Addition s’il vous plait! 1663

Ils ont été pressés d’aller aux élections, ils y sont arrivés après qu’ils aient gommé les pré-requis qu’ils se sont donnés avant d’aller aux élections, les traitant, pour le besoin de la cause, des aprioris ngbandistes ou de la peur d’aller aux élections. On a été aux élections sans faire de recensement. On a voté la Constitution sans savoir qui a voté et ce qu’on a voté. Aujourd’hui, un jour à la fois, un à un, les dés pipés commencent à se dévoiler. Faisons le calcul, nous voulons l’addition.
Comme celui qui veut sortir du premier restaurant venu, dans lequel il est entré puisqu’affamé, ne se souciant pas du standing, mais seulement du dessin du plat du jour affiché partout, tant et surtout à l’extérieur qu’à l’intérieur, le peuple congolais, après avoir goutté à l’entrée, vient de se rendre compte que ce n’était pas le bon restaurant et ce ne sera sûrement pas un plat qu’il pourra avaler sans se créer des problèmes de santé. Sa conscience lui parle, il crie à haute voix, pour que le garçon de service et le propriétaire du resto l’écoutent: L’addition s’il vous plait !

Il y a de cela cent jours que la  » RDC  » a sorti un président des « urnes ». La plus grande préoccupation de l’époque était donc « régler la crise de légitimité politique ». Ensuite, il y a eu cet empressement de faire assermenté le nouveau président, après avoir pris soin de pilonner et arrêter l’opposition qui commençait à se douter de la supercherie. La raison : Eviter qu’il y ait vide constitutionnel.

Aujourd’hui, cent jours après, bien que l’opposition soit intimidée et emprisonnée, donc inexistante, la crise de légitimité politique se fait toujours persistante. Pas parce que le peuple ne veut pas régler la crise, mais plutôt parce que ceux qui ont voulu à tout prix prendre le pouvoir, ne savent plus finalement quoi en faire. Les zaïrois d’antan diraient « un bien mal acquis ne profite jamais » et les congolais d’aujourd’hui se tourneront vers la bible en disant : Dieu n’abandonne jamais ses enfants.

Comme partout ailleurs dans le monde, les congolais font le bilan des cent premiers jours du président. Selon qu’on est : rouge ou bleu ; blanc ou noir, nilotique, bantou ou pygmée, le bilan est, pour les uns, ceux qui sont modestes ou mieux encore « inconditionnels d’amalgames », le bilan disais-je est : inexistant dès lors que le gouvernement a pris du retard pour sa composition. Foutaise ! Diraient les lucides. Que vient faire le nouveau gouvernement dans les cents premiers jours du président ? Quoi qu’il en soit, diront-ils, il y avait un gouvernement sortant. Celui avec lequel il a reçu tous ses invités. Celui avec lequel il a massacré les manifestants au Bas-Congo. N’est-ce pas qu’il y avait un ministre de l’intérieur, celui là même qui promet de s’en prendre aux survivants du massacre ? Donc, il y avait un président appuyé par un gouvernement. Son bilan est médiocre ou négatif quand on tient compte des cinq chantiers énoncés. La Constitution est souillée avec cette histoire de la nationalité, personne n’est arrêtée ni inquiétée pourtant on avait siffler la fin de la récréation et de l’impunité ; L’occupation du territoire congolais par des armées étrangères, pourtant on juré devant Dieu et les hommes de garantir la sécurité et l’intégrité du territoire; La persistance des violations des droits de la personne, pourtant il y a des prisonniers politiques et d’opinion, etc.

Au vu de tout ceci, quand on fait l’addition, on a une seule envie, celle de revoir le choix. A tous ceux qui se sont invités à la fête, au partage du gâteau, par faiblesse ou complicité du videur et du propriétaire du service de catering, le peuple congolais dit : Basta ! Il faut mettre fin à la cérémonie avant qu’il ne soit trop tard. Donnez-nous l’addition et partez. Sinon, c’est cet autre état du sud, celui qui commence déjà à réclamer son criminel de citoyen devenu depuis peu gouverneur d’une riche province congolaise, qui va s’inviter à la fête aussi pour montrer qu’il est à la page,qu’il est aussi « in » que les autres. Dieu seul sait combien d’autres états ont des gouverneurs, députés, ministres, journalistes virtuels et réels, présidents des institutions démocratiques qui sont dans cette catégorie de : Criminels et parias ailleurs, excellences et honorables en RDC. No Wonder why le débat sur la nationalité congolaise était taxé de xénophobe. Est-ce parce qu’ils voulaient tous assister, participer et contribuer au partage du gâteau ? Pour le moment, tout ce qui importe au peuple congolais c’est la comptabilité de tous les services offerts. Qu’ils soient vrais ou faux, donnez-nous l’addition s’il vous plait.

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