Lorsque la police et l’armée font la sécurité à Kinshasa 2016

N. K. est un congolais immigré en Belgique. Il est rendre visite à sa famille à Kinshasa. De retour en Belgique, il m’a livré ses impressions sur ce qu’a été la sécurité à Kinshasa.

Une politique de dissuasion ?
« A chaque coin d’une rue sur trois, un petit groupement de policier ou miltaire. Armes levées, la main sur la gachette, et le chargeur visiblement prêt à se vider. » Voilà les mots que NK m’a dit au sujet de la sécurité. Précisons qu’il a passé son séjour à Kinshasa dans le quartier tristement célèbre de Yolo.
La présence des forces de l’ordre dans ce quartier du centre de la cité kinoise est dû aux récentes bagarres de rue qui étaient devenues un phénomène de société. Pour mettre fin à ces pratiques, les policiers sont prêts à user de la force. Mais leur présence n’est pas toujours de bon aloi.

« Tu es en infraction, et tu ne dois rien garder sur toi »
Le phénomène des changements de mentalité a aussi entraîné de nouvelles dispositifs à l’encontre des habitudes de la population. A titre d’exemple, il n’est plus permis de partager à deux le siège avant d’un taxi, ou se mettre debout juste sur le siège arrière du conducteur d’un taxi bus de type combi. Le contrevenant est sensé recevoir des coups de fouet.
Un jeune homme devait se rendre à la pharmacie d’urgence pour acheter des médicaments. Il était attendu par les infirmières pour administrer des soins à sa mère malade. Le transport étant difficile, il a enfreint le code du « changement de mentalité ». Attrapé en flagrant délit, il a reçu sa ration de coups de fouet, puis les policiers l’ont dépouillé de l’argent qu’il avait sur lui. Il a bataillé dur pour garder son téléphone portable et sa montre. Heureusement qu’il avait mis l’argent dans deux poches différentes. Ce qui lui a permis d’acheter les médicaments de première nécessité. Il a perdu ainsi 20 dollars.

« La police et l’armée plus dangereuse que les criminels »
Des cas comme celui du jeune homme sont légions dans toutes l’étendue du Congo. Pendant la période électorale, la police raflait les cartes d’électeurs pour les offrir aux hommes politiques pour la maudique somme de 5 dollars.
Un policier affamé, à qui on remet une arme, est encore plus dangereux qu’un voleur à la tire. Ce sont les mêmes policiers qui travaillent en connivence avec les petits voleurs des arrêts de bus ou du grand marché.
Une fois de plus, la population se retrouve comme grand perdant d’une situation qu’elle n’a pas voulu. C’est ainsi que l’on pourrait comprendre l’attitude de la population à se constituer en juge et partie.

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