A Kinshasa, toutes les femmes veulent être belles et pour cela elles appliquent des produits éclaircissant. Les fabricants de ces produits et les agences de publicité sont entrés dans la danse avec des affiches publicitaires et des spots à la télévision. Phénomène de mode, ou fascination pour la femme à la peau claire, les dames kinoises affirment pour attirer, il faut avoir un teint clair et acceptent les conséquences.
Ces produits éclairecissants contiennent très souvent de l’hydroquinone pour donner à la peau le caractère claire. De l’avis des médecins, l’hydroquinone est très mauvaise pour la santé de la peau. Mais les fabricants de ces produits ne manquent pas d’ajouter des mentions comme « ne contient pas d’hydroquinone », « garantit la santé de votre peau ». Le lait de beauté qui a pendant longtemps occupé les affiches publicitaires a cédé la place à d’autres produits considérés comme éclaircissant. C’est le monde à l’envers. Ces produits interdits par tous les médecins font l’objet d’éloges, à travers les médias qui ont un rôle d’éducateur et de sensibilisateur. Ce qui est grave dans tout cela, c’est qu’avec cette politique, leurs promoteurs participent à la destruction de la société et ne sont inquiétés par personne. Ils incitent les femmes qui achètent ces produits nuisibles à leur santé. Certains, friands de nouveautés, vont les acheter car ignorant les méfaits de l’usage de ces produits. Il faut dire que les produits éclaircissant jugés dangereux pour la santé de la peau par les dermatologues n’avaient jamais fait auparavant l’objet d’exhibition. Ils se vendaient à des personnes bien connues et leurs « bienfaits » sur le corps n’ont pas été loués par le biais de la publicité comme on le voit aujourd’hui. La guerre des marques jusque dans le foyer La publicité a été longtemps réservée aux nouvelles marques de voitures, de produits alimentaires, de produits cosmétiques de qualité, aux agences de voyages et même pour mettre en garde. A titre d’exemple, un spot publicitaire annonce que « le tabac nuit à la santé ». Mais sur les 43 chaînes de télévision que compte la capitale congolaise, on voit plus de publicité des produits éclaircissants que des aliments par exemple. La beauté est le premier attribut conféré par la société à la femme. Celle ci ne lésine pas sur les moyens pour se faire belle et répondre aux critères établis par la société. Avec notre approche genre nous essayons de mettre les femmes dans des domaines où elles étaient absentes afin de les valoriser davantage. Pour que le combat contre toutes ces pratiques soit gagné, il faut que les femmes soient conscientes qu’elles ne sont pas des instruments et dans la même foulée qu’elles soient fières de la beauté de leur teint naturel. Les dermatologues ont tiré sur la sonnette d’alarme afin de mettre en garde les populations sur les méfaits de la dépigmentation devenue un phénomène social à Kinshasa. Les produits éclaircissant contiennent en général des substances toxiques telles que les corticoïdes, les dermacorticoides, l’hydroquinone qui fragilisent la peau, selon les spécialistes, et conduisent à des troubles pigmentaires ou à une hyper pigmentation. L’usage de dépigmentation peut entraîner à titre d’exemple, une baisse de l’humidité de la peau. De même, les adeptes des produits éclaircissants sont souvent victimes des glucuses qui se manifestent rarement chez les individus sains. Il s’y ajoute que certains tubes réduisent les éléments dermiques essentiels (fibres, tissus) qui permettent à la peau de lutter contre les infections. La gale simple, les vergetures (rupture de certaines fibres de la peau), le rétrécissement de la peau qui rend les veines visibles sont entre autres des anomalies qui résultent de la pratique des produits éclaircissants.
