Le roi ne doit pas encore se rendre au Congo (De Standaard) 1540

15.01.07 Kabila mérite-t-il la confiance inconditionnelle du gouvernement belge ? Et du roi ? Pour Walter Zinzen, c’est prématuré. En effet, trop d’incidents émaillent encore la période postélectorale. Des incidents qui sentent le soufre.

C’est presque incroyable de constater que certains politiciens et certains hommes d’affaires veulent commettre à nouveau, à la vitesse de la lumière, dans le Congo de Kabila, toutes les erreurs qu’ils ont commises dans le Zaïre de Mobutu. De toute évidence sous la houlette du ministre libéral de la Coopération au Développement, Armand De Decker, une cohorte de dirigeants et d’hommes d’affaires veut inciter le roi Albert à se rendre dans notre ancienne colonie dans les plus brefs délais, dans l’espoir de bénéficier d’une part des contrats lucratifs qui parsèment à nouveau le pays.

Officiellement, le son de cloche est, évidemment, tout autre. « Le président Kabila mérite la confiance du gouvernement belge », a déclaré récemment George Forrest dans Knack. Forrest est le roi sans couronne du Katanga, où il possède de formidables intérêts financiers. Ailleurs, l’on avance que le chef d’État belge peut participer à la démocratisation et à la reconstruction du Congo dans le cadre d’une visite officielle au pays. Il suffit de remplacer le nom de Kabila par celui de Mobutu, et les arguments sont, pratiquement mot pour mot, identiques à ceux utilisés en 1970, lorsque le roi Baudouin effectua un voyage au Congo, à l’occasion du dixième anniversaire de l’indépendance.

Bien entendu, il y a une grosse différence : Mobutu était arrivé au pouvoir à l’issue d’un coup d’État, tandis que Kabila vient de remporter les élections présidentielles. Mais s’agit-il d’un argument suffisamment solide pour lui témoigner une confiance inconditionnelle ? Afin de répondre à cette question, il est utile d’examiner quelques événements, qui se sont déroulés après la victoire électorale de Kabila.

Il y a, tout d’abord, l’affaire Marie-Thérèse Nlandu, avocate et ancienne candidate à la présidence. Elle a été arrêtée et accusée de l’incendie criminel de la Cour Suprême de Justice (où les partisans de Bemba ont créé la pagaille), de détention illégale d’armes et de recrutement de militaires. Elle est détenue dans la fameuse prison de Makala à Kinshasa, où les conditions de vie sont réputées être atroces. Selon sa famille, elle a été victime d’une crise cardiaque, tout accès aux soins médicaux lui est refusé et elle est donc en danger de mort. Voici une version, provenant d’une source au-dessus de tout soupçon, qui a apporté quelque crédibilité : le tribunal militaire qui doit la juger a reporté le procès à dans trois semaines en raison de « maladie de l’accusée ».

Mais il n’y a pas que l’affaire Nlandu. Le président Kabila ne semble pas être enclin à mettre un terme aux activités de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), un soi-disant service de renseignements, responsable de la disparition de plusieurs dizaines de personnes à travers tout le pays. De même, l’armée et la police, mal formées, sous-équipées et sous-payées, sont toujours à la source de problèmes. Les médias congolais font régulièrement état d’incidents provoquant la mort de nombreuses personnes. Ainsi, à Goma, dans le Nord-Kivu, l’insécurité s’est sensiblement accrue au cours des dernières semaines. Les responsables de cette recrudescence de l’insécurité sont les militaires indisciplinés, qui non seulement volent la population civile mais qui, souvent, tuent également leurs victimes.

À Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga, riche en cuivre, trois manifestants ont été abattus par la police fin décembre. Il s’agissait de « creuseurs », des mineurs artisanaux, qui fouillent le sol, souvent à main nue, à la recherche de précieux minerais. Ils vendent leurs trouvailles, pour une bouchée de pain, à des acheteurs sans scrupules. Furieux, ils avaient envahi la ville, après avoir constaté que, un beau matin, ils ne pouvaient plus accéder à leurs champs de fouille. La société indienne Chemaf avait racheté la concession et chassé les creuseurs.

Ces creuseurs, traîne-misère illettrés, risquent véritablement leur vie. Au début de ce mois, dans une mine artisanale dans la région d’Uvira (Sud-Kivu), pas moins de 11 personnes sont mortes en raison de glissements de terrain. Ce drame est dû à l’ignorance totale de ces travailleurs, qui n’ont jamais entendu parler de mesures de sécurité.

Voilà pourquoi, dans l’absolu, il est bon que le gouvernement rétrocède l’exploitation minière aux entreprises professionnelles. Or, dans le cadre de l’attribution des concessions, personne ne se soucie des creuseurs, et encore moins, d’ailleurs, du reste de la population ou même du Trésor congolais. Les autorités congolaises actuelles s’occupent d’autant plus de leurs propres intérêts. Le journal congolais Le Potentiel a dévoilé, fin décembre, que les mines de diamant de MIBA (une société publique présentant une participation minoritaire de la société belge Diamond Boart) ont dû céder leurs parts les plus rentables à Sengamines.

Cette entreprise est une société congolaise-zimbabwéenne fondée par feu Laurent-Désiré Kabila. Le fils Joseph a repris les actions de son père. Précédemment, Het Belang van Limburg avait rapporté que la société minière britannique Brinkley Africa avait acquis le droit exclusif d’exploiter l’uranium congolais. Les autorités congolaises s’étaient cependant engagées à ne plus approuver de projets d’investissement jusqu’à la mise en place du nouveau gouvernement. L’accord passé avec Brinkley ressemble donc fort à une violation flagrante de cet accord. Or, les partisans de Kabila affirment que, jusqu’à présent, il a tenu toutes ses promesses.

Il convient de noter que tous les faits susmentionnés se sont déroulés après les élections. De plus, ils ont tous un fort arrière-goût mobutiste. (L’accord passé avec Brinkley a d’ailleurs été cosigné par une ancienne figure de proue du régime mobutiste).

Le roi Albert doit-il, dès lors, se comporter comme son frère et prédécesseur décédé et poser publiquement aux côtés de Kabila en qualité d’allié et d’ami de ce dernier ? Ou notre pays adoptera-t-il l’attitude de Karel De Gucht, qui plaide, à juste titre, pour une évaluation constamment critique de Kabila ?

Dans cinq ans, la première législature démocratique du président congolais viendra à son terme. Dans l’intervalle, une visite royale sera toujours bien opportune.

Walter Zinzen (L’auteur est un ancien journaliste de la VRT.)

© De Standaard, 15/01/2007

15.01.07 De koning moet nog niet naar Congo (De Standaard)

Verdient Kabila het onvoorwaardelijke vertrouwen van de Belgische regering? En van de koning? Walter Zinzen vindt het daar nog wat vroeg voor. Want er gebeuren nog net te veel incidenten zo vlak na de verkiezingen. Incidenten met een geurtje.

Het is haast niet te geloven hoe sommige politici en zakenlieden met de snelheid van het licht alle fouten, die vroeger gemaakt zijn in het Zaïre van Mobutu, opnieuw willen begaan in het Congo van Kabila. Kennelijk onder leiding van de liberale minister van Ontwikkelingssamenwerking, Armand De Decker, wil een cohorte bewindslieden en zakenmensen koning Albert zo spoedig mogelijk naar onze gewezen kolonie sturen, in de hoop alsnog een graantje mee te pikken nu er weer met lucratieve contracten wordt gezwaaid.
Naar buiten uit wordt natuurlijk een heel andere motivering gebruikt. ,,President Kabila verdient het vertrouwen van de Belgische regering », zei George Forrest onlangs in Knack. Forrest is de ongekroonde koning van Katanga, waar hij ontzaglijke zakelijke belangen heeft. Elders valt te lezen dat het Belgisch staatshoofd de democratisering en de wederopbouw van Congo kan ondersteunen door het land officieel te bezoeken. Vervang de naam Kabila door die van Mobutu en de argumenten zijn haast woordelijk dezelfde als die van 1970, toen koning Boudewijn een rondreis in Congo maakte, naar aanleiding van de tiende verjaardag van de onafhankelijkheid.
Natuurlijk, er is een groot verschil: Mobutu was aan de macht gekomen via een staatsgreep, Kabila heeft zopas de presidentsverkiezingen gewonnen. Maar is dat op zich voldoende om hem onvoorwaardelijk te vertrouwen? Om die vraag te beantwoorden is het nuttig eens te kijken naar een paar gebeurtenissen, die zich na de verkiezingsoverwinning van Kabila hebben voorgedaan.
Er is vooreerst de zaak Marie-Thérèse Nlandu, advocate en gewezen presidentskandidate. Ze werd gearresteerd op beschuldiging van brandstichting in het opperste Gerechtshof (waar aanhangers van Bemba keet hebben geschopt), illegaal wapenbezit en rekrutering van militairen. Ze is opgesloten in de beruchte Makala-gevangenis in Kinshasa, waar de levensomstandigheden legendarisch slecht zijn. Volgens haar familie heeft ze er een hartaanval gehad, worden medische zorgen haar onthouden en verkeert ze bijgevolg in levensgevaar. Een versie die geloofwaardigheid gekregen heeft uit onverdachte bron: het militair tribunaal dat haar moet berechten, heeft het proces drie weken uitgesteld wegens ,,ziekte van de beklaagde ».
Maar de zaak-Nlandu staat niet alleen. President Kabila schijnt niet van plan te zijn een einde te maken aan de activiteiten van de ANR (Agence Nationale de Renseignements), een zogenaamde inlichtingendienst, die verantwoordelijk is voor de verdwijning van vele tientallen mensen over het hele land. Ook leger en politie, slecht opgeleid, slecht uitgerust en slecht betaald als ze zijn, blijven voor problemen zorgen. Geregeld maken de Congolese media melding van incidenten, waarbij ook doden vallen. In Goma, Noord-Kivu, bijvoorbeeld is de onveiligheid de afgelopen weken gevoelig toegenomen. Verantwoordelijk daarvoor zijn ongedisciplineerde militairen, die de burgerbevolking niet alleen bestelen maar dikwijls hun slachtoffers ook vermoorden.
In Lubumbashi, de hoofdstad van de koperprovincie Katanga, werden eind december drie betogers doodgeschoten door de politie. Het ging om zogenaamde creuseurs, ambachtelijke mijnwerkers, die vaak letterlijk met de blote hand de grond omwoelen op zoek naar kostbare ertsen. Hun vondsten verkopen ze voor een spotprijs aan gewetenloze opkopers. Ze waren woedend de stad ingetrokken omdat ze op een goeie ochtend vaststelden dat ze hun werkterrein niet meer op mochten. Het Indiase bedrijf Chemaf had de concessie overgenomen en de creuseurs verjaagd.
Die creuseurs, ongeletterde armoezaaiers, riskeren trouwens sowieso hun leven. Begin deze maand zijn in een ambachtelijke mijn in de buurt van Uvira (Zuid-Kivu) minstens 11 mensen omgekomen als gevolg van grondverschuivingen. Oorzaak: volstrekte onkunde van de werkmensen, die van veiligheidsvoorschriften zelfs nooit gehoord hebben.
Het is daarom in principe een goede zaak dat de regering de mijnexploitatie weer in handen geeft van professionele ondernemingen. Maar bij de toekenning van de concessies bekommert niemand zich om de creuseurs, evenmin trouwens als over de rest van de bevolking of zelfs de Congolese schatkist. Des te meer zorgen de huidige Congolese machthebbers voor zichzelf. De Congolese krant Le Potentiel onthulde eind december dat de diamantmijnen van MIBA (een staatsbedrijf met een minderheidsaandeel van het Belgische Diamond Boart) zijn meest winstgevende onderdelen heeft moeten afstaan aan Sengamines.
Die onderneming is een Congolees-Zimbabwaans bedrijf dat is opgericht door wijlen Laurent-Désiré Kabila . Zoon Joseph heeft papa’s aandelen overgenomen. Eerder al had Het Belang van Limburg gemeld dat het Britse mijnbedrijf Brinkley Africa het exclusieve recht heeft verworven om het Congolese uranium te exploiteren. De Congolese overheid had er zich niettemin toe verbonden geen investeringsprojecten meer goed te keuren tot de nieuwe regering is aangetreden. De deal met Brinkley komt dus neer op een flagrante schending van deze afspraak. Toch beweren de Kabila-aanhangers dat hij tot nog toe al zijn beloftes is nagekomen.
Op te merken valt dat alle boven aangehaalde feiten zich hebben voorgedaan ná de verkiezingen. Ze hebben ook allemaal een hoog Mobutu-gehalte. (De deal met Brinkley is trouwens mee ondertekend door een voormalig boegbeeld van het Mobutu-regime).
Moet koning Albert zich dan ook maar gedragen als zijn overleden broer en voorganger en openlijk poseren als Kabila’s bondgenoot en vriend? Of volgt ons land de houding van Karel De Gucht , die terecht pleit voor een volgehouden kritische evaluatie van Kabila?
Over vijf jaar is de eerste democratische ambtsperiode van de Congolese president voorbij. Het is dan nog tijd genoeg voor een koninklijk bezoek.
Walter Zinzen (De auteur is voormalig VRT-journalist.)

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