Thomas Lubanga Dyilo : Premier prévenu de la CPI ? 1597

Le lundi 29 janvier 2007 à La Haye, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé les charges à l’encontre de Mr Thomas LUBANGA DYILO

Il sied de rappeler que le Procureur de la CPI a porté des charges contre LUBANGA pour trois crimes de guerre :

1) enrôlement des enfants de moins de quinze ans;

2) conscription d’enfants de moins de quinze ans; et

3) utilisation des enfants de moins de quinze ans et leur participation active aux hostilités.

M. Lubanga a été arrêté en mars 2005, et remise à la CPI le 16 mars 2006.

En réponse aux charges contre M. Lubanga, la Chambre préliminaire la Chambre préliminaire I de la Cour pénaleinternationale a confirmé les trois charges portées par le Procureur à l’encontre de Thomas Lubanga Dyilo en ce qu’elles concernent la période allant de septembre 2002, date de la création des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), au 13 Août 2003. La Chambre préliminaire I a donc renvoyé l’affaire en jugement devant une chambre de première instance, dont la composition sera annoncée par la Présidence.

Cette confirmation des charges est une première victoire pour les victimes.

Nous devrons continuer le combat pour que les autres auteurs des crimes odieux commis au Congo et qui se trouvent aujourd’hui dans les institutions nationales puissent répondre de leurs actes devant la justice nationale et internationale. La lutte contre l’impunité au Congo est un processus lent mais indispensable à la réconciliation nationale durable. Ce processus englobe deux aspects « Devoir de mémoire » et « devoir de justice »

Devoir de mémoire

Un Etat ou une communauté ne peut se reconstruire sur un mensonge : La vérité doit voir le jour. Pour aboutir à cette vérité, la commission vérité et réconciliation est chargée de faire la lumière sur les crimes qui ont conduit au génocide congolais (5 millions de morts).

Devoir de Justice

Il est indispensable de poursuivre devant les juridictions nationales et internationales les auteurs des violations graves des droits de l’homme commises au Congo et de donner réparation aux victimes.

Le Club des Amis du droit du Congo, CAD en sigle saisi cette opportunité pour dénoncer le nouveau plan de colonisation du Nord Kivu conclue par le Rwanda et le président Joseph KABILA.

Au moment où la justice pénale internationale s’atèle à juger l’un des auteurs des crimes graves commis au Congo, le président Joseph KABILA s’arroge le droit d’accorder une « carte blanche » à Laurent NKUNDA, criminel recherché qui doit répondre de ses actes devant la justice nationale et internationale

Est-ce que la recherche hardie de la paix n’exclut pas le fait que certains acteurs politiques, si pas la majorité devraient répondre de leurs actions et décisions génocidaires dans la course frénétique au pouvoir devant le peuple duquel ils , nous pouvons dire exigent une légitimité.

Est-ce que la paix payerait à elle seule et au juste prix, les crimes tant physique qu’économiques commis par ces derniers ; si la paix indemniserait tous ces filles et fils congolais qui ont perdu des êtres chers sacrifiés au besoin de certains gens malvenues, anciens bourgeois et vassaux de certains régimes ou encore pseudo libérateurs sans desseins politiques ni vision sociétale en adéquation avec les exigences de gestion d’un pays sinistré à l’image du Congo. Pour nous, il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans vérité.

Président du Club des amis du droit du Congo

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