Sur le plateau de télévision de « Sango Malamu TV » et « Molière TV » Valentin Mubake déclare que tout l’espace présidentiel congolais inéligible, car dit-il, ces gens ont pris des passeports des pays qui les avaient hébergés et ils se sont présentés aux négociations d’Afrique du Sud avec ces passeports-là. Donc, s’ils étaient de congolais, ils ont dû en prenant le passeport d’un autre pays, renoncer à la nationalité congolaise, celle-ci étant une et exclusive, ne pouvant être détenu concurremment avec une autre.
Décidemment, c’est la saison des révélations à l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social). L’opinion n’a pas encore fini de digérer les informations livrées par Mr Jean-Baptiste BOMANZA, porte-parole du parti de Limete sur l’accointance de Malu Malu avec le parti de Joseph Kabila et la présence de Mr Louis Michel dans l’exploitation minière au Kasaï, que mardi 11 avril 2006 dans la soirée, Mr Valentin MUBAKE, président du conseil national (parlement) de l’UDPS revient à la charge sur deux chaînes de télévision : Sango Malamu TV et Molière TV.
A l’ordre du jour, toujours le même sujet : l’exclusion de l’UDPS du processus électoral. Les téléspectateurs ont encore eu droit à ce rappel du processus de normalisation politique, de la conclusion de l’Accord Global et Inclusif, à Sun City, Afrique du Sud, au dépôt des candidatures, en passant par l’appel au boycott de l’opération d’enrôlement des électeurs, le passage de la délégation du conseil de sécurité de l’ONU et l’ouverture des négociations à la MONUC entre le MLC, le RCD, le PPRD et l’UDPS sous l’égide du CIAT (Comité International pour l’Accompagnement de la Transition), et le boycott du référendum constitutionnel.
MUBAKE a, comme à son habitude, justifié le boycott de l’opération d’enrôlement, non seulement par la non existence d’un fichier électoral central accessible à tous, mais aussi à cause de l’absence du recensement administratif de la population. Il regrette que Malu Malu un simple curé de campagne qui n’est même pas démographe ait décidé d’autorité de faire des projections démographiques sans la moindre étude scientifique préalable au point de projeter, par exemple la population électrice de Tshilenge, pourtant le coin le plus peuplé du pays, à 40.000.haitants et celle de Manono à 200.000. C’est à partir d’ici que MUBAKE flaire déjà la tricherie à vaste échelle, car les chiffres des populations électrices des coins que Malu Malu pense favorables à son candidat ont été grossis, le nombre des sièges au parlement étant fonction de la taille de la population électrice.
L’entrée de l’UDPS à la CEI et à la HAM était une décision du CIAT !
De sa verve coutumière, celui que ses détracteurs disent plus radical que Tshisekedi n’épargne pas non plus les membres du CIAT. Ces derniers sont tenus pour responsables de l’exclusion qui frappe le parti du Sphinx. Mubake rappelle que sur instruction du conseil de sécurité de l’ONU, le CIAT avait convoqué des séances exploratoires entre les trois belligérants majeurs (MLC, RCD et PPRD) et l’UDPS sur l’implication de cette dernière dans le processus électoral. Au cours de ces réunions, il avait été demandé à la fille aînée de l’opposition de donner un signal fort de sa volonté d’implication. Quant au CIAT, aux dires de Mubake, il s’était engagé à obtenir la réouverture des bureaux sur toute l’étendue du Congo pour l’enregistrement des membres de l’UDPS, le règlement dans 48 heures de la question de l’homonymie et l’entrée de l’UDPS aux bureaux de la CEI (Commission Electorale Indépendante) et la HAM (Haute Autorité des Médias) pour avoir le contrôle, à l’instar de tous les autres protagonistes, des rouages du processus électoral. Foi d’un ambassadeur d’un pays membre influent du CIAT dont Mubake tient pour le moment secret le nom, mais qu’il promet de révéler très bientôt. Amer, le collaborateur de Tshisekedi invite l’opinion à se demander où va le monde quand des hommes d’Etat des pays dits civilisés ne tiennent même plus leur parole.
Plénipotentiaires de la communauté internationale : un conglomérat d’affairistes
Selon Mubake donc, la réouverture des bureaux d’enrôlement, l’intégration de la CEI et de la HAM, avaient fait, avec le règlement de la question de l’homonymie, l’objet d’une promesse ferme des ambassadeurs membres du CIAT, et que Tshisekedi dans son discours du 2 janvier 2005 n’avait fait que rappeler aux plénipotentiaires de la fameuse communauté internationale qu’il leur restait à honorer leur engagement, lui ayant rempli sa part du contrat en donnant le signal fort demandé.
Le journaliste fait quand même remarquer à Mubake que l’UDPS aurait dû exiger de la part des ambassadeurs un document écrit au lieu de se contenter par naïveté d’un engagement verbal. Ce à quoi Mubake rétorque qu’ils ne pouvaient pas mettre en doute la parole d’hommes d’Etat, surtout que ceux-ci représentent les Etats dits civilisés. Mubake le sait, c’est sa parole contre celle de William L. SWING et ses homologues. Il leur laisse encore le temps d’honorer leur engagement, au lieu de s’entêter à vouloir organiser une parodie d’élections pour faire prendre le pouvoir au protecteur de leurs intérêts maffieux. Celui que d’aucuns présentent comme le numéro deux de l’UDPS affirme que tout ce beau monde des représentants de la communauté internationale s’adonne aux affaires illicites dans des concessions minières au Katanga et au Kasaï, et ne voudrait, pour rien au monde, voir se stabiliser la situation du Congo. Devant l’étonnement du journalisme qu’il estime partagé par les téléspectateurs, Mubake illustre ses propos par le fait que rien ne change dans la région des Grands Lacs Africains alors que l’Union Européenne y a dépêché un envoyé spécial permanent depuis plus de 10 ans.
L’homme de Limete ne se contente pas seulement d’avancer des affirmations. Il dit avoir des preuves du copinage de tous ces diplomates avec le pouvoir congolais, des preuves qu’il promet de brandir le moment venu, si on s’évertue à continuer de se moquer du peuple congolais. Joseph Kabila non plus n’est pas épargné. Mubake s’estime en droit de le sommer, de répondre, avant de solliciter le suffrage des congolais, aux questions qu’il pense les électeurs en train de se poser : qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Où êtes-vous né ? Quel est votre passé. Et de menacer : nous laissons à Kabila le soin de répondre lui-même à ces questions. S’il ne le fait pas, nous tiendrons bientôt une conférence de presse au cours de laquelle nous allons tout dévoiler.
Cet ingénieur qui passerait bien volontiers toute sa vie à parler sans lire le moindre papier déclare tout l’espace présidentiel congolais inéligible, car dit-il, ces gens ont pris des passeports des pays qui les avaient hébergés et ils se sont présentés aux négociations d’Afrique du Sud avec ces passeports-là. Donc, s’ils étaient de congolais, ils ont dû en prenant le passeport d’un autre pays, renoncer à la nationalité congolaise, celle-ci étant une et exclusive, ne pouvant être détenu concurremment avec une autre.
Une chose est sûre. Si l’UDPS ne participe pas aux prochaines élections, elle aura mailles à partir avec ses nombreux membres qui n’ont pas approuvé le boycott de l’opération d’enrôlement. Et si elle devrait couler, elle ne coulera pas seule. Ceux qu’elle tient pour responsables de sa situation actuelle n’ont qu’à bien se tenir. La fille aînée de l’opposition sait quel plat servir au congolais pour rebondir. Et le congolais se lèche déjà les babines. Demain, c’est le grand déballage … global et inclusif.
