L’agonie de la démocratie en RDC 2029

« On nie d’abord la violence afin de la légitimer en la banalisant. On relativise ensuite la violence afin de l’isoler en la contextualisant. On accuse enfin ceux qui en sont les victimes

d’en être, en dernier ressort, les ultimes responsables » (Alexis Lacroix socialisme des imbéciles. Table ronde Paris 2005)

« La mort heureuse », titre posthume de Camus, s’ouvre sur un meurtre. Patrice Mersault, le personnage principal, abat froidement un vieil homme infirme et fortuné. Crime parfait, qui donne à son auteur les moyens (légitimes ?), de mener désormais, une vie affranchie de tous soucis matériel ! Condition essentielle pour réaliser « l’unique devoir dont parle Camus qui est pour l’homme de seulement être heureux sur terre ».Cette tragique fiction romanesque, s’applique parfaitement à la situation actuelle de Kabila après la forfaiture qu’il vient de commettre sur Bemba l’ex-vice- président, candidat « malheureux » aux dernières joutes présidentielles, signataire comme lui des accords sur les garanties sécuritaires d’un chacun des récipiendaires, entre les deux tours, des dites présidentielles, sous les hospices de la communauté internationale représentée par la « Monuc ». Cela s’applique aussi bien à la situation ontologique des congolais, en tant que peuple, confronté à la voracité du pouvoir des politiciens qui en permanence, sont en quête d’un bonheur toujours solitaire et partisan. Ne se construisant que sur les malheurs et les aspirations à un bonheur du peuple par eux différé, déféré à l’hypothétique tribunal de leurs promesses jamais tenues. L’action politique se réduit ainsi de jour en jour à une exploitation systématique des existences les plus meurtries et des espoirs les plus profondément rentrés, pour construire un semblant de bonheur.

Alors même que des nouveaux espoirs suscités par l’avènement d’un Etat de droit pointent à l’horizon, la barbarie des tenants de l’imperium décuple pour annihiler toutes formes d’expression démocratiques. Le nouveau régime inaugure une ère malsaine de terreur, de mensonges et des grandes prédations. Les dernières péripéties sociopolitiques en sont les preuves éloquentes. Quel gâchis !

Jean de la Fontaine l’a dit à propos de l’amitié ; je me risquerai, pour ma part à l’appliquer à la démocratie : « Rien n’est plus commun que le nom, rien n’est plus rare que la chose ».De ce fait, bien souvent en RDC, depuis que ce mot est en usage, bien des « démocrates » ont de la démocratie une compréhension si vague, que c’est précisément ce vague de leur esprit qu’ils prennent pour la démocratie. Ils ne croient en Dieu et partant à leur parole que fort bruyamment et seulement pour user des mots et être à la page. Or, sans être une religion, la démocratie est une chose aussi sérieuse, dans la vie d’une société moderne, soucieuse du bonheur partagé de tous ses membres. Il s’agit en effet d’une puissance immatérielle mais dont la présence réelle sert de cadre légal, juste et équitable à toute harmonieuse vie en communauté. Lieu de déploiement des toutes les actions de l’Etat, pour le mieux être des citoyens, des tous les citoyens. Car toute puissance est faible, à moins d’être unie. Elle n’est pas une simple procédure imposée par les bailleurs de fonds et la communauté internationale, ni un kit institutionnel dont on dispose mais une culture. Hélas !…

Le pouvoir saoule ; Jusqu’à l’overdose. Et c’est bien le cas du régime Kabila qui étant conscient d’avoir été mal élu, passe le temps, lui et ses affidés de l’AMP, à chercher et à trouver des adversaires à combattre et à abattre, aussi biens dans le camp des vaincus que dans la société civile, société civile par ailleurs décrédibilisée par ses turpitudes propres et ses accointances avec n’importe quel détenteur du pouvoir, même avec Satan, pourvu que ce dernier lui accorde une place à la mangeoire.

Pour autant l’ère de la démocratie, après une transition de plus bâclée, présage l’émergence d’un Etat de droit, la paix, l’amorce d’un changement socioéconomique, la reconstruction du pays détruit en partie par 10 année de régime AFDLien dont Kabila est le continuateur en ce jour, la délivrance à l’égard d’une classe politique qui ne finit pas d’étaler la mal gouvernance politique et économique et la dilapidation des deniers publics, en fin, l’ère de la réconciliation de congolais avec eux-mêmes, elle appert comme un quitus délivré par la communauté internationale, organisatrice des élections qui ont « honoré le pouvoir AFDLien sur le plan international », à Kabila pour imposer sa dictature, à l’instar de celle de triste mémoire de Mobutu, sonnant ainsi la cloche de la fin de la démocratie en RDC.

Au soir du 30 juillet 2006, la RDC était entrée dans l’histoire des pays démocratiques et le peuple avait fait montre d’une maturité louable par tous, à juste titre d’ailleurs.

Cependant, marquera-t-il cette histoire ou y restera-t-il pour toujours ? Dans tous les cas, les premiers actes liminaires du nouveau régime n’augurent pas un avenir radieux et prometteur. Ceux qui gouvernent en RDC ne se comportent pas comme des responsable d’Etat, appelés à consolider l’esprit démocratique et à redynamiser leur action au service du peuple. Sûrs de leurs fidèles soutien extérieur, il s’érige en puissance hégémonique, convaincu de n’avoir à rendre compte de leurs actes à aucune instance internationale (les massacres des Hutus à Tingi-Tingi et à Mbandaka pour lesquels les sanctions internationales n’ont jamais été prononcées à l’encontre de leurs auteurs qui sont pourtant connus)

Le bilan du régime Kabila est moralement et politiquement, déposé, dès le lendemain de sa prestation de serment. Les ambitions de Kabila pour lui-même, pour la RDC ou la région du grand lac se cristallisent immédiatement au lendemain de son élection autour de sa seule personne. Elle se matérialisent, dans l’expression d’une boulimie, qui ne le cède qu’à son impréparation et à son incapacité à exercer un pouvoir collégial, légitimement acquis dans le cadre républicain de respect de la parole donnée à ses pairs, de soucis pour les libertés individuelles et de respect de l’Etat de droit. Kabila a tôt montré, qu’il n’est pas un homme de consensus, ni porteur de projet cohérent, à la hauteur des contextes et des attentes dramatiques des congolais Il n’a pas toujours su et ne vaudra probablement pas tirer partie du rôle stratégique et des responsabilités d’une RDC unie et forte dans la sous région. Cette désinvolture relève d’un schéma dans lequel la RDC est appelée à subir l’exploitation « communautaire » de ses ressources naturelles pour le développement de ses voisins.

L’avènement de Kabila III a, pratiquement signifié le silence, la médiocrité du propos, le mensonge, la violence fébrile que rythme la vie politique pour laquelle l’argument physique a tendance à tenir lieu de discours de conservation. Le discours thuriféraire et le griotisme qui ont déserté non seulement les pays de l’Afrique de l’Ouest sont devenus le pain quotidien qui accompagne, dans les medias d’Etat confisqués, l’activité publique et gouvernementale congolaise. Il a parrainé, dans une perspective purement politicienne, le débauchage le moins propre de toute l’histoire politique du pays. Il a transformé l’activité politique à une compétition de vassalisation et de clientélisation de la classe politique et des agents de l’Etat. Il a, à cet effet, dépensé sans compter pour son propre confort. Il a hypothéqué, à une échelle inimaginable, les ressources minières du pays qui auraient dû servir à la reconstruction du pays par des contrats scandaleux et ignominieux, aujourd’hui dénoncés par tout le monde, sauf par les affidés du cartel AFDL, à savoir, le RCD-PPRD-MSR-CDR et j’en passe, tous regroupé sous le vocable majorité présidentielle. Le Palu l’allié des circonstances, dans ce marigot, patauge facétieusement sans avoir peser les conséquences de son attelage contre nature avec l’AMP, le conglomérat des chevaux de Troyes

« Les élections » ont accouché avec Kabila d’un régime qui restaure l’instrumentalisation des institutions sécuritaires du pays, un climat et une stratégie qui associe de plus en plus avec le contrôle de l’appareil politique, judiciaire et de l’Etat, l’intimidation permanente et la violence à l’Etat brute. Certes, les congolais ont du temps pour faire l’apprentissage de la démocratie mais pas à marche forcée ni en bâillonnant l’opposition, muselant les médias et massacrant le peuple de qui on confesse à tout vent tirer la légitimité. N’est ce pas John Locke, dans le deuxième traité du gouvernement civil, exposait une théorie de gouvernement fondé non pas sur le droit divin mais sur un contrat social et selon laquelle tout individu, doté des droits naturels à la vie, à la liberté et à la propriété avait l’obligation de se rebeller chaque fois que les gouvernements violaient ces droits ? Qu’à cela ne tienne, à un degré de dénuement, plus rien ne conduit plus rien ; ni espoir, ni désespoir ne paraissent fondés ; et la vie tout entière se résume dans une image dont, en l’occurrence, on préfère s’en détourner.

Sur le même registre, les évènements du Bas- Congo et plus récemment l’attaque des résidences de l’ex-vice président Bemba alors que se trouvant dans la même situation que l’autre ex vice président, en occurrence Ruberwa, avec la complicité et l’hypocrisie de la Monuc, ne finissent pas de nous étaler l’ampleur du complot ourdi par la communauté internationale dont le chef de file reste et demeure la Belgique qui par l’entremise de Kabila et quelques brebis galeuses telles que Kamitatu olivier, Mende Omalanga, Namwisi, Kisempia, kalume et autres congolais du conglomérat sont des exécutant fidèles. Notez que le cas kamitatu n’etonne pas car relevant d’une pathologie congénitale. Mende, prostitué politique, a toujours navigué à vue, sans scrupule.

Qui pourra nous citer un seul fait d’armes de Kalume ou Kisempia, généraux de pacotille. Car si on a fait les écoles militaires, on connaît la valeur de la vie humaine et on ne tue pas des citoyens qui n’ont pour toute arme que la foi à un Etat de droit, respectueux des règles de vie en société moderne.

Comble de ridicule, pour faire plaisir à un président qui, de prendre ces messieurs pour des collaborateurs, les utilise pour exécuter les basses besogne et mentir publiquement. A cause de cela ma conscience me refuse de les appeler « généraux ».

Qu’à cela ne tienne, sachez qu’aucun mensonge ne peut vivre éternellement. La nuit apporte désespoir, déception et tristesse mais il y a toujours un lendemain matin.

Vous avez, par bêtise, confirmé toutes les craintes que le peuple avait à confier légitimement le pouvoir à Kabila. Je dis bien légitimement car Kabila a été mal élu. Voilà pourquoi il est frustré, Traînant avec lui un lot des complexes et un tas de casseroles (contrats léonins, bradage de territoire, dessein politique flou etc.).

Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse la RDC relèvera la tête parce que ceux qui sont dans le vrai sont plus nombreux que les missionnaires de dessein funeste.

La vérité conserve sa vigueur même si son lot est l’échafaud. Et si le mal règne sur le trône car cet échafaud exalte l’avenir et derrière l’obscurité de l’inconnu, Dieu veille dans l’ombre sur les siens.

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