Médecins sans frontières craint que l’échec du mixage dans l’armée des forces rebelles qui se sont longtemps opposées, dans le Nord-Kivu, ne conduise à de nouvelles violences.
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) s’inquiète pour les populations de la province du Nord-Kivu située à l’est de la République Démocratique du Congo. Selon elle, « la situation peut [y] basculer à tout moment à cause de l’échec de l’opération de mixage conçue pour faire rentrer dans les rangs de l’armée les divers groupes de combattants » qui s’y sont opposés par le passé.
« L’opération de mixage conçue pour faire rentrer dans les rangs de l’armée les divers groupes de combattants ne donne pas les résultats attendus. Les brigades mixées sont divisées et les rebelles lancent des attaques, créant une grande insécurité pour les populations », a déclaré MSF dans un communiqué dont copie a eté transmise samedi à la PANA, à Paris.
L’armée aussi « commet des actes de prédation sur la population »
Dans la province, se trouvent des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des Hutus rwandais venus après le génocide, mais aussi des Hutus congolais et des opposants au régime de Kigali auxquels s’ajoutent les milices « Maï- Maï », dont certains groupes refusent d’intégrer les rangs de l’armée et cherchent à protéger leurs propres intérêts.
Quant à l’armée congolaise déployée au Kivu, MSF indique qu’elle est mal équipée, mal payée et « commet des actes de prédation sur la population ». « Autre élément d’instabilité : l’armée est composée de soldats de l’armée régulière et des combattants fidèles au général dissident Laurent Nkunda lequel, à l’instar des autres parties, remet en cause cette opération de mixage », ajoute le document.
« Tout cela créé des tensions et l’on craint que les combats ne reprennent entre ses hommes et les troupes régulières », avertit l’organisation humanitaire.
