Le racisme est un problème mal posé. 909

La bêtise et la haine, c’est-à-dire le racisme, ont tué récemment plusieurs fois. Ce fut le cas à Anvers. Ailleurs, on s’est borné aux coups et blessures. Il n’y a donc lieu ni de montrer Anvers du doigt, ni de soupirer avec soulagement que les Francophones n’en feraient pas autant. Je me bornerai ici à rappeler un fait : le Vlaams Belang (ex-Blok) ne pose un problème en Flandres, et en particulier à Anvers (un bon 30 % des voix), que parce que les fascistes flamands sont TOUS au VB. La soi-disant « insignifiance » de l’extrême droite wallonne vient uniquement du fait que les continuateurs francophones du grand Adolf et du beau Léon (Degrelle) ont toujours été aux diverses consultations électorales, divisés en de multiples listes concurrentes. Au Sud du pays, c’est l’abondance excessives des « Führers » qui fait cette insignifiance, plus que le manque d’égarés prêts à voter pour ce genre de sagouins.

Inutile de dire que, quand on préside une association qui s’intitule « Dialogue des Peuples », on se sent à la fois blessé, interpellé et écœuré, encore plus peut-être que les autres, par des événements come ceux qui se sont récemment produits. Peu auparavant, il y avait eu le meurtre de Joe Van Holsbeek, et, là aussi, j’avais entendu des choses que je n’aime pas. Tant qu’on a cru le meurtrier « Nordaf’ », il y a eu tous les vieux cons qui l’avaient reconnu : c’était bien sûr le jeune Mouloud un peu rouleur de mécaniques, deux maisons plus loin… Et quand il s’est avéré que le suspect était Polonais, il y a eu ce lâche soulagement : Polonais, oui… mais gitan ! Ce n’était pas un bon Polonais blond aux yeux bleu, mais un individu de race louche et d’ethnie suspecte… D’ailleurs, ça expliquait jusqu’au couteau…. Bien sûr, on n’évoquait pas trop explicitement l’opinion de l’oncle Adolf, qui les gazait allègrement, mais enfin… Enfin, une fois encore, devant des crimes révoltants, on voit surgir de recoins obscurs les obsédés de la guillotine et les maniaques du peloton d’exécution : « des crimes si monstrueux… peut-être que le rétablissement de la peine de mort… »

Pouah !

Puis il y a eu les palinodies indécentes de certains, tentant de trouver les causes de la tuerie d’Anvers ailleurs que dans le fait que le tueur a baigné depuis l’enfance dans une atmosphère imprégnée des miasmes du racisme. Il était paraît-il « accro » aux jeux vidéo violents… Ben tiens ! Voilà pourquoi votre fille est muette !

Alors, soyons clairs : j’écris avec colère et amertume. J’écris même de façon agressive. Je n’ai nulle intention de m’en excuser. L’intolérable ne se tolère pas ! Et l’agressivité est un excellent stimulant pour la légitime défense. La défense de quoi ? De la Dignité Humaine ? De l’Ordre Public ? Du Droit ? Des Institutions ? Même pas ! La défense de la simple raison ! Car, disons le tout net, vouloir trouver entre les êtres humains des critères de classement en « races », parmi lesquelles il y en aurait de « supérieures » et d’ »inférieures », de plus ou moins « dangereuses pour la loi et l’ordre», c’est de la démence ! Etre aveugle à l’évidence que les hommes sont égaux entre eux, qu’il n’y a entre eux que des différences et des inégalités individuelles , mais aucune qui soit collective, c’est tout simplement être fou !

Certes, il y a environ 200 ans, cette folie parut politiquement souhaitable et fit l’objet de doctes ouvrages. Cela répondait à une triple nécessité qui se posait à la classe dominante. Il fallait camoufler que la Révolution française (et ses petites sœurs) étaient un épisode de la lutte des classes, par lequel la bourgeoisie d’argent accédait au pouvoir en en dépossédant la noblesse, et on en fit un rejet, par le peuple « gallo-romain » des « envahisseurs germaniques ». Il fallait justifier le modèle politique dans lequel se coulait ce nouveau pouvoir : l’Etat-nation. Il fallait enfin justifier la ruée de l’Europe sur les richesses détenues par des « peuples de couleur » : l’esclavage d’abord, la colonisation ensuite. Etait-ce folie collective ? Peut-être… Après tout, pendant les hostilités, il n’est pas rare que l’on aille chercher, derrière les barreaux, des gens peu recommandables en temps de paix, mais dont les tendances meurtrières peuvent être utiles en temps de guerre… Se cramponner au discours justificateur d’une époque révolue, est-ce tellement différent de se prendre pour Napoléon ?

Etant posé donc que le racisme n’est ni une théorie, ni une idéologie, mais tout simplement une maladie mentale, pourquoi ne pas agir en conséquence ? Car enfin, nul ne contestera, surtout après les faits évoqués ci-avant, qu’il est dangereux ! Ce qui fait problème, ce n’est pas de reconnaître ou de définir le danger qu’il représente. C’est de savoir à quelle catégorie d’actes on a affaire. Or, si nous considérons qu’il s’agit, non seulement d’un danger, mais d’une folie dangereuse, qu’en découle-t-il ?

Il en découle que toutes les tentatives maladroites et inefficaces de légiférer en la matière se trompaient de cible. La folie ne relève pas de la loi, mais de la psychiatrie et de la défense sociale. Quand quelqu’un commet des actes dangereux pour lui-même ou pour autrui (et je me permets de remarquer que tenir des discours, encore plus les imprimer et les publier, ce sont là des ACTES), la seule décision que la loi puisse prendre, c’est de l’interner. En principe jusqu’à sa guérison, mais il est fort à craindre que l’on ait ici affaire à des incurables. Hitler les eût fait bénéficier d’une clémente mesure d’euthanasie… Je ne suis pas Hitler.

C’st clair, n’est-ce pas ? Pourquoi n’agit-on pas en conséquence ? Pourquoi ? Mauvaise question ! Demandez plutôt « Qui y a intérêt ?»

Organe de l’asbl « Dialogue des Peuples »
Pauvres, mais honnêtes, nous paraissons quand nous pouvons, et notamment le jeudi 25 mai 2006

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