Craignant pour sa sécurité, Bemba reporte son retour en RDC 1993

Reuters 31.07.07 | 20h57
KINSHASA (Reuters) – Jean-Pierre Bemba, chef de l’opposition de la République démocratique du Congo (RDC), a suspendu son retour d’exil au Portugal jusqu’à nouvel ordre, aconsidérant que les garanties pour sa sécurité offertes par le gouvernement demeuraient insuffisantes.

Elu sénateur après avoir perdu la présidentielle l’an dernier face au sortant Joseph Kabila, Bemba avait été autorisé en avril par le Sénat à s’absenter pendant 60 jours afin de se faire soigner à l’étranger, à la suite de violents affrontements survenus entre sa garde personnelle et l’armée régulière dans la capitale.

Ce délai octroyé par la chambre haute, expiré au milieu du mois de juin, avait été exceptionnellement reconduit jusqu’à aujourd’hui, mardi 31 juillet, pour des questions liées à la sécurité du milliardaire congolais.

« Jean-Pierre Memba ne rentrera ni aujourd’hui, ni demain au pays et aucune nouvelle date n’a été encore envisagée », a annoncé le porte-parole de l’homme politique en exil, Moise Musangana.

« C’EST UN BANDIT, IL DOIT VENIR RÉPONDRE DE SES ACTES »

« Si le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) rentre dans les conditions actuelles, cela risque d’être dangereux pour lui », a-t-il ajouté.

Selon Musangana, le gouvernement de Kabila n’a pas fourni de garanties suffisantes sur les conditions de sécurité permettant le retour du chef de l’opposition de la RDC.

L’ancien chef rebelle a quitté son pays le 11 avril dernier après être resté retranché pendant près de trois semaines à l’intérieur de l’ambassade d’Afrique su Sud, affirmant que les troupes fidèles à Kabila cherchaient à le tuer. Plusieurs centaines de personnes ont trouvé la mort lors de ces affrontements.

Un proche du président Kabila, qui a refusé de commenter cette nouvelle, a réclamé le retour de Bemba en RDC afin qu’il puisse être jugé.

« C’est un bandit, il doit venir répondre de ses actes », a-t-il estimé.

La constitution congolaise reste assez floue sur le risque de sanctions qu’encourt Bemba en restant au Portugal.

« Le 31 juillet tombe au moment où nous sommes en vacances parlementaires et la prochaine session n’intervient que dans un mois. Si d’ici septembre il n’est pas rentré, il faudra examiner si son absence est justifiée ou pas », a déclaré le sénateur Ngongo Luwowo.

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