Les sportifs des quartiers populaires de Kinshasa ont formé des gangs. Ces gangs s’affrontent à tout moment dans les rues de Kinshasa, sous une forme d’intifada. Des jets de pierres, bouteilles,couteaux, et mêmes des affrontements à corps à corps. Tout cela, au vu et su d’une police amorphe.
Il est 10 heures du matin. Le quartier Yolo-Sud au coeur de Kinshasa s’est réveillé dans un fracas de pierre. Du sang sur la rue. Durant toute la nuit, sur la chaussée Kimwenza, les Californiens de Yolo ont affronté les Troupes indiennes. Une bataille sans relâche qui a fait deux victimes. Un passant a ramassé une pierre sur le dos, et un des combattants a péri, écrasé par une pierre à la tête.
Hormis les commentaires et les quelques discussions au coin de la rue, le quartier semble revenir au calme : « Nous sommes habitués à voir cela. » Me confie un témoin de l’affrontement.
Les témoins ne peuvent pas voir le champ de bataille, de peur de recevoir un coup du hasard. On se terre, on se cache. Les bagarreurs arrachent tout sur leur passage. Ils prennent tout ce qu’ils trouvent, même les petites échoppes et étalages des magasins.
Le phénomène Kuluna a succédé au tristement célèbre Kata kata. Ce tueur anonyme qui tuait et dépeçait ses victimes avec une machette. Si en 2000 il s’agissait juste des affrontements entre deux personnes soutenues par leurs clubs de sport respectif; maintenant ce sont des combats institutionnalisés, des vrais guerre de gang. A tel point que les sportifs de Yolo Sud ne peuvent pas passer à Yolo Nord, ceux de Yolo Nord avec ceux de Kauka, ceux de Kauka à Matonge,… et ce sur tout le territoire de la ville de Kinshasa.
A la question de savoir pourquoi l’on ne met pas fin à cette déviation délinquante, un officier de l’armée répond que c’est politisé. « J’ai rencontré ces jeunes gens à table chez des autorités politiques, des pasteurs et hommes d’influence.
Il tient lieu de signaler que ce ne sont pas des enfants de la rue, mais des jeunes gens sans éducation, vivant chez leurs parents, ayant pour la moyenne 15 16 ans, pratiquant des sports de combat, et drogués de surcroît.
Si le phénomène connait une certaine baisse pour le moment, c’est certainent à cause du répit que l’on observe depuis un certain temps, entre les deux tours des élections présidentielles. On craint le pire, aux alentours de la date fatidique du 29 octobre, date prévu pour le second tour des présidentielles.
