En cette fin d’année 2006, la Belgique vient d’être secouée par l’annonce de la suppression de 4000 emplois sur près de 5500 à l’usine VW de Forrest à Bruxelles.
Dès l’annonce de l’information, tous les médias se sont emparés de l’événement. Des équipes de reportages ont quadrillé le site VW. Le micro a été tendu à tout le monde, ouvriers, syndicalistes, patrons, anonymes…Aucune femme ou homme politique belge n’est resté indifférent. De Corinne Le Parmentier Bourgmestre de la commune de Forrest à Guy Verhofstadt, Premier Ministre, tout le monde est monté au créneau.
Les principaux responsables des partis des politiques se sont retrouvés sur un même plateau de télévision avec les représentants des ouvriers dans un face-à-face franc, sans tabou ni protocole.
Pourtant, l’occasion était belle pour l’opposition de pourfendre le Premier Ministre : au début de son mandat, il avait promis la création de 200.000 emplois. A quelques mois des élections fédérales, le pays perd le plus grand employeur de la capitale.
En communion d’esprit, toute la Belgique s’est appropriée la détresse de ceux des leurs dont l’avenir venait de basculer du jour au lendemain.
Sans revenu substantiel désormais, ceux qui avaient contracté des crédits pour maisons et voitures, pourraient-ils-s’en sortir ? Comment sauraient-ils maintenir le même train de vie amplement mérité ?
Il y a eu des larmes, il y a eu des mots durs contre la multinationale VW, et même contre l’Allemagne. Le drapeau de celle-ci, aux même couleurs que celui de la Belgique, a été brûlé devant l’usine.
Passé le premier moment du choc, une grande mobilisation a commencé.
Cellules de crise, négociations, mode d’accompagnement des travailleurs qui perdraient leur emploi, coordination des actions, plan social, responsabilisation de l’employeur, revisite des clauses des conventions, interpellation de l’union européenne … Rien n’a été négligé.
Et premier point de chute de cette solidarité : Une manifestation interprofessionnelle ce samedi 2 décembre 2006 de la gare du Midi à la gare du Nord via place de la Bourse. Le soutien est diversifié. Des délégués viennent de France, d’Espagne et même d’Allemagne. Des milliers de manifestants dans la rue.
Avec une telle mobilisation, qui en Belgique pourrait encore ignorer le drame de VW Forrest ? En être indifférent ? Ce drame s’est imposé comme problème. Comme problème qui doit être résolu !
C’est là qu’on reconnaît la force d’une Nation. Plier sans jamais rompre, s’opposer entre adversaires politiques sans jamais sacrifier l’essentiel.
Une véritable leçon pour nous ressortissants des pays subsahariens.
Quand nos dirigeants ont comme premier réflexe de venir solliciter l’aide des pays occidentaux, sont-ils conscients qu’ils viennent en réalité aussi siphonner le fruit du dur labeur des simples citoyens ?
Des ouvriers de VW Forrest seront au chômage. Avec le temps, la plupart d’entre eux ne retrouveront-ils pas un nouvel emploi ? Par leur propre détermination d’abord, par le soutien des différentes structures de l’Etat ensuite, et par la solidarité nationale enfin. Le fruit de la sueur de leur front ne viendra-t-il pas de nouveau renflouer les caisses de l’Etat ?
Et à ce moment-là, ne verra-t-on pas d’autres « dignitaires » négro-africains venir encore faire la manche à Bruxelles ?
Le temps n’est-il pas venu pour que les dirigeants africains comprennent qu’à la base de la richesse d’une Nation, il y a le citoyen ? Mais le citoyen à qui on reconnaît toute sa valeur.
Les femmes et hommes politiques belges ont fait preuve de beaucoup de sens de responsabilité et d’humanisme. A l’heure de la mondialisation, l’humanisme et la solidarité devraient-ils s’arrêter aux frontières d’une Nation ? Ne devraient-ils pas être planétaires ? La racine du drame de VW Forrest ne se trouve-t-elle pas hors de la Belgique ?
Pour un réel humanisme, la solidarité entre les peuples s’impose aujourd’hui. La coopération pourrait mieux s’en porter, la paix dans le monde également.
