Bemba dénonce les dérives du régime Kabila 1926

Le sénateur Jean-Pierre Bemba, chef de l’opposition parlementaire en République démocratique du Congo (RDC), a dénoncé les dérives totalitaires du régime du président Joseph Kabila, dans une interview diffusée vendredi soir par la RTBF-télévision.

« Les opinions (des membres de l’opposition) ne sont pas toujours respectées, la sécurité des opposants n’est pas garantie », a affirmé l’ancien rebelle puis vice-président congolais, qui vit actuellement en « exil médical » au Portugal. M. Bemba a ajouté se poser « beaucoup de questions » face à l’absence de liberté d’opinion et d’expression qui prévaut selon lui en RDC après les élections générales de l’an dernier. « Si ce n’est pas une démocratie, alors c’est une dictature », a-t-il lancé, au moment où la RDC célèbre samedi le 47e anniversaire de son indépendance. M. Bemba, rival malheureux du président Kabila lors de l’élection présidentielle d’octobre dernier, avait recueilli 42% des voix.

Elu sénateur en janvier, il avait refusé de se séparer de sa garde personnelle, ce qui avait entraîné en mars une réaction musclée de l’armée congolaise, qui s’est traduite par deux jours de combats en plein centre de Kinshasa, au cours desquels de 200 à 500 personnes ont péri. Réfugié un moment à l’ambassade d’Afrique du Sud, M. Bemba a quitté la RDC dans la nuit du 10 au 11 avril pour suivre un traitement médical au Portugal, officiellement pour soigner une vieille blessure à la jambe. Le Sénat a récemment prolongé son autorisation de sortie jusqu’au 31 juillet. « J’aimerais rentrer le plus tôt possible », a affirmé le sénateur et chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC, une ex-rébellion qui s’est muée en parti politique) dans cette interview recueillie à Faro (sud du Portugal). « Si les conditions de garantie de fonctionnement de l’espace politique sont remplies, je n’ai pas de problème » pour rentrer, a-t-il ajouté en appelant au « respect des uns et des autres » entre adversaires politiques.

M. Bemba a cependant implicitement exclu de reprendre les armes, comme il l’avait fait en 1998 lorsqu’il avait lancé sa rébellion dans son fief de l’Equateur (nord-ouest de la RDC). « Le pays n’a plus besoin de guerre », a-t-il dit. (belga)

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top