Trois coups de feu pour le Katanga 1876

Le jeudi 24 mai dernier au hall du musée de Tervuren a eu lieu l’avant première du film « Trois coup de feu pour le Katanga ». De quoi s’agit-il? Ce film parle de l’assassinat du roi M’Siri en 1891. Un résumé plus détaillé peut-être lu ci-dessous avec un extrait du film. Docu-fiction selon le terme consacré, trois coups de feu pour le Katanga est une reconstitution de cet évènement capital pour l’avenir de la Belgique et du Congo. Avec la mort du roi M’Siri, le Katanga est entré officiellement dans l’EIC de Léopold II. pour ce film la production a retenu comme narrateur notre compatriote, l’excellent conteur et écrivain Pie Tshibanda wa Muela Bujitu. En effet quoi de plus normal pour un tel projet que de choisir pour narrer l’histoire, un conteur né, un homme qui a fait de l’art du conte son métier.

Pie Tshibanda, selon les dires du réalisateur lui-même était l’homme qu’il voulait dans ce film. Selon les aveux de l’acteur lui-même, il n’a jamais postulé pour jouer ce rôle, car il ne connaissait même pas l’existence du projet. De plus son agenda est tellement rempli ces jours-ci qu’il n’a pas l’habitude de courir derrière des projets. Après avoir rencontré le réalisateur et avoir lu le script du film, c’est alors qu’il a accepté de se joindre à ce projet. Très bientôt nous espérons obtenir un entretien avec lui.
Polémique.
Pour l’avant première du film, la production avait mis les petits plats dans les grands en faisant spécialement venir les descendants de M’Siri depuis leur Katanga natal. La cérémonie a coïncidé avec la visite officielle des certaines autorités congolaises.Tout ce beau monde sera présent avec les représentant de la famille royale, les membres du gouvernement belge, la presse et une poignée des congolais principalement des katangais.D’après les témoignages, une poignée des gens présents dans la salle était venus en découdre avec Pie Tshibanda. Leur problème: pourquoi la production a choisi comme narrateur un kasaïen, qui plus est, est « ennemi » des katangais, alors que M’Siri est un patrimoine katangais. Il a même été demandé au chef Munongo de ne pas s’assoir à coté de Pie Tshibanda.
Pie Tshibanda est effectivement kasaïen. Mais il est né au Katanga, d’un père ouvrier de la Gécamines, il a passé toute sa vie là-bas et n’a dû quitter le Katanga qu’à la suite du pogrome anti-kasaïens organisé par les katangais de l’UFERI . Pogrome organisé suite à l’élection de Tshisekedi au poste de premier ministre en 1992. A cause de son témoignage, de son besoin de justice et de reconnaissance des victimes de cette tragédie complètement ignoré par la nation toute entière, Mr Pie Tshibanda est trainé dans la boue par certaines personnes. Il faut qu’on sorte de ces pratiques et des ces habitudes. Quand il y a crime, quelque soit notre sentiment envers la victime, il faut qu’il y ait au minimum une reconnaissance. Les victimes d’aujourd’hui peuvent devenir les bourreaux de demain et vice-versa. en refusant le débat sur certains sujets, tout ce qui en sort ces sont des frustrations. Et tout le monde sait de quoi est capable une personne frustrée. Luttons pour la justice et le respect des droits des uns et des autres. Pie Tshibanda ne considère pas les katangais comme ses ennemis, il est même prêt de les affronter dans un débat contradictoire.

Ci-dessous la fiche de présentation du film à voir absolument pour tous ceux qui veulent aller en profondeur…

Producteur SPHINX Productions SPRL
Réalisateur Jörg Pelzer (Filmographie)

Année de production 2007
Versions Française et Internationale

Le 20 décembre 1891, trois coups de revolver vont changer le destin de l’empire africain du Garengaze et celui de la Belgique. Un officier belge fait feu sur le roi M’Siri pour être abattu à son tour par le fils de celui-ci. La mort du Mwami permet à Léopold II de prendre possession de ce territoire qui comprend le Katanga et ses fabuleuses richesses minières. Et ce au nez et à la barbe des britanniques! Alors, s’agit-il d’un acte héroïque de la conquête coloniale, par lequel le capitaine Bodson – au prix de sa vie – débarrassa l’Afrique d’un cruel tyran ? Ou de l’un des meurtres politiques les plus rentables de l’histoire ? Voilà l’épineuse question à laquelle le documentaire apporte une réponse nuancée.
La dynastie fondée par M’Siri s’est perpétuée jusqu’à nos jours. C’est son arrière-petit fils, Godefroid Munongo, qui est aujourd’hui le Mwami du Garengaze. Homme aux facettes multiples, cet universitaire formé aux Etat-Unis est le personnage central du film. Nous le suivons à Bunkeya, l’ancienne capitale, pour y découvrir à l’occasion des commémorations annuelles, l’étonnante culture du peuple Bayeke et le récit du meurtre de M’Siri, tel qu’il est rapporté par les anciens. Dans leurs débats, ceux-ci incarnent leurs ancêtres, princes à la cour de M’Siri. Jeu de rôles qu’une troupe de jeunes prolonge en une succession de scènes ingénues qui évoquent les événements de décembre 1891.
Les professeurs Michel Dumoulin, historien, et Pierre Demaret, anthropologue, nuancent la vision africaine par une analyse à présent dégagée de l’apologie colonialiste.
C’est Pie Tshibanda, narrateur, qui à la manière des griots africains guide le spectateur:
« Plus de quarante cinq ans après l’indépendance du Congo, nous savons bien que la fracture entre les ex-colonisateurs et les ex-colonisés est loin d’être réduite. Alors, n’est-ce pas le moment de partager la mémoire? Et pour cela, d’écouter aussi la version africaine de l’histoire?  »

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