous au sérieux s’il le faisait ? Tout ce que l’APARECO fait aujourd’hui en public et en secret n’a qu’un seul objectif : la libération de la République Démocratique du Congo afin que Justice soit rendue au peuple congolais qui vit depuis une décennie l’une des plus grandes tragédies de l’histoire de l’Humanité. Tous nos messages appuient ce que nous mettons en place pour atteindre cet objectif de Libération.
Notre action s’inscrit donc dans un calendrier précis et nous savons que ce calendrier intéresse nos ennemis au plus haut point. Mais nos compatriotes doivent comprendre que le contexte dans lequel nous menons tous notre combat nous incite à rester discret sur certains aspects de celui-ci. Nous comprenons cependant leur impatience mais nous leur demandons de rester simplement mobilisés et prêts à répondre au signal qui sera donné bientôt et qui sonnera la phase finale de libération de la RDC. Nos messages ne visent pas à créer simplement de l’espoir, nous orientons le peuple congolais pour qu’avec nous il puisse s’impliquer dans ce processus inéluctable.
L’APARECO agit en fonction des paramètres dont il dispose. Et nous ne pouvons évidemment pas tout révéler pour le plaisir au risque de mettre en péril tout ce que nous avons amorcé. Mais le peuple congolais qui a donné sa confiance au Président de l’APARECO peut juger de la constance de son combat, de la véracité de tout ce qu’il a pu révélé et qui n’a JAMAIS été contredit notamment dans son livre « Crimes Organisés » devenu au contraire une référence pour ceux qui veulent comprendre ce qui se passe dans la région des Grands Lacs. L’APARECO œuvre pour la Libération de la RDC et nous mènerons ce combat jusqu’au bout.
Quant à la psychose dans laquelle se trouve effectivement le régime de Kabila à notre égard , elle n’est pas dû à nos quelques slogans mais bien à un travail de fond qui fait que même eux reconnaissent en nous une réelle menace pour le régime d’occupation qu’ils incarnent. Leur psychose se justifie par la force que représente notre mouvement, et le professionnalisme reconnu aussi bien à l’extérieur du pays qu’à l’intérieur, du Président de l’APARECO. Bien plus, les occupants au pouvoir à Kinshasa savent très bien que le socle sur lequel repose leur pouvoir volera bientôt en éclat parce que le travail de tous les patriotes congolais et la détermination dont ils continuent à faire preuve les enverra bientôt aux oubliettes de l’histoire.
Ils ne peuvent qu’avoir peur parce qu’ils savent ce qu’ils font au peuple congolais, et ils sont conscients que le temps ne joue pas pour eux, et que les mensonges qui tapissent leur pouvoir sont désormais mis à nu. Aujourd’hui, l’imposture et la fausse identité de celui qui se fait appeler Joseph Kabila sont maintenant connues de tous les congolais, le temps et ses actes ont mis en relief ses liens privilégiés avec le Rwanda et Paul Kagamé en particulier, dont il sert clairement les intérêts en sabotant notamment notre armée. Les congolais ont également compris aujourd’hui la manière dont le système Kabila participe activement au bradage de nos ressources et au dépècement et à la balkanisation de notre pays .On ne peut pas rêver pire président ! Malheureusement c’est ce dont les congolais ont hérité grâce à la série de mensonge qui ont amené les Kabila au pouvoir.
La répression dont notre population fait l’objet actuellement ne fait que confirmer l’imposture de ce régime qui en est réduit à utiliser la force comme seul moyen de se maintenir, car aucun argument ne le fera jamais accepter aux yeux des congolais qui sont attachés à leur souveraineté et qui ne sont pas prêts d’oublier le martyr que les régimes de Kagamé et Museveni ont fait vivre à des millions de leurs compatriotes, particulièrement à l’Est de notre pays. Le régime de Kabila n’a pas besoin de nos slogans pour avoir peur il se fait peur lui-même rien qu’en se regardant.
Il n’est plus un secret pour personne que le régime de Kinshasa a fait montre de l’incompétence bien que jouissant d’une « légitimité » acquise a l’issue de ce que maints observateurs avertis avaient qualifié de « mascarade électorale ». Emprisonnement, arrestations arbitraires, assignations, assassinats, bref le non-respect des droits fondamentaux est devenu monnaie courante au pays sans que la communauté internationale n’en dise mot!!! Sur le front diplomatique, qu’envisage l’Apareco a ce propos?
Candide OKEKE : Pour mieux appréhender ce qu’il y a lieu de faire sur le plan diplomatique il faut d’abord comprendre que ce n’est pas toute la Communauté Internationale qui a cautionné sciemment, la funeste aventure de Joseph Kabila en République Démocratique du Congo avec ses conséquences désastreuses. Il y a eu beaucoup de mensonges au sein même de cette Communauté Internationale et des positions difficiles à renier suite à des engagements collectifs déjà pris, entre autres raisons. Tous les acteurs de la Communauté Internationale ne disposaient pas des véritables informations sur la RDC en même temps. Une partie de notre travail consiste encore aujourd’hui à éclairer certains membres de cette même Communauté Internationale sur les véritables dessous de ce qui s’est tramé contre la RDC par différents lobbies trop préoccupés par les richesses de notre pays et qui ont entraîné la Communauté Internationale dans une politique dangereuse concernant la RDC. Leur position actuelle aura plus contribué à semer les germes de la haine dans la région des Grands Lacs parce que par exemple ils ont réussi à adopter une attitude qui exonère le Rwanda de tout respect de la vie humaine en RDC.
Le génocide rwandais ne peut pas donner le droit à ses victimes quelles qu’elles soient de ne plus respecter les règles qui grandissent notre humanité. Comment la communauté internationale espère –t-elle faire oublier la barbarie rwandaise du régime de Paul Kagamé qu’elle continue à cautionner comme si on avait tout d’un coup trouver normal par on ne sait quel processus d’accorder un permis de tuer à cet homme qui opère comme un véritable criminel voir un malade mental dans toute cette région. Le travail que nous faisons avec l’aide de nombreux congolais est néanmoins en train de porter ses fruits car il y a par exemple aujourd’hui des parlementaires occidentaux qui se demandent si leurs ambassades ou même leur gouvernement leur ont transmis fidèlement les véritables données de ce qui se passait en RDC. Nombreux parmi eux commencent à prendre conscience de la fuite en avant que représente la volonté d’imposer, à la tête de notre Etat grâce à toute une série de mensonges connus de tous aujourd’hui, quelqu’un qui ne sera jamais accepté et qui est devenu une source principale d’instabilité. Certes d’autres espèrent encore mettre le peuple congolais devant le fait accompli d’une balkanisation de la RDC mais parmi eux personne n’est sûr de l’évolution des choses dans cette région des Grands Lacs qui ressemblent de plus en plus à un volcan avant son éruption ou à une véritable poudrière.
La Communauté Internationale est empêtrée dans des conflits d’intérêts qui paralysent encore en partie sa prise de décisions courageuses et véritablement adéquates au sujet de la RDC. Mais l’APARECO a pris acte de ces limites et le message que nous essayons de faire passer auprès de nos différents interlocuteurs aujourd’hui est que ce qui va déterminer nos actions et celles du peuple congolais dans les jours à venir ce ne sont pas les versions erronées ou édulcorées de la tragédie congolaise que l’on sert à l’opinion publique internationale par une presse internationale qui semble avoir perdu de son indépendance. Parce que c’est le peuple congolais qui a payé chaque jour toutes ces erreurs et ces tâtonnements, parce que c’est notre peuple qui subit chaque jour comme vous l’avait rappelé, les exactions, la répression, les intimidations, les arrestations, les assassinats etc.…, nous n’avons donc pas à attendre que des personnes qui sont en sécurité chez elles avec leurs familles à l’abris viennent nous dire à quel moment nous devrons mettre un terme à cette tragédie, ni à quel moment nous devrions voler au secours de nos compatriotes notamment ceux de l’EST. Le peuple congolais doit prendre ses décisions à ce niveau en fonction de ses propres réalités et non en fonction de l’hypocrisie de la Communauté Internationale.
De tous ces faits notre pays est devenu comme une patate chaude que certains se sont empressés avec gourmandise de porter à leur bouche. Et aujourd’hui, cette patate s’est transformée en grenade pour ceux qui tardent à prendre des bonnes décisions concernant leurs intérêts, car ils risquent d’y laisser plus de plumes que d’autres.
Quand la MONUC elle-même commence à demander le secours des autorités congolaises pour sa protection comme c’est le cas à Moba dans le Katanga lors des derniers événements ou à Bunagana dans le Kivu face à des congolais en colère, tout le monde peut comprendre les limites de la Communauté Internationale à imposer quoi que ce soit aux congolais aujourd’hui si ce peuple se lève pour réclamer ce qu’on lui avait promis dès le départ à savoir , le retour de la Paix et le respect de sa souveraineté à travers de véritables élections .
Autrement dit, nous ne ménageons pas nos efforts, comme de nombreux congolais pour que la Communauté Internationale tiennent enfin compte de la véritable volonté du peuple congolais.
Nous avons même pour cela lancé une pétition avec l’Association Mémoire de Victimes pour réclamer à l’ONU un Tribunal Pénal International pour la République Démocratique du Congo afin de mettre réellement un terme à l’impunité chronique dont jouissent aujourd’hui les bourreaux de notre population. Mais nous disons aussi que le peuple congolais n’a pas à se concerter pendant cent ans avec les membres de la Communauté Internationale avant de s’assumer ni à lui demander sa permission pour cela.
Tôt ou tard les congolais mettront eux-mêmes un terme à la fuite en avant que représente l’attitude de la Communauté Internationale en RDC parce que c’est le peuple congolais qui est le véritable détenteur du pouvoir dans ce pays et qu’il est hors de question que nous continuions à assister passivement à la mort odieuse et programmée de notre population et de notre Etat.
N’en déplaise donc à certains, c’est bel et bien dans cette nouvelle phase qu’est entrée la République Démocratique du Congo, celle où l’on devra enfin tenir compte d’une manière ou d’une autre de la volonté réelle de ceux à qui appartient ce pays. C’est cette phase qui permettra que le mot souveraineté ne soit plus un simple slogan politique ou diplomatique pour notre Nation.
Quelle est la réaction de l’Apareco à l’égard de Félix tshisekedi qui avait récemment soutenu que le débat autour de l’identité de Joseph Kabila n’était pas essentiel et qu’il faudra plutôt poser le problème en terme de son incompétence à diriger le pays???
Candide OKEKE : Nous pensons au contraire que ce débat est essentiel et pas seulement parce que la majorité de nos compatriotes y attachent de l’importance et que le principe de la démocratie impliquerait, justement que les leaders politiques s’activent pour que notre peuple trouve la réponse à ses questions sur quelqu’un qui engage notre nation toute entière. Ce débat est essentiel parce qu’il touche le chef de l’Etat et qu’une imposture à ce niveau est un fait gravissime. Un chef de l’Etat incarne toute la nation, en outre, il est le garant de l’intégrité et de la souveraineté nationales. C’est pourquoi, dans tous les pays du monde, la constitution prévoit des conditions draconiennes sur la nationalité de celui qui sollicite ce poste de magistrat suprême !
Et la même loi congolaise exige que pour accéder à la magistrature suprême, il faut être de père et de mère congolais. Cette loi n’a pas était votée pour les chiens mais pour tous les congolais sans exception. Si nous avons des autorités qui commencent à choisir parmi nos lois celles qu’ils acceptent de respecter ou pas dites moi quelle société peut-on arriver à construire sur une telle base. De plus le cas de Joseph Kabila est un exemple concret des risques que nous encourons si nous n’étions pas rigoureux à ce niveau, notre pays est aujourd’hui en train d’être balkanisé, particulièrement grâce à un chef de l’Etat qui n’est pas congolais et qui travaille pour nos ennemis.
Une autorité qui s’exonère du principe de respect de nos lois ne vient pas pour construire notre société mais pour la détruire puisqu’il se donne déjà le droit d’en bafouer les fondements. J’ai du mal à croire qu’un cadre de l’UDPS ait pu tenir de tels propos.
Le peuple congolais se sent abandonné! A quand sa libération car il n’attend qu’une bouée de sauvetage?
Candide Okeke: A ceux-là je leur poserai plusieurs questions, celles de savoir d’abord d’après eux, à qui revient en premier lieu le devoir de préserver l’avenir de leurs enfants et leur bien être sinon à eux-mêmes. Ils sont donc sensés être les premiers à se battre pour le respect de leurs libertés fondamentales et pour cette terre congolaise qui est l’héritage qu’ils sont sensés transmettre à leur tour à leurs propres enfants.
L’autre question est de savoir s’ils sont prêts à se battre pour préserver ce qui revient de droit à leurs enfants? Et jusqu’à quel point sont-ils prêts à se battre, pour cela et pour que plus personne ne mette impunément en péril leur propre vie et celle de leurs progénitures? Autrement dit, s’ils se sentent abandonnés, c’est peut être parce qu’ils se sont déjà eux mêmes abandonnés. Et pire, après s’être abandonnés eux-mêmes, ils sont en train d’abandonner leurs enfants à la merci d’une tyrannie.
Il n’y a qu’un mort qui ne réagit plus quelque soit ce qui peut lui arriver. On peut le voler, le frapper et le malmener, il ne réagira pas. Et c’est normal car il est déjà mort. Mais les congolais qui pleurent aujourd’hui ou se lamentent d’être abandonné sont vivants, ils sont 60 millions avec autant de bras, de jambes et de têtes pour être suffisamment déterminé et agir. Ils sont violés, pillés, arrêtés, frappés, affamés, humiliés. Qu’ils se comportent enfin comme des êtres vivants ! Qu’ils réagissent ! Pas seulement en pleurant, en criant ou en se lamentant, car ça n’apporte pas de solutions même si c’est naturel. Qu’ils s’arment de courage et qu’ils décident de mourir l’arme à la main s’il le faut pour que ceux qui survivront puissent enfin avoir une chance de vivre autre chose qu’une inéluctable descente aux enfers. C’est ce que font les êtres vivants, ils ré-a-gis-sent. Nous sommes des millions de congolais à ne plus accepter cette humiliation, des millions ! Nous pouvons tout changer en une journée si nous le voulons. La majorité de notre population est chrétienne, elle doit comprendre que Dieu ne descendra pas sur terre pour libérer le Congo, mais il agira à travers les hommes et les femmes que nous sommes. La première bouée de sauvetage du congolais sera le congolais lui-même !
L’APARECO leur tend la main à tous pour libérer ce pays pas comme des spectateurs mais comme des acteurs parce que face à ce que nous subissons aujourd’hui, chaque congolais a quelque chose à défendre.
Votre mot de la fin
Candide Okeke: J’invite chaque congolais à réaliser enfin le drame que traverse notre pays avec tous les territoires qui nous ont déjà été arrachés et la détresse de nos compatriotes. Ne soyons plus les artisans de la destruction de cette nation en ne respectant pas le principe de solidarité qui est inhérent à notre unité. Lorsque autant de congolais sont de plus en plus menacés, même les plus naïfs d’entre nous doivent pouvoir comprendre que demain viendra peut être leur tour ou celui de leurs proche. L’instabilité et l’insécurité qui prévalait hier dans le Kivu est en train de s’étendre sur toute la RDC. Nous ne sommes pas sensés être en guerre et pourtant les congolais continuent à tomber comme des mouches. En réalité la guerre que l’on nous a mené ne s’est jamais arrêtée. Nous n’avons pas d’autres choix pour nous en sortir que celui d’identifier nos vrais ennemis et de leur mener impitoyablement la guerre à notre tour, en nous préservant de leur parole mensongère parce qu’à chaque fois qu’ils nous parle de paix ils affûtent les armes avec lesquels ils continuent à décimer notre population. Les faits parlent d’eux-mêmes. La RDC est en guerre il n’y a que les congolais qui ne le savent pas ou qui ne se battent pas avec les bonnes armes. Chaque congolais doit désormais s’y engager. Et L’APARECO ne se défilera pas.
Propos recueillis par Grégoire WATUPA
www.congohorizons.co.uk Mardi 04/09/2007
