Que faire maintenant? 1420

Finalement on ne sait pas grand chose de soi, comme disent les psys. Des « nationalistes » congolais avaient présumé que la cause nationale ne pouvait qu’avoir l’adhésion incontestable d’une large majorité de gens du pays et qu’il était peu probable qu’un inconnu remporte la présidence de l’État congolais. Eh bien ils s’étaient trompé, sauf l’UDPS. Des provinces de l’Est ont bel bien voté massivement pour Kabila, non pas une fois mais deux. Sans oublier 32 % de voix à Kin et l’appui considérable de « politiciens » de tout bord à cette candidature surréaliste.

Dans tous les cas, le vin est tiré et qu’il va peut-être falloir le boire, peu importe son goût. Il faut savoir reconnaître ses bobos pour pouvoir les soigner ou vivre avec si elles sont incurables sinon c’est le suicide.

Bien sûr que Bemba a remporté, massivement, les élections dans 6 provinces sur 11 et que le camp Kabila a non seulement beaucoup triché mais bénéficié de trucages inscrits dans la structure même du processus électoral. Il faut cependant reconnaître que cela était prévisible et que de toute manière 5 provinces et autant d’appuis politiques ce n’est pas rien non plus. Des corrompus allez vous dire mais cela ne change rien à la situation.

Que faire maintenant ? « Nous n’aurions pas dû cautionner cette mascarade » dit notre Mpuila national. Il a raison mais c’est fait. La guerre disent ceux qui ne la feront pas mais qui comptent sur d’autres qui eux mêmes ne savent pas très bien contre qui se battre. La séparation Est-Ouest disent des coléreux qui ne savent plus quoi penser. À ce propos, où se trouve la frontière entre l’Est et l’Ouest de notre pays et depuis quand ? Il n’y a pas très longtemps on parlait du nord et du sud, vous vous en souvenez ? Alors soyons sérieux.

Calme chers compatriotes, « likambo ezuaka nzete te » et vous savez qu’au Congo même des avions peuvent tomber sur des gens. M’en fou ? Non, think twice. C’est le temps de prendre un peu de recul, de dépasser cette immense colère collective qui est légitime et qu’il faut reconnaître. Il reste qu’il faut faire la part des choses et c’est le temps.

Qu’est-ce qui a été perdu et qu’est-ce qui a été gagné ? Qu’est-ce qui risque d’être perdu encore ou gagné et comment ?

Énormément de gains ont été faits par le peuple congolais, dont certains sont concrets et d’autres moins mais très structurants pour notre société. Un parlement national avec un profil très éclectique a été mis en place, il ne peut pas être complètement mauvais à moins que nous le soyions aussi. Des Maï-Maï ont fait élire un député à Boende alors que le PPRD est présent à Gbado, le MLC au Katanga, etc. Des universitaires y cotoient des gens d’affaire ou des managers de renom tel que Tshiongo. Les partis politiques se sont tous forcés d’adopter une couleur nationale, un gain précieux même si la corruption ambiante ne permet pas encore d’en retirer le plein potentiel. Qu’avons-nous gagné d’autres ? Des présidentiables compétents, désormais reconnus comme tels par la population : Bemba, Lunda, Kashala, etc. Une presse combative, une diaspora engagée, des exigences politiques formelles que le génie de Kabila va découvrir. Ce qui reste à gagner ? Le respect des droits, l’intégrité dans les affaires publiques, la performance des services publics, etc. Ce combat ne peut sûrement pas se faire par la guerre. Au contraire cette dernière, sans jamais nuire aux prédateurs, les aide à camoufler leur incompétence et à piller encore plus.

Que faire maintenant alors ? Réviser les exigences. Commencer, par exemple, part accepter et soutenir un éventuel partage du pouvoir entre Kabila et Bemba, sous certaines conditions… réviser les stratégies d’opposition.

Bonnes chances.

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