UDPS – UN : « Message à ceux qui auront perdu la mémoire! » 1301

Un débat très passionné bat son plein au sein de la famille UDPS autour du soutiens ou pas de Jean Pierre Bemba au second tour de l’élection présidentielle. Chaque responsable politique est appellé à se positionner individuellement vis-à-vis de cette question. Nous vous livrons la prise de Position de Mr Raphaël Kashala du bureau de représentation de l’UDPS/Benelux. A lire et à commenter.

Bruxelles, le 1 octobre 2006. Faisons appel à notre passé pour qu’il parle à ce présent, afin de nous éviter de retomber dans des erreurs prévisibles !

La situation politique qui prévaut actuellement nous ramène, à s’y méprendre, à la passion qui, entre octobre 1996 et mai 1997, avait envahi le Parti, finissant par emporter un grand nombre de cadres, dont certains continuent, aujourd’hui encore, à errer dans les limbes, entre « paradis et enfer », à la recherche de repos! Rappelons-nous, il y a dix ans déjà, la rébellion de l’AFDL faisait rage à l’Est. La passion était alors à son comble et le PN avait subi des assauts ininterrompus par certains qui l’avaient traité de tous les noms, culminant par celui de traître, à la suite de son voyage à Cap Martin (Nice) en Novembre 1996. Pourtant cette démarche du PN découlait naturellement de notre philosophie de non-violence et du respect des textes. Il s’agissait alors de choisir entre l’exigence fondamentale de l’application des résolutions de la CNS bafoués par Mobutu et l’alignement aveugle derrière l’AFDL. L’UDPS et son Président firent l’heureux choix de privilégier l’instauration d’un Etat de droit démocratique au Congo en dénonçant l’arbitraire. C’est grâce au refus d’aliénation de l’UDPS à l’AFDL et la dénonciation de l’emprise sournoise des étrangers sur le pouvoir de l’AFDL que la nation fut sauvée d’un asservissement total. La plupart de nos cadres avaient alors quitté le bateau UDPS pour s’embarquer dans le train de l’AFDL, qui en passant, s’était servi des thèmes de notre parti et de nos combattants pour se donner une contenance.

Nous nous souviendrons notamment en l’occurrence des déclarations moqueuses de certains hauts responsables de l’époque qui n’hésitèrent pas à dire qu’ils « préféraient s’embarquer dans le train de l’AFDL pendant que celui-ci se trouvait encore en stationnement en gare, avant qu’il ne se remit en marche ». Aucune autre considération, ni aucun préalable qui fondent les objectifs politiques de la lutte de l’UDPS ne leur semblait utile, tout ce qui leur importait était leur montée à bord d’un train dont ils ignoraient l’itinéraire, en faisant allégeance au mouvement AFDL et à son « roi ». Nous connaissons tous aujourd’hui le parcours emprunté par ce train qui nous a conduits au travers des plus grands drames qu’ait jamais connus le pays, ainsi que la moisson de la semence pour chacun de ceux qui s’étaient embarqués à bord de ce train !

Nous revoici aujourd’hui, devant un dilemme identique où l’UDPS est confrontée au choix entre la poursuite de la concrétisation de ses propres orientations fondamentales réfléchies et la satisfaction d’un objectif qui lui est étranger au contenu flou. L’UDPS pourrait-il se retrouver dans ce jeu de dupes où il doit juste cautionner un choix ultime pour lequel toutes les étapes intermédiaires du jeu lui ont été interdites ? Nous savons tous pourtant, pour l’avoir suffisamment souligné au Parti, que ce processus est vicié et qu’il porte en son sein des germes de son autodestruction. La preuve en a été faite au lendemain de l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Le monde a assisté pendant 3 jours, du 20 au 22 août, à « la guerre des gangs » qui s’était déroulée dans la capitale, en semant la mort et la désolation. Le 25 août, 5 Représentants de l’UDPS extérieure signaient un communiqué, mettant le monde en garde contre le chaos qui se profile au bout du second tour des élections, en rappelant la position de l’UDPS vis-à-vis du processus en cours. Cette position, endossée par le PN dans une dépêche faite au journal le Phare du 26 août est la position officielle qui a été réitérée dans le communiqué de mise au point du 26 septembre dernier par deux autres organes centraux du Parti, sous la signature de MM Mubake et Masamba, respectivement Président du Comité National et Secrétaire Général.

Il faut également savoir que notre parti est une organisation possédant des structures et un mode de fonctionnement qu’il sied de respecter. Ainsi, lorsque l’Exécutif du parti, en concertation avec le Comité national représentant les délégués de la base et de toutes les fédérations s’est déclaré dans un communiqué officiel, il me semble évident que toute position ultérieure contraire d’un membre ne peut être qu’une rébellion. Et le parti doit sévir en conformité avec les statuts et le règlement d’ordre intérieur. Certes, tout membre a le droit de s’exprimer, mais sa position ne peut, en aucun cas se substituer à celle de la Direction politique !

Comment peut-on s’expliquer le fait qu’après avoir dénoncé le processus électoral actuel, en dehors duquel l’UDPS se trouve, par la volonté de tous les animateurs de la transition sans exception, plusieurs cadres aient, aujourd’hui, perdu leurs repères par rapport aux objectifs cruciaux et sont prêts à perdre leur âme, en se faisant phagocyter dans un processus moribond ? Auraient-ils vraiment oublié que si l’UDPS se trouve hors du processus, c’est parce que tous les animateurs de la transition (PPRD, MLC, RCD,…..) se sont coalisés pour l’en écarter ; et que aucun d’entre eux n’a montré le 10ème du zèle dont font preuve certains responsables de l’UDPS aujourd’hui pour « faire allégeance…… ». Sincèrement, qu’allons nous politiquement récolter après que nous aurons fait si bassement allégeance dans ce processus où le Parti n’est pas représenté ? Est-ce le moment où il faut se raviser pour intégrer un processus vicié en immolant notre parti et nos combattants sur l’autel de l’allégeance?

Qu’aura signifié tout le combat mené par le parti pendant plus d’un an en vue de l’amélioration de ce processus dont nous sommes demeurés exclus pour qu’aujourd’hui nous cherchions à nous y impliquer sans condition alors que nous avons eu un échantillon du mal qu’il représente ? A quoi cela rimerait-il ? Cela ne reviendrait-il pas finalement à reconnaître et à avaliser le processus qui a été dénoncé, et pour lequel le Parti, en tant qu’entité ne récolte aucune retombée ? Cela n’équivaudrait-il pas son acceptation en cherchant à monter à son bord en passant, non par la porte ni par la fenêtre, qui sont demeurées hermétiquement fermées par la volonté des animateurs de la transition (PPRD, MLC, RCD,…), mais par un trou aménagé à la sauvette dans la remorque, pour accompagner un convoi destiné à aller se fracasser dans le ravin ! Alors dans ce cas, il aurait fallu, dès le départ, monter à bord du train afin de participer à tout!

Ressaisissons-nous et envisageons l’avenir selon les critères qui feront prévaloir nos principes et nos objectifs politiques. Aujourd’hui, certains membres ont, en apparence, perdu la mémoire et semblent privilégier des considérations émotionnelles. Aujourd’hui, face aux enjeux, de nombreux membres semblent être dans le désarroi et se précipitent pour saisir l’ombre et non la proie. Il est certes difficile d’admettre « l’apparence de demeurer sur le carreau » alors que les autres sont appelés à festoyer après les élections. Il faut se détromper, car cela n’est qu’un mirage qui risquera bientôt de laisser un goût amer dans la bouche de ceux qui auront pris l’option de s’engouffrer dans un processus dont l’UDPS a été délibérément exclue. Aurions-nous si peu de perspicacité pour oublier si tôt que ce dont il s’agit ici est la participation à des élections dont l’UDPS a été exclue délibérément, un processus vicié largement dénoncé, un processus pour lequel la majorité de nos combattants a accepté de ne pas s’enrôler suite à des déclarations médiatiques intempestives de certains responsables, les mêmes, déclarations endossées tacitement par le parti sans aucun débat interne en juin 2005! Comment pourrions-nous expliquer à la majorité de nos combattants ce revirement soudain face au processus ? Est-ce un respect pour eux ? Que gagnerait l’UDPS dans cette situation ? Serait-on par hasard entrain de voir se concrétiser « le bal des chauves » de fameuse réputation ?

Il est heureux, contrairement à la situation de juin 2005, que le Parti se soit ressaisi à temps en faisant une mise au point bénéfique qui lui a redonné son âme, en le maintenant debout et en évitant le renouvellement d’un endossement tacite de positions intempestives et individuelles sur la place publique de quelques responsables qui risquaient d’aliéner toute l’organisation. L’Exécutif du parti a joué son rôle ! Pourvu qu’enfin la discipline règne !

Soyons perspicaces et ne nous laissons pas déborder par les sentiments au détriment de la raison. Nous avons été écartés délibérément du processus et nous savons ce qu’il en advenu, après le premier tour des élections. Le deuxième tour, pour lequel les enjeux sont plus pointus encore risque d’apporter son chapelet de malheurs.

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