KIGALI (Rwanda), le 5 août 2007 (GLAC) – James Kaberebe, le chef d’État-Major de l’armée rwandaise, dans un message envoyé par les représentants des immigrants rwandais au Congo, donne trois jours à la population rwandaise vivant dans les hauts plateaux de la zone d’Uvira pour évacuer toute la région et trouver refuge ailleurs. Cet ultimatum fait partie des préparatifs d’une attaque militaire exemplaire que l’armée rwandaise prévoit lancer dans ce territoire pour chasser l’armée congolaise et les Mai-Mai et pour d’établir de façon irréversible l’autorité des Rwandais sur ce territoire congolais.
Cet avertissement aux immigrants rwandais a été lancé au cours d’une réunion qui a eu lieu à Kigali et a duré trois jours. Elle regroupait des officiers supérieurs de l’armée rwandaise et l’exécutif du parti de Laurent Nkundabatware. Le chef d’État-Major de l’armée James Kabarebe, Charles Kayongo et le chef de l’armée de l’air Charles Muhire étaient parmi les
grandes personnalités de l’armée rwandaise présentes à cette rencontre. Le chef de l’armée rwandaise justifie son ultimatum à ses confrères pour « prévenir le génocide que les Congolais devront lancer contre la population rwandaise en représailles » aux attaques rwandaises.
En guise de ces préparatifs, James Kabarebe a demandé à Bisogo, chef des mercenaires infiltrés au Congo de regrouper dans le calme tous les mercenaires aujourd’hui dispersés à la suite des revers subis lors des attaques des combattants nationalistes Mai-Mai et des Forces armées Congolaises. Dès que la population
rwandaise quitte les hauts plateaux, « je sais ce que je vais faire de ces lieux… Je vais recourir à la force… Vous, les Banyamulenge, avez rendu un service inoubliable au Rwanda si bien nous ne pouvons pas vous abandonner » renchérit le chef de l’armée rwandaise.
« Bisogo et ses hommes doivent rester là où ils sont sans faire la moindre attaque jusqu’à ce que j’envoie des renforts ».
James Kabarebe prévoit organiser une opération de sabotage de grande envergure dans les environs de Bugarama (à la frontière avec le Congo), action qui permettra aux troupes rwandaises d’entrer massivement en RDC, de prendre contrôle des montagnes de Kamanyola et d’ouvrir ainsi le corridor pour que ses troupes
attaquent et reconquissent les hauts plateaux de Minembwe.
Par ailleurs, les préparatifs et la date du putsch prévu pour septembre à Kinshasa (voir Glac numéro 19 du 31 juillet) restent maintenus et pris au sérieux par les organisateurs. La vigilance doit rester de mise. Jean-Pierre Bemba qui de toute évidence n’est pas distant de ces événements, lorgne déjà la réussite
comme une occasion de retour triomphal et héroïque à Kinshasa.
Dans le Nord-Kivu, plus précisément à Masisi et à Rutshuru, l’insécurité causée par les hommes de Nkundabatware qui organisent des enlèvements, des assassinats et des viols et se déguisent soit en Interahamwe ou en combattants du FDRL, plonge cette contrée dans la désolation. Cette circonscription est
en ruine, dans des maisons abandonnées par une population horrifiée, on peut facilement voir pousser les grains (maïs, sorgho, arachides) qui étaient destinés pour la semence. Les chats sauvages et les chiens y ont trouvé refuge.
