Dossiers sales (2) 1017

Nous avons écrit, ici même, qu’Azarias Rub s’était livré, l’autre week-end, à l’autocritique et à la critique. C’était devant une foule d’intellectuels chrétiens catholiques participant à sa conférence-débat organisée à la paroisse Sainte Anne de la Gombe. Rub, pour ceux qui feignent de ne pas assez connaître ses centres d’intérêt, est non seulement l’un de ces nombreux vice-présidents de la Rdc en transition, mais il est aussi et fondamentalement le président de l’ex-rébellion Rcd et, accessoirement, un chrétien politique engagé. A ce dernier titre, il peut consciencieusement sécher les réunions du gouvernement – souvent sans impact positif pour le peuple – afin de participer à des réunions de prière aux Etats-Unis d’Amérique.

C’est donc dans le cadre de son engagement chrétien que, souvent, il parle. Qu’il dénonce. Qu’il propose sans passion. Il sait, on le sent, ce que mesure veut dire. Et ce qu’excès signifie.
L’autre «dossier sale de la transition» qui a retenu l’attention de Rub, a concerné les 28 millions de dollars sortis du trésor public en juin 2004. Cette année là, Laurent Nkunda avait entraîné dans la mutinerie une partie de l’armée nationale, composée exclusivement de caporaux et autres officiers banyamulenge. Pour mater le rebelle, l’armée loyaliste avait besoin d’une logistique appropriée. L’appel de fonds étant lancé, les vautours de Kinshasa ont sauté sur l’aubaine. Ils ont décaissé 28 millions de dollars en une soirée, sans en informer le vice-président constitutionnel en charge des questions de Défense ! La même année, le soulèvement des soldats banyamulenge à Kanyabayonga – toujours les mêmes – a dopé la gloutonnerie de la hiérarchie politico-militaire maffieuse de Kinshasa. Elle a empoché 10 autres millions. Non pas de dollars canadiens. Mais de vrais dollars yankees.
Quel sort a été réservé à ces 30 millions ? Rub enfonce la porte : «Une bonne partie a été détournée». «Par qui ?» La question est venue des auditeurs. Réponse sibylline de Rub : «Tant que le comportement du dirigeant congolais face à la caisse publique restera le même, il sera difficile au pays de s’en sortir». En cause : «le pouvoir parallèle».
En déplorant ces actes, Rub a mis les Congolais en garde. Le message qu’il a livré est clair : «Réagissez négativement à la campagne à l’américaine que vont mener certains candidats au moyen de l’argent détourné du trésor public». Le message s’adresse aux fonctionnaires, enseignants, médecins et activistes de l’informel.

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